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"Ni droite, ni gauche (...) mi homme mi femme" : Macron vu par Sarkozy ; Montebourg : dans les secrets de son retour ; Trump ou le show à l'américaine (mais pas celui dont s'inspirent les candidats français)
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Revue de presse des hebdos

"Ni droite, ni gauche (...) mi homme mi femme" : Macron vu par Sarkozy ; Montebourg : dans les secrets de son retour ; Trump ou le show à l'américaine (mais pas celui dont s'inspirent les candidats français)

Au sommaire cette semaine : Trump et la démocratie du buzz, Macron agace Hollande...et Sarkozy, le come-back programmé de Montebourg, et Cannes, où l'on parle (un peu) politique sous les palmiers et les paillettes.

Sandra Freeman

Sandra Freeman

Sandra Freeman est journaliste et productrice.

 

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Donald Trump : jusqu'à où ira « le showman qui peut mettre en danger Hillary Clinton » ?

Une série de photos de face. Une même face dérangeante, car ici grimaçante. Toujours provocante. « Comment est-il possible que ce personnage grossier et grotesque soit parvenu à décrocher l'investiture du Parti Républicain ? » La figure de Donald Trump n’en finit pas de nous surprendre, même si elle ne se renouvelle que peu. « L’Express » plonge une fois encore cette semaine dans le phénomène du « showman qui peut mettre en danger Hillary Clinton ». Et grâce à son œil affûté, l’experte Célia Belin livre son point de vue. Son « ceci explique cela » : « Donald Trump a incroyablement bien joué la main qui lui a été servie » ; « Le parti Républicain traverse une crise existentielle « ; «  Trump incarne la révolte des petites gens ». Elle écrit aussi, qu’il « est le symptôme d'une maladie grave du parti Républicain, potentiellement dans son stade terminal ».

Mais l’analyse de Trump tient-elle au seul « trumpisme » ou peut-on la trouver dans une certaine « trumpisation » de notre société toute entière ?

Plus qu’un symptôme : « La trumpisation ou la démocratie du buzz »

« Le succès de Donald Trump aux États-Unis atteste d'une inversion des rôles politiques : les extrêmes occupent une place centrale » analyse de son côté le sociologue français Gerald Bronner dans « Le Point ». Il ajoute que cette « révolution n'a pas échappé à Nicolas Sarkozy ». Pour preuve, il a déclaré : « Regardez ce que donne aux États-Unis les candidats soutenus par l'establishments et les médias, ils sont balayés par les candidats du peuple ». Au sociologue de tirer son fil : « La trahison des modestes par les élites est un thème rebattu de la radicalité politique et lorsqu'il est développé par un ancien président la République prétendant revenir aux affaires, on doit y voir un signe que la cartographie à laquelle nous étions habitués est en train de changer ».

Gerald Bronner dessine cette cartographie en plein séisme : « Se rapprocher de l'exercice du pouvoir est un étouffoir. Ceux qui l’occupent pratiquent alors la célèbre langue de bois qui consiste à occuper un temps médiatique maximal en prenant le moins de risques locutoires possibles. Dans ces conditions, l'intérêt du contenu tend vers le zéro. Le théâtre démocratique s’est donc longtemps organisé avec au centre de la scène, des acteurs tétanisés par les enjeux du moindre adverbe qu'ils pourraient utiliser, et de l'autre, côté cour et côté jardin, des souffleurs hystériques qui, selon les périodes peuvent être plus ou moins entendus. Mais il n'est plus impossible aujourd'hui - la campagne américaine en atteste - d'observer une inversion des pôles politiques, les marges tendant à acquérir un rôle de centralité ».

Jeanne d’Arc - 2017 : « Présidente de tous les puceaux » !

Si l’extrême est au centre, on pourrait comprendre qu’on puisse perdre un peu le Nord. Si les espaces se remodèlent, on pourrait aussi mieux saisir que chacun essaie de faire sa place. Et, tant qu’à faire, que la Gauche est à Droite !? Que les figures se partagent et se phagocytent de part et d’autre. Comme Jeanne d’Arc qui entend plusieurs voix. Alors, puisqu’on cherche notre nouveau chef de bataille, « Charlie hebdo » bien inspiré s’interroge pour 2017 : « Et si c’était elle ? » Elle, c’est la pucelle. La Jeanne d'Arc de Jean-Marie Le Pen, d’Emmanuel Macron, et de tant d’autres. Dessinée par Coco, elle déclare (vaillante et édentée) : « Je serai la Présidente de tous les puceaux ».

