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Si Andy Warhol était mobilisé comme designer horloger, il aurait adoré cette Hublot Pop Art aux couleurs de sa Marilyn
©Gregory Pons

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L’arme secrète anti-Dracula, le fer de lance d’une Lune millénaire et les libellules d’une nouvelle poésie naturaliste : c’est l’actualité des montres

Et aussi les icônes chronographiques restylées selon le Pop Art, les gros muscles de l’avant-garde contemporaine et les extases d’un joueur de poker quand il souffle sur sa pin-up…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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HUBLOT : Un style Pop Art revu et corrigé par Andy Warhol…

C’est quand elles ne se prennent pas au sérieux que les marques prouvent le sérieux de leur offre. Les Big Bang Pop Art reprennent l’esprit des chronographes dont Hublot a su faire des icônes de la création horlogère contemporaine, mais en les réinterprétant dans une taille plus modeste (41 mm) assortie de couleurs qui rappellent les tableaux d’Andy Warhol. Le style Pop Art, ce sont des pierres précieuses (topazes bleues, améthystes violettes, saphirs roses, tsavorites vertes) qui répondent aux couleurs du bracelet et aux touches chromatiques d’un cadran retouché dans le goût pop (même le logo de la marque a été refait). Un seul regret avec ces Big Bang Pop Art : leur esprit pétillant de charme avait tout pour séduire les Françaises, qui auraient eu bien besoin de leur gaieté tonique, mais leur prix les réservera aux conquêtes féminines des nouvelles fortunes émergentes…

ARTYA : Le luxe horloger se lance dans la chasse aux vampires …

Yvan Arpa, le créateur de la marque Artya (bricolage acronymique de « Art Yvan Arpa »), est le bad boy de l’horlogerie genevoise. On ne compte plus ses pieds de nez aux convenances du métier et il lui arrive même de recycler son propre sang pour évoquer les vampires, qu’il combat avec les balles en argent qui décorent ses montres. Exemple avec cette « Blood & Bullets », qui terrorisera les malfaisants nocturnes venus de Transylvanie – qui sont, c’est bien connu, une des plaies de la Suisse. Le plus drôle : ses meilleurs clients viennent de l’Est européen, mais ils sont fortunés, parce que la montre est sertie, munitions comprises. Eux, ils doivent savoir à quel point cette protection est efficace ! La marque ne fournit pas les gousses d’ail, toujours utiles par les nuits de pleine lune qui excitent les vampires. On remarquera, dans la tache de (vrai) sang, la micro-sculpture d’un homme qui brandit une croix, autre argument frappant contre les loups-garous…

DE BETHUNE : Un millénaire à faire tourner la Lune sans perdre un seul jour…

On vient de découvrir à Genève cette « Dream Watch 5 » de la manufacture De Bethune, mais la commotion va vite s’étendre à toute la planète des amateurs de montres. La forme est totalement anticonformiste : une sorte de rhomboïde en titane poli miroir (ce qui est déjà un exploit), à la fois vaisseau spatial et précieux fer de lance, qui porte en son centre une sphère qui reproduit les évolutions de la Lune tout au long du mois (elle sera précise, à un jour près, pendant 1 112 ans), avec des heures « sautantes » qui scandent le temps qui passe en chiffres et des minutes « défilantes » qui tournent sans fin sur leur disque. Un énorme rubis coiffe la couronne de remontage de la montre. Cette montre « conceptuelle » – réservée aux amateurs de grande culture, pourvu qu’ils soient financièrement privilégié – est aussi un chef-d’œuvre de micro-mécanique avancée, qui fait sa part à des matériaux avancées comme le silicium. Il faut passer cette « Dream Watch 5 » au poignet pour en apprécier la légèreté, mais aussi l’élégante de lignes fluides aux courbes savamment arquées…

FRANCK MULLER : Un style d’avant-garde qui ose montrer ses muscles…

Mais non, l’horlogerie sait encore réinventer des beaux boîtiers qui ne sacrifient à la rétro-nostalgie d’un néo-classique qui n’est que trop souvent la marque d’un refus pusillanime de prendre des risques créatifs. La maison Franck Muller ose ainsi une nouvelle collection Vanguard qui affiche sans timidité ses muscles et son style contemporain, en affirmant ses convictions dans une horlogerie à la fois démonstrative et non-conformiste. 44 mm x 54 mm pour le boîtier en titane subtilement galbé (admirez au passage le fuselage du relief autour de la couronne de remontage) : c’est sportif et portable, mais on je joue pas ici dans la discrétion, surtout avec les versions en or rose. Travaillé comme une boussole, le rehaut du cadran nous indique qu’il s’agit d’un « jouet de garçon » pour les nouvelle élites mondialisées de cette planète…

CHRISTOPHE CLARET : 100 000 combinaisons de cartes pour jouer au poker…

On joue au poker avec 52 cartes, en trois levées, et avec plusieurs joueurs, ce qui représente un casse-tête mécanique encore jamais tenté par une marque de montres. Génie des rouages, Christophe Claret – un des plus brillants créatifs de la nouvelle génération horlogère – a trouvé une solution astucieuse, grâce à des disques concentriques dont le dernier est en saphir transparent. Résultat : non seulement on peut jouer à trois avec cette montre (100 000 combinaisons possibles), mais on peut également la faire sonner à chaque tour de table. Le tout dans un boîtier qui ne fait que 45 mm de diamètre (655 composants, tout de même)  et qui se joue selon les règles du Texas Hold’em. En prime, au dos de cette Poker, une roulette fonctionnelle pour tenter la chance et espérer voir sortir son Lucky Number (« chiffre porte-bonheur »). Christophe Claret a résisté à la tentation de créer une touche secrète qui aurait permis au propriétaire de tricher discrètement en favorisant certaines cartes, mais il nous a gratifié d’un bonus amusant : en soufflant sur le verre de la montre, la buée de l’haleine fait apparaître une pin-up ! On va adorer cette montre qui porte chance (mais qui est facturée en six chiffres) dans tous les casinos asiatiques…

CHAUMET : « Attrape-moi si tu m’aimes »…

Une des plus jolies collections de cette rentrée était présentée par Chaumet, joaillier de la place Vendôme, qui reste trop timide sur un marché de la montre où la marque ne manque pourtant pas de lettres de noblesse. Cette année, l’artisanat d’art est à l’honneur dans les montres : la série 2014 des « Attrape-moi si tu m’aimes » illustre parfaitement cette tendance à marier les savoir-faire de l’art horloger, dans un élan créatif et naturaliste qui conjugue sur les cadrans la gravure sur or, la nacre semée de lapis-lazuli, d’agate jaune ou de cornaline orangée (les libellules), des étoiles de diamants et une touche de platine sous la nacre où se reflètent les herbes de l’étang stylisées en peinture miniature. On doit en oublier, mais la collection compte une douzaine de petits tableaux qui racontent tous une histoire de paradis terrestre animalier, d’oiseaux féeriques et de haute voltige joaillière. C’est évidemment coûteux, mais pas aussi inaccessible que bien des prétentieuses propositions mécaniques de ce début 2014 : Chaumet a de toute façon une pensée pour ses clientes françaises, avec une montre Liens on ne peut plus accessible pour une maison de la place Vendôme (nous vous en reparlerons)…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : http://www.businessmontres.com

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