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Crédits Photo: Reuters
La moitié des Français considère que la mise en circulation de la monnaie unique a plutôt été une mauvaise chose pour la France.

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Les Français sont mécontents de l'euro... mais ne souhaitent pas revenir au franc

L’Euro a célébré ses 10 ans en 2012. Peu populaire auprès des Français, la monnaie unique symbolise la morosité et les doutes des citoyens touchés par la crise économique.

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier est député de Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains. Il a été professeur d'histoire-géographie, chef d'entreprise et porte-parole de Nicolas Sarkozy.

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LL’Euro a (déjà) 10 ans cette année, pourtant les Français ne fêteront sûrement pas cet anniversaire, considérant pour la moitié d’entre eux que la mise en circulation de la monnaie unique a plutôt été une mauvaise chose pour la France. Un constat amer donc, que met en lumière l’Ifop pour le Journal du Dimanche, après enquête auprès d’un échantillon de 901 personnes représentatif de la population française. Qui révèle le paradoxe suivant : les Français sont mécontents de l’Euro, mais pas question pour eux d’en changer !

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L’euro mal aimé…

Une décennie après sa mise en circulation, 54% des Français considèrent que la monnaie européenne s’apparente à une mauvaise chose pour eux personnellement. Voilà un constat largement partagé par les catégories populaires (70%) et les classes moyennes (57%), tandis que d’autres, comme les retraités, considèrent tout juste que la monnaie européenne fut une bonne chose, à 39%, contre 38% une mauvaise chose.

Un résultat qui semble faire écho à la morosité de la situation économique européenne, d’autant que, comme l’illustre le graphique ci-dessus, une majorité de Français considère que leur monnaie a été plutôt un handicap (52%) dans les trois dernières années de crise économique et financière contre 26% qui la jugent comme un atout. Ce chiffre doit essentiellement nous interpeler par son évolution depuis le mois d’août 2010. En effet, en 16 mois cette proportion a augmenté de 18 points. Un sentiment de défiance vis à vis de la monnaie unique en période de crise qui est surtout perçue par les Français de 35 à 49 ans, une tranche d’âge si perplexe quant aux apports de l’Euro dans leur vie quotidienne.

 

Mais le retour au Franc non souhaité 

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Un rapport à l’Euro qui demeure assez froid, certes, mais qui ne présage en rien de l’ambition des Français de retrouver leur monnaie nationale. En effet, 64% de la population interrogée déclare ne pas vouloir abandonner l’Euro et revenir au Franc.

Cependant, 43% des personnes interrogées déclarent continuer à raisonner en Francs lorsqu’elles effectuent leurs courses. Ils étaient 73% à le penser en décembre 2003, soit une chute de 30 points. Et cette proportion de Français qui continue de convertir leurs euros ne se trouve pas en majorité chez les 65 ans et plus (40%), mais chez les 35-49 ans (52%) et les 50-64 ans (51%).

Un calcul en Franc persistant qui explique en partie que la plupart des consommateurs français souhaite un retour du double affichage des prix en Franc et en Euro soit 54%. A noter que l’évolution, assez logique, de ce chiffre est éloquente : moins 20 points depuis 2004. Une fois encore, il apparaît que les Français les plus attentifs au double affichage ne sont pas les séniors, qui ont pourtant connu davantage le Franc que l’Euro, mais ce sont les 35-49 ans (65%) ou les 50-64 ans (59%), et plus étonnant encore, les 18-24 ans sont 51% à souhaiter le double affichage des prix… Et c’est vraisemblablement la colère des consommateurs touchés par la hausse des prix qui explique cette réticence. En décembre 2011, 81% des Français interrogés estiment que le changement de monnaie s’est traduit par une forte hausse des prix, contre 16% à estimer le contraire. Un sentiment partagé par toutes les classes d’âge et catégories socioprofessionnelles.

En somme, l’Euro fête ses 10 ans dans la défiance, mais malgré tout, les Français restent majoritairement attachés à leur monnaie européenne. A noter tout de même que les 35-49 ans se distinguent comme tout au long de cette étude, et se prononcent comme les moins défavorables à un retour du Franc dans les porte-monnaie (45%), tandis que dans cette enquête, les séniors se dévoilent incontestablement comme les plus fervents défenseurs de la monnaie européenne. Contre bien des clichés...

 

Guillaume Peltier pour la Lettre de l'opinion et Jérôme Fourquet pour l'IFOP

                

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