Emmanuel Macron – méthode 1 : utiliser les « méthodes américaines de mobilisation » 

Pourtant, on le sait « Les grandes figures de l'Histoire ne parlent pas, c'est nous qui les faisons parler ». C’est Emmanuel Macron qui l’a dit cette semaine en faisant cas de la fameuse Jeanne, alors qu’il faisait un pas en avant à Orléans. Car l’Homme avance. « La meilleure façon de marcher ? » interroge « L’Express ». Et bien, c’est justement de s’inspirer de « méthodes américaines ». Le magazine raconte que le fondateur de « En Marche » s’entoure de « trois stratèges électoraux », Guillaume Liégey, Arthur Muller et Vincent Pons. Ils sont « d’anciens étudiants aux Etats-Unis, convertis aux méthodes américaines de mobilisation ». Le papier en schématise la stratégie et son maillage :

- 500 000 portes auxquelles frapper d’ici juillet

- 6200 quartiers seront visités sur les 50 885 quartiers nationaux, soit environ 10 % du territoire français

- 300 coordinateurs seront formés d’ici la fin du mois de mai. Un coordinateur est responsable d'environ 20 personnes.

- 4000 volontaires bénévoles seront désignés coordinateurs

Un volontaire effectue trois sessions de deux heures de porte à porte. Il a besoin d'une journée de formation. Aujourd'hui celle-ci a lieu à Paris, demain, il y en aura en province.

« Lancement officiel de la grande marche à la mi-mai. »

Emmanuel Macron – méthode 2 : Savoir faire le show (à l’américaine ?)

« Tout neuf, tout propre, tout beau ! Un frétillant gardon dans un bassin de carpe. Le changement, ce serait lui ? En tout cas, on ne va pas le repousser. Il a tout pour plaire… Le bleu, le regard franc, l'oreille attentive. On lui donnerait le bon Dieu… Et ce sourire ! Ah, ce sourire ! Celui d'un vieux complice sur une bouille de premier communiant. Enjôleur, qui rime avec racoleur et qui vous est destiné à vous rien qu'à vous, comme une caresse ».

Selon vous qui a écrit ce texte ?

Une admiratrice de Macron ? Ou la femme de Monsieur ? Ou peut-être sa mère ? Que nenni. C’est Cyrille Eldin, le chroniqueur de Canal+ « qui connaît le ministre avec qui il partage un même goût pour les mots et une même envie de théâtre » contextualise « L’Express » et lui offre ses colonnes pour un texte si enflammé qu’on ne peut qu’en rire. Cyrille Eldin tente de rester lucide (et se rafraîchit un peu à la fin de son texte : « On voyait en ce Rastignac picard un Bonaparte avec le cerveau de Mitterrand. Un artiste. Un génie de l’art politique. Il nous reste à espérer que ses prochaines initiatives ne soient pas les tours d'un illusionniste ». Et au chroniqueur de conclure : « Quant à moi, pour ne pas contribuer à mettre en valeur un espoir dont je crains de désespérer un jour, pessimiste comme je suis, je préfère taire son nom… Et crier  son prénom, Emmanuel ! »… L’art de la mise en scène et du spectacle.

Emmanuel Macron par Nicolas Sarkozy : « pas de gauche, pas de droite »… « un peu homme, un peu femme ». Ce qui vous plaît chez Macron (…) c’est qu’il ne vous oblige pas à choisir. »

Dans « Le Point », l’image Macron ne fait pas transpirer la même hystérie absurde et drolatique dans la bouche de Nicolas Sarkozy. À propos de du ministre de l'Economie, il dit d’abord : « aucun intérêt. Je ne fréquente pas les banquiers ! », semblant visiblement «  content de sa répartie, drôle et mensongère », écrit Anna Cabana. Le lendemain, il sera plus loquace au sujet de Macron : « Voilà un homme qui était dans le bureau de Hollande quand il a décidé 50 milliards d'euros d'impôts nouveaux, qui applique ses décisions en tant que ministre et qui, quatre ans après l'élection de Hollande, vient de dire : « je ne suis pas de gauche, pas de droite » qu'est-ce que vous voulez que j'en pense ? Il est cynique ». Et Sarko, qui aurait pu s’arrêter là, poursuit au sujet du jeune ministre de l’Economie : « … Un peu homme, et un peu femme, c'est la mode du moment. Androgyne. Ce qui vous plaît chez Macron (…) c’est qu’il ne vous oblige pas à choisir. »

Macron « n'a pas encore décidé si son mouvement, "En Marche", présentera son candidat (…) à la « présidentielle ».

