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Comment les électeurs de droite ont progressivement cédé aux sirènes de la République En Marche au fil des 4 tours électoraux de 2017
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Comment les électeurs de droite ont progressivement cédé aux sirènes de la République En Marche au fil des 4 tours électoraux de 2017

D'un électorat très positionné à gauche, Emmanuel Macron a finalement réussi à attirer les électeurs de droite.

Paul Cébille

Paul Cébille

Paul Cébille est Analyste Opinion Senior et Chargé d'étude à l'IFOP. 

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Atlantico : Si l'on se penche sur les scores d'EM! puis de LREM sur les quatre tours en prenant en compte les différences qui peuvent exister entre les deux scrutins, notamment la participation, comment a évolué le rapport de force entre électeurs de droite et de gauche dans la structure du vote pour le parti du Président ?

Paul Cébille : Pour la présidentielle, si l'on se penche sur la composition de l'électorat d'Emmanuel Macron au premier tour, on se rend compte qu'il s'agit d'un électorat très positionné à gauche, avec 70% de votant qui étaient des sympathisants d'un parti de gauche contre 11% de sympathisants d'un parti de droite. Au second tour, on voit que la part des électeurs de gauche diminue à 54%, et que celle de ceux de la droite passent à 25%, du fait du choix binaire. 

Pour ce qui est de l'élection législative, c'est plus balancé : 37% des électeurs d'un candidat En Marche ! avaient voté en 2012 pour un candidat de la gauche, et 22% avaient voté pour un candidat de la droite à la même époque. On peut y voir le fait qu'Emmanuel Macron est perçu par les Français comme de droite et de gauche, comme nous l'avons montré dans notre enquête Fondapol : 42% des Français le voit comme une personnalité de gauche et de droite, 12% comme une personnalité de gauche et 19% de droite. Et quand on se penche sur les électeurs d'En Marche !, ce sont 64% des électeurs qui se prononcent pour cette personnalité ambivalente "de gauche et de droite". 

Emmanuel Macron est donc perçu comme une personnalité centriste, ce qui lui a permis aux seconds tours de la présidentielle comme des législatives de ramener de nombreuses personnes de la droite.

Quelle est la sociologie des électeurs de droite qui ont basculé du côté d'En Marche ?

C'est difficile à dire. Ce sont des parcours très courts qui ont encore été peu analysés. C'est un électorat proche de celui de l'UDI, plutôt jeune, plutôt CSP+… mais cela reste encore à vérifier. C'est une frange de l'électorat de droite libérale qui correspond aux parcours des députés d'En Marche ! Parmi eux, 15 sont passés par l'UDI, 8 par les Républicains et 11 Divers Droite. C'est un électorat un peu plus jeune que l'électorat général des Républicains. 

En quoi l'intégration d'un Premier ministre et de ministres LR a-t-elle pu participer à ce mouvement ? Dans quelles proportions entre le second tour de la présidentielle et le premier tour des législatives ?

Cela a eu un impact sur le classement entre gauche et droite. 53% classent le gouvernement à la fois à gauche et à droite. Cela a probablement eu un effet en termes de pourcentage. Edouard Philippe est clairement identifié à droite, pour 58% des répondants. En termes électoraux, on observe qu'entre les deux premiers tours, il y a vraiment une évolution à droite, même si l'électorat est encore plus de droite. Pour rappel, la droite est passée de 11% à 22%. Les électeurs ont certainement trouvé des passerelles plus importantes en trouvant des ministres républicains dans le gouvernement. 

 

a frange droite d'En Marche est plus limitée que celle de gauche dont est issue le Président, mais cela a clairement été sa force quand on voit sa position actuelle. 64% des électeurs LR annonçaient voter pour un candidat LREM en cas de duel LREMPS, contre seulement 6% pour le PS. Il a réussi à capter une part de l'électorat LREM, ce qui lui garantit aujourd'hui sa large majorité. 

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