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Des scientifiques annoncent que l’augmentation massive des chutes de neige sur une partie de l’Antarctique pourrait contrebalancer l’effet du dérèglement climatique sur la montée des océans

Une étude de la NASA montre une augmentation des chutes de neige sur une partie de l'Antarctique. Elle est révélatrice des difficultés à définir des modèles météorologiques.

Jean-Paul Maréchal

Jean-Paul Maréchal

Jean-Paul Maréchal est Maître de conférences en Science économique à lUniversité Paris Sud. Il est l'auteur de l'ouvrage Chine/USA. Le climat en jeu, Paris, Choiseul, 2011, 116 p.

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Atlantico : Une étude publiée le 26 décembre dans le Geophysical Research Letters montre une augmentation des chutes de neige sur une partie de l'Antarctique. Avec quelle prudence devons-nous aborder cette étude de la NASA qui estime que ces chutes de neige pourraient "limiter les dégâts" concernant la hausse du niveau des océans?

Jean-Paul Maréchal : Ce genre d'études doit toujours être pris avec prudence dans la mesure où elle ne porte que sur une région. Ce n'est pas une étude globale sur l'Antarctique. Je pense qu'il faut la prendre pour un élément intéressant dans le débat car de toute façon la science du climat est loin d'être arrivée à son apogée. Ce sont de nouveaux éléments à verser au dossier de la connaissance climatologique. A partir de là, il ne faut pas forcément en tirer des conséquences, en extrapoler des constats plus globaux, pour orienter les politiques publiques à mettre en œuvre. D'autant plus que les auteurs eux même ne tirent pas de conclusions et restent très prudents.

Il ne sert en outre à mon sens à rien de remettre les conclusions de ce rapport en question sous prétexte que la NASA y a participé et que les Etats-Unis sont dirigés aujourd'hui par un climatosceptique. La NASA a conduit de nombreuses études sur le climat et leur légitimité n'est pas à mettre en cause.

N'est-ce pas en contradiction d'une certaine manière avec les rapports successifs du GIEC qui s'alarme régulièrement de la gravité du réchauffement climatique et de la hausse du niveau des océans qui ne cesse d'être réévalué ?

Je ne pense pas. Les rapports du GIEC font le point sur ce que dit la communauté scientifique. Il n'y a pas de contradiction avec la théorie d'une accélération du réchauffement climatique et d'une hausse du niveau de la mer. Les auteurs le disent eux-mêmes. Cela ne serait contradictoire uniquement si l'on généralisait les conclusions de manière malveillante par rapport aux travaux du GIEC. Au contraire, les auteurs disent juste que la hausse des chutes de neige sur des zones définies en Antarctique pourrait non pas arrêter la hausse du niveau des océans mais la ralentir. Tout en se préservant de l'affirmer car, ils le disent eux-mêmes, ce phénomène devrait se vérifier partout ailleurs et que dépendra aussi de l'évolution d'une multitude de facteurs.

Intellectuellement, cette piste est intéressante et mérite d'être étudiée mais cela ne vient pas contredire la thèse du réchauffement climatique ni celle de la hausse du niveau de la mer.

Au final, cette étude n'est-elle pas révélatrice d'une extrême difficulté d'évaluation des conséquences du réchauffement climatique ?

C'est révélateur du fait que la modélisation du climat, de la météorologie, est une science extrêmement complexe. Sauf si vous avez affaire à des idéologues, personne ne peut affirmer que modéliser le climat est une chose simple. Il existe des millions de variables et d'interactions. Le climat en se modifiant modifie ses conditions même de fonctionnement. Cette étude menée en partie par la NASA est un beau cas pour réfléchir à la complexité de la modélisation du climat et sur le fait qu'il ne faut pas tirer de conséquences simplistes ou de conclusions ni dans un sens ou dans l'autre.

 

 

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