Ils se regardent. Ils sont en train d'échanger, mais ils se défient. La photo d’Emmanuel Macron et François Hollande en couverture de « L’Express » en dit long sur l’état de leur relation. Et pour que ce soit sans ambiguïté, le magazine accole ce titre : « La rupture ».

Les temps changent. Pour preuve, en page intérieure, cette autre photo : A gauche, François Hollande dans l'ombre, de profil - tel un Hitchcock. À droite, visage dans la lumière, Emmanuel Macron, regardant vers l'avenir, sourire aux lèvres et mâchoire carnassière. « Les crocodiles ne se cachent pas dans le Nil » écrit « L‘Express », qui nous raconte quelques petites histoires : « Ce 18 avril, François Hollande est en voyage officiel en Égypte quand on lui fait parvenir l'interview qu'Emmanuel Macron vient d'accorder au quotidien belge « le Soir » (…) Le chef de l'État découvre le contenu. Son regard se fige. Y transparaît l'appétit féroce d’un ambitieux. « Ma démarche consiste à refonder l'offre politique en France » annonce le ministre de l'Economie » ». Aussi, il y ajoute qu'il n'a pas encore décidé si son mouvement, « En Marche », présentera des candidats aux élections « municipales », « législatives » et « à la « présidentielle ». Le magazine rapporte : « À la présidentielle ? ! Le chef de l'état s'empresse d'appeler son ancien conseiller. Il exige le retrait des propos. Macron s’exécute (…) Depuis quelques semaines François Hollande s’en veut. « J'ai été trop bienveillant » lâche-t-il en privé. Voilà que son ex-protégé vante Jeanne d'Arc, dans une posture de candidat en 2017 ».

Hollande : « le Président doit se résigner : il a perdu Emmanuel Macron »

Ce qu’il faut y saisir, selon « L’Express » ? Que « son fils spirituel lui fait un enfant dans le dos » et que « le Président doit se résigner : il a perdu Emmanuel Macron ». Que « certains jours, le Président se demande s'il doit virer l'insolent. Et quel est le meilleur moment ».

Le magazine livre d’ailleurs sa petite analyse psychologique : « Pourquoi le président, qui vit, dort et respire en Homme Politique, n'a-t-il rien vu venir ? » D'abord ça tient à une conviction : pour lui « on existe, politiquement que si on est élu. La carrière précède le destin. Il a donc sous-estimé le néophyte Macron ». Et puis, il y aurait aussi « une blessure narcissique » à la source : « « Hollande traite Macron depuis le début comme il aurait aimé que François Mitterrand le traite », estime un historique. Il se voit en lui ». (…) A l'Élysée au début des années 80, le jeune Hollande est un conseiller technique anonyme… Mais il reste dans l'ombre. Mitterrand n’a d’yeux que pour Ségolène Royal, autre membre de son cabinet ».

Aujourd’hui Hollande perdrait donc un « fils », mais pas encore la partie. Car Macron n’ « a de chances pour 2017 que si Hollande n'est pas candidat. Il faut donc le dissuader de se représenter » écrit plus loin « L’Express ».

Le troisième Homme de la primaire de 2011, Montebourg : « Le secret d'un retour »… dans quelques jours.

Mais les deux hommes ne vont pas jouer seuls. Il faut aussi « compter avec Arnaud Montebourg », car, écrit » L’Obs », « l'ancien ministre de l'Economie prépare son come-back dans le plus grand secret. Son ambition : incarner la vraie gauche et gagner la présidentielle l'année prochaine. » Et on va l’intégrer dans la donne bien vite : « Lundi, jour de la Pentecôte et de sa désormais traditionnelle ascension du mont Beuvray, au cœur de son fief de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg fera "son entrée  dans l'atmosphère" selon l'expression de son nouveau lieutenant, le conseiller régional socialiste François Kalfon. Dans un discours d'une trentaine de minutes, il posera son diagnostic sur l'état du pays, esquissera  ses solutions et déroulera son agenda jusqu'à la présidentielle ».

Ce « retour » de Montebourg est à la fois très attendu et assez secret explique « L’Obs ». Car certains sont convaincus de son retour depuis le 30 mars, « lors de son allocution prononcée dans le cadre d'un colloque de « République Moderne », le club de réflexion de Jean-Pierre Chevènement. Mais, dans le même temps, « pour peaufiner la mise en scène de son « come-back » et ménager l'effet surprise, Montebourg a exigé de son entourage le plus grand secret ».

