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Nonisme de compétition

JO : le discours hostile à Paris 2024 fait beaucoup de bruit mais c’est beaucoup de bruit pour rien

Les Français sont très majoritairement favorables à l’organisation des Jeux Olympiques à Paris, et assez peu sensibles aux arguments des bonnets de nuit qui nous promettent une catastrophe à la brésilienne. C’est réconfortant.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Déprimé par le discours anti-JO qui s’impose dans les médias depuis quelques semaines, et que j’avais tendance à prendre pour un sentiment général, je viens de tomber sur un sondage démontrant précisément le contraire : les Français seraient en fait 67 % à souhaiter que les Jeux se tiennent à Paris en 2024, pour une pointe à 71 % chez les 18-34 ans.

 

Ça me rend le sourire parce que je suis moi-même un grand fan de l’événement, et que trois échecs successifs finissaient par transformer la candidature française en vaine quête du Graal. Mais pour le coup, il semble bien que ce soit dans la poche, même si un ultime décalage de quatre ans pourrait encore nous être imposé. Ça ne serait pas bien grave.

 

Comme tout le reste en notre beau pays, l’hostilité à la grande fête du sport est toujours largement parfumée à la politique et également répartie sur l'échiquier. Il y a une hostilité de gauche : les JO ne seraient qu’une mascarade commerciale remise au goût du jour par un fasciste, où des brutes nationalistes bourrées d’anabolisants gaspilleraient l’argent qui pourrait être consacré à la construction d’hôpitaux. Et il y a une hostilité de droite, un poil moins sophistiquée et moins structurée dans ses arguments il est vrai : ça coûte cher en impôts et ça fait du bruit (incidemment, le sondage pré-cité indique que les plus de 65 ans sont 40 % à souhaiter que les anneaux multicolores aillent se faire empiler ailleurs).

 

Mais les deux « nonismes » se rejoignent pour faire circuler les terribles images de piscines abandonnées à Rio sur Facebook, voire la liste des villes ayant mis des décennies à éponger la facture, accusant volontiers de manipulation celles qui s’en seraient tirées avec un bénéfice.

 

Pour autant, l’organisation des JO, au-delà de l’intérêt propre des épreuves sportives, est avant tout une déclaration d’optimisme et d’ouverture qu’un pays adresse au reste du monde. Un message de dynamisme et de confiance dans l’avenir en même temps que l’opportunité de se montrer sous son meilleur jour et de se reconstruire une image. Ça coûte un peu de pognon, c’est certain, et généralement plus que prévu, mais, en l’espèce, Paris est une ville déjà suréquipée qui n’aurait que très peu d’infrastructures nouvelles à créer, pour la plupart à financement privé, dont la construction était programmée de toute manière, et dont l’utilisation ultérieure est déjà assurée.

 

On peut préférer, à droite ou à gauche, une petite France étriquée qui ne prendrait jamais d’initiatives un peu flamboyantes, ne relèverait jamais aucun défi, ne rêverait de rien, à une France ambitieuse et décomplexée capable de prendre des risques ou « d’imposer sa chance ». C’est parfaitement légitime après tout. 67 % des Français (dont on ne sait pas comment ils votent par ailleurs) sont apparemment d’un avis contraire. C’est notre première médaille d’or.

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