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L’après Gaudin : quel mini-Macron pour Marseille ?

La deuxième ville de France, empêtrée dans l'immobilisme et le clientélisme, est à prendre. Y a-t-il un disrupteur ambitieux et dynamique dans la salle ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Jean-Claude Gaudin, qui sucrait déjà plus ou moins les fraises à la fin de son troisième mandat, n’est plus si certain de terminer son quatrième tour de manège à la tête de la mairie de Marseille.

 

Épuisé par des siècles de responsabilités politiques (en cumul multi-fonctions s’entend : il n’a jamais que 77 ans même s’il en paraît facilement dix de plus et je ne dis pas ça pour lui manquer de respect, c’est juste un constat), il a déjà abandonné ses fauteuils de sénateur et de président de la Métropole et vient de sélectionner un successeur parmi ses grognards.

 

En toute probabilité, puisque c’est la façon dont les choses se passent dans les parages, c’est donc Bruno Gilles, actuel patron des 4e et 5e arrondissements de la ville, qui devrait emménager dans le grand bureau surplombant le Vieux-Port au plus tard en 2020 pour y somnoler jusqu’en 2044, échéance à laquelle il désignera lui-même son propre dauphin d’une petite voix chevrotante.

 

Marseille poursuivra alors son lent mais sûr déclin, contre-exemple caricatural de la manière dont les autres grandes capitales régionales françaises ont su reprendre leur destin en main pour se réinventer spectaculairement depuis une quinzaine d’années.

 

Et cette cité antique pourtant singulièrement bénie des dieux continuera d’être un gros Hénin-Beaumont-sur-Mer asphyxié par le clientélisme, l’incompétence gestionnaire et l’absence d’ambition.

 

Elle pourra, à la grande rigueur, le vieux bourgmestre étant toujours susceptible de savonner la planche de son fils spirituel au dernier moment, ça s’est vu, retomber entre les mains du PS local, dont le modèle de gouvernance est à peu près aussi attractif que celui du team Gaudin, voire être chipée par le consul honoraire du Venezuela en France, mais l'on voit mal en quoi ces alternatives l’aideront à se porter mieux.

 

On se surprend pourtant à fantasmer sur l’émergence inopinée d’une sorte de mini-Macron local, un type ou une nana dynamique et ambitieux dont personne n’aurait encore entendu parler, dont les méthodes et la vision seraient tellement éloignées du fameux « système G » qu’elles feraient ricaner les marseillologues de service (« C’est Marseille, ça ne marchera jamais ! ») avant de les laisser littéralement sur le cul.

 

Un type ou une nana qui se dirait qu’une ville qui cumule autant d’atouts (climat, site, infrastructures de transport, localisation stratégique, réserves foncières, main d’œuvre, potentiel de recherche, etc.), au lieu d’aller chercher l’inspiration dans les patelins sinistrés du Nord, pourrait la trouver à San Francisco ou à Sydney (mais oui !).

 

Mais bon, l’échéance, c’est dans trois ans à peine. Le disrupteur, s’il existe quelque part, ferait bien de commencer à se faire connaître. La tortue qui l'emporte sur le lièvre, ce n'est pas juste dans les fables...

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