Au magazine d’ajouter que « beaucoup de questions » se posent sur son avenir, mais qu’une chose est certaine : « Montebourg a beau être proche de l'ancien président du MRC, « il ne veut pas être le Chevènement de Hollande. Celui qui sera accusé d'avoir empêché la gauche d'accéder au second tour de la présidentielle. À tous, il affirme que s'il s’engage, c'est pour l'emporter. Pour parvenir, il prend langue avec tout ce que la gauche de l'échiquier politique contient d'anti-hollandais. Ils sont pléthore ». Sa ligne à défendre : « elle sera sociale et écologique » avance la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Evidemment. Quant à ses alliés, « L’Obs » explique plus après : « Montebourg a souvent changé de compagnons de route au cours de ses pérégrinations politiques. En le quittant, ils arrivent tous à la même conclusion : l'ancien ministre est aussi talentueux qu’inorganisé, imprévisible et foutraque. Sa nouvelle équipe en a pleinement conscience. François Kalfon en est devenu le chef d'orchestre : « Arnaud est très fort, mais c'est une roche brute ! » ».

Sarkozy : celui qui « peut sauver Hollande » ?

« Le Point » mise plutôt sur Nicolas Sarkozy en Une. Sa photo est ambiguë. Regard à la fois souriant et malin, celui qu’on dit vaincu à la Primaire des Républicains serait, selon le magazine, "l’adversaire dont rêve l'Élysée". La question, un brin provoc’ est posée en couv’ : « Peut-il sauver Hollande ? ». En 2017, Nicolas Sarkozy serait « le candidat de droite le moins difficile à battre » ? "Oui, on peut dire ça", admet le ministre des Finances, Michel Sapin. "Nicolas Sarkozy veut être face à Hollande par envie de revanche, et Hollande face à Sarkozy parce que c'est plus simple".  Dans son papier, Charlotte Chaffanjon poursuit : C'est un euphémisme de dire que le chef de l'Etat rêve d'une victoire du président des Républicains à la primaire de la Droite, qui aura lieu en novembre ». Pour beaucoup d'évidences. Elle en propose déjà trois :

  1. - parce que Sarkozy divise son camp et qu'un clan divisé est fragile.
  2. - parce que Sarkozy cherche la confrontation, assume le clivage et part parfois tellement à droite que Hollande paraît à peu de frais bien ancré à gauche.
  3. - parce que la perspective d'un retour de Sarkozy à l'Élysée mobiliserait bien plus l'électorat de gauche dès le premier tour que la perspective Juppé ».
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Alain Juppé, « l'Homme politique préféré des Français » ou (l’anti Trump).

Alain Juppé, justement. Il est en couverture de  « Challenges ». Et que ce soit sa photo posée ou sa citation, montre bien qu’ici on est dans l’anti show, dans l’anti Trump : « Mon programme est équilibré et réaliste ». Le magazine éco propose d’analyser point par point ses mesures… Bref ! Ici, on ne fait plus de stratégie mais on parle du fond. Du programme de Juppé cru 2016. « Pour aller vite, il prévoit de prendre des ordonnances sur les sujets clés : fiscalité, droit du travail, retraite… « Cela permettra une entrée en vigueur des mesures en trois à six mois, quand il faut au minimum un an et demi pour un projet de loi » justifie-t-il ».

Dans l’entretien qu’il accorde à « Challenges », il explique dans le détail et concrètement ce qu’il veut faire :

Sur notre modèle social français hérité de 1945 : « Ce que je veux c'est consolider ce modèle en l'adaptant aux temps modernes et en mettant fin aux dérives mais en gardant sa philosophie, le principe de solidarité face aux grands défis de la vie (maladie, vieillesse) »

Sur la retraite : « je propose de décaler l'âge légal à 65 ans, ce qui, à terme générera 20 milliards d'économies. Sur l'indemnisation du chômage,… L'État instaurera un système dégressif à partir d'une certaine durée ».

Sur les dépenses publiques : « Nous voulons supprimer sur cinq ans 300 000 fonctionnaires » et donc « nous prévoyons 25 à 30 milliards d'économies ».

Et concrètement, sur sa capacité à réformer ? Il ne se démonte pas : « Si le gouvernement actuel n'arrive pas à réformer, c'est parce qu'il mène des projets qu'il n'avait pas annoncé. D'où ce sentiment de trahison. Moi je vais dire très précisément ce que je ferais. Je publierai même une dizaine d'ordonnances (…). Sur certains sujets comme la pénibilité, l'assurance hommage, je demanderai aux syndicats de négocier. S’ils n’aboutissent pas, l'État prendra une décision ».

