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Manifestations à Hong Kong.
Manifestations à Hong Kong.
©Reuters

Revue de blogs

Blogs et réseaux sociaux : Hong Kong manifeste, la Chine censure

Hongkong connaît les plus importants troubles civils depuis son passage sous tutelle chinoise en 1997. Cette mobilisation dénonce la décision de Pékin, fin août, de limiter le choix du futur chef de l'exécutif local.

Claire Ulrich

Claire Ulrich

Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et partagent la chose humaine pour s'apercevoir qu'ils ne sont pas si différents et qu'il y a donc un moyen de s'entendre.

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Le mouvement a son hashtag, OccupyCentral, signifiant le centre-ville et civic square, où une manifestation pro-démocratie d'étudiants a été brutalement réprimée samedi et a provoqué depuis une mobilisation générale des Hongkongais. Il a déjà son logo : un simple parapluie, celui qui sert aux manifestants à se protéger des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Le mouvement des parapluies est d'une ampleur sans précédent à Hong Kong, comme le montre une capture aérienne par drone, mais le chef Leung Chun-ying de l'exécutif de Hong Kong, ce mardi matin, refuse de céder aux revendications, comme on pouvait s'en douter.

 

Pékin demande aux pays étrangers "de ne pas s'immiscer". Pendant ce temps, les réseaux sociaux de Hong Kong, comme les très populaires Instagram et Twitter, débordent. C'est un moment clé. 

 

Photo du compte Facebook du mouvement "Occupy Central"

Sur le compte Facebook du mouvementdes livestreams permettent de voir en temps réel du monde entier différents lieux clefs des manifs. Après trois jours de manifestations, les Hongkongais sont fiers d'être la seule manifestation sans voitures brulées, vitrines brisées et d'aller jusqu'à trier les bouteilles en plastique après avoir défilé. Shanghaiist, le grand blog historique des news de Chine en anglais, publie sur son compte Facebook depuis la Chine et avec une certaine fascination les photos et propos des manifestants, soudain rendus euphoriques par l'explosion de la tension. "Qu'ils viennent avec leurs chars. je serai en première ligne !", jure une dame âgée.

Les Hongkongais aiment Instagram. Une carte peuplée des innombrables photos envoyées depuis les manifestations sur ce réseau constitue un minute-par-minute des événement. La Chine, sans surprise, a donc bloqué Instagram et toute mention des manifestations sur les réseaux sociaux en Chine. Le Global Post publie les "21 photos des manifestations que la Chine ne veut pas que vous voyiez".

Vox ne croit pas que la Chine puisse, sous les yeux du monde entier, lancer les répressions qu'elle se permet en Chine continentale et au Tibet  et remarque "qu'elle pourrait payer aujourd'hui le fait d'avoir expulsé ou refusé des visas à de nombreux journalistes et correspondants étrangers ces derniers temps. Ils se trouvent actuellement tous à Hong Kong, justement, et sont fins connaisseurs du PC chinois".

La crise est politique. Les Hongkongais demandent à la Chine de respecter son engagement d'élections libres et démocratiques en 2017, mais les réseaux sociaux, à Hong Kong, depuis des années, révélent à intervalles réguliers la tension croissante provoquée par des causes plus banales, quotidiennes, dans une ville envahie par les Chinois du continent. Une vidéo d'une altercation dans le métro entre passagers hongkongais et une visiteuse chinoise, qui laisse son enfant manger dans le wagon (chose interdite à Hong Kong) est éloquente et avait été vue plusieurs millions de fois en 2012.

Les tensions qui s'accumulent depuis des années face à l'invasion sont multiples : la concurrence pour l'entrée dans les universités et la course à l'emploi, le tourisme des maternités, la hausse des prix, le pillage par les Chinois des produits alimentaires. Une page Facebook spéciale a été créée par des Hongkongais pour protester contre le tourisme des maternités des Chinoises qui viennent accoucher à Hong Kong pour que leur bébé obtienne un titre de séjour à Hong Kong. Un citoyen hongkongais, en 2012 toujours, avait créé un forum en ligne, Baby Kingdom, pour les parents furieux de voir des milliers de Chinois du continent dévaliser leurs rayons, et surtout le rayon des laits et aliments pour bébés, à chaque crise alimentaire chinoise. Expat Arrival, site pour les expatriés, a constaté la hausse vertigineuse des loyers entrainée par l'invasion des Chinois de Chine. Les locaux ont d'énormes difficultés à se loger. Le Spectator a analysé par les chiffres les inégalités créées par cette cohabitation difficile à Hong Kong. 

Photo @poyea via Global Post

Au printemps dernier, un petit film de science-fiction hongkongais a été censuré en Chine (mais vu 700 000 fois sur YouTube ailleurs). Il s'appelle : "Dans 33 ans, Hong Kong sera détruite". Le film envisageait une chute d'astéroide sur Hong Kong. Il n'avait pas envisagé une "révolution des parapluies".

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