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Canicule : pour une vraie solidarité avec les femmes en voile intégral

Les femmes pieuses supportent-elles mieux les températures élevées que leurs homologues masculins ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Figurez-vous que j'ai vu mes premiers « burkinis » hier au Frioul. Oh, j'en avais déjà vu en photo ou même à la télé, mais c'est autre chose d'observer, en vrai et depuis ma serviette éponge, des adultes à deux doigts de se noyer dans 60 centimètres d'eau parce qu'elles se prennent les pieds et les bras dans les plis de maillots de bain géants qui ne ressemblent pas du tout aux blouses presque sexys des catalogues.

 

Heureusement qu'elles ne vont pas loin et se contentent de sautiller sur place et de s'éclabousser en riant comme des gamines de quatre ans sous le regard bienveillant de leurs maris, pères et grands frères restés sur la plage près du parasol et de la glacière.

 

Personnellement, je trouve ça grotesque et infantilisant pour ces nanas quand, à moins de deux kilomètres de là, nos championnes de natation, toutes religions confondues, se préparent pour Rio sans se demander si leurs chances de médailles sont autant de risques de finir en enfer. Mais bon, c'est « leur choix » comme on dit. Et qui suis-je pour leur dire qu'elles ont surtout l'air de cruches qui vont à l'eau, pour paraphraser La Fontaine...

 

Là où je pense être un chouia plus légitime dans mon persiflage de mécréant, pour autant, c'est lorsque je croise ces couples théologiquement corrects qui déambulent le long de la plage par 40° à l'ombre : madame dirige généralement une poussette d'une main, tient un gamin de l'autre, et progresse péniblement sous un voile intégral sombre pendant que monsieur, torse nu et en claquettes, lui ouvre la marche les mains dans les poches de son bermuda.

 

Si le type se promène à moitié à poil, me dis-je en mon for intérieur, c'est qu'il a remarqué qu'il faisait chaud, non ? Et s'il a remarqué qu'il faisait chaud, il a dû en déduire qu'il faisait tout aussi chaud pour sa moitié, dans sa toile de tente et en chaussures fermées, non ? A nouveau, loin de moi l'idée de remettre en question les raisons des habitudes vestimentaires de madame ; après tout, il est toujours possible qu'elle soit dans le vrai et moi dans le faux, que son paris pascalien rapporte ultimement davantage que mon gamble voltairien.

 

Mais je suggère juste qu'il serait raisonnable d'attendre d'un vrai gentleman qu'il ne sorte qu'en pantalons longs et en gros pull de laine quel que soit le niveau de la canicule et qu'il s'inflige les mêmes souffrances climatiques que sa pudique et transpirante moitié. Il pourrait aussi pousser la poussette et s'occuper des gamins à l'occasion mais c'est une autre histoire. Une chose à la fois.

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