Nicolas Sarkozy « convaincu qu'il va gagner la primaire » des Républicains

Anna Cabana lui pose la question dans l'avion Paris-Delhi, le 12 avril pour « Le Point » : « Pourquoi vous acharnez-vous ? ». « On se demande » réplique-t-il. Quelques jours plus tard, dans la navette Paris-Nice le 26 avril : « Ce qui est dingue ce n'est pas de faire de la politique, c'est de vivre à fond. On pense qu'on est propriétaire de la chose la plus fragile : la vie. J'ai la passion et l'énergie, mon dieu. Je me demande pourquoi ça ne se tarit pas. On ne choisit pas d'être comme ça. On est comme ça ».

« On le provoque », rapporte la journaliste : « mais il y a une envie de Juppé non ? Il sourit. « Je me souviens de Balladur. (…) Les journalistes l'adoraient. Mais vous ne rencontriez personne qui allait voter pour lui en dehors de Paris. Plus on est le candidat des médias, de l’establishment, moins on a de chance. Je vous le signe. Moi, j'ai eu la chance de connaître ça avec Balladur. Je sais comment ça va finir. » Et il dégaine la phrase qui lui sert de leitmotiv c'est temps-ci : « le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. » L'imbécile, c'est le microcosme médiatique bien sûr » décode Anna Cabana. Là on se rapprocherait assez d’une analyse tumpiste, non ? Il dit : « Juppé, c'est Chirac. Il ne fera rien. Il est traumatisé par 1995 ». Et au « Point » d’ajouter, que d’ailleurs « L'ancien président de la République reprend du poil de la bête. En grande forme, il se voit vainqueur de la primaire ».

Bruno Le Maire, François Fillon, Nicolas Sarkozy, et Alain Juppé : analyse comparative de leurs programmes.

Mais au delà des postures, quelles sont les divergences de fond sur les programmes ? « L’Obs » titre en couverture sur ce « que vous réserve la droite » en termes de « Austérité, flexibilité, ultralibéralisme ». L’hebdo compare les programmes de Bruno Le Maire, François Fillon, Nicolas Sarkozy, et Alain Juppé. Tous « font assaut de propositions choc pour « tailler dans les dépenses publiques » et pour plus de « flexibilité », « tout en s’employant à regagner l'électorat du Front National ». Et « L’Obs », dans son rôle, joue à inquiéter : « si au bout du compte, les prétendants de l'opposition s'apprêtaient à faire bien pire que François Hollande ? »

Le postulat ? « À 12 mois de l'échéance présidentielle, la victoire semble d'ores et déjà promise à la Droite. Pas une seule enquête d'opinion ne laisse d’espoir à François Hollande. Tous pronostiquent « une finale entre Marine Le Pen et le candidat du Parti Républicain ».

La posture ? « Deux directions simultanées : Prises en tenaille entre l'inflexion sociale-libérale (…) à la source Macron et la montée en puissance d'une extrême droite xénophobe et souverainiste version Philippot ».

La position de « L’Obs » ? « Dans les deux cas l’anti-hollandisme viscéral n'a rien à envier à l'anti-sarkozysme que pratiquaient les socialistes avant 2012 ».

Ainsi, à six mois de la primaire de la droite, les principaux candidats ont déjà dévoilé les grandes lignes de leurs projets. Le magazine reprend sujet par sujet leurs propositions : Dépenses publiques, chasse aux fonctionnaires, refonte du code du travail, moins d’impôts, ISF, entreprises, baisse des charges, flexibilité, chômage, retraite, assistanat, syndicats, immigration façon FN, Écologie… Face à elles, « L’Obs » a proposé à trois spécialistes différents, Daniel Cohen, Mathieu Plane, à Patrick Weil d’apporter leurs expertises pour aider à se faire une idée, par delà les figures, de ce qui les anime dans le fond.

En gros ? « En matière de coup de balai, François Fillon fait figure de grand nettoyeur ». Bruno Le Maire n'est pas le dernier à promettre, lui aussi, « du sang et des larmes et d’en finir par exemple avec « un système administratif et fiscal devenu fou ». Par ailleurs, « On jurerait qu’Alain Juppé a arrêté d’enfiler ses bottes autoritaires de 1995 ». Quant à Sarkozy, (« en cas de come-back réussi ») ? « Réduction de 100 milliards de dépenses publiques, diminution de 10 % de l'impôt sur le revenu et suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune ».

A lire. Dans le détail, pour plus de subtilité.

Cannes : La politique fait bien son show… logique que la scène culturelle soit l’espace du Politique ?

Et puis, le Festival de Cannes est aussi en Une de vos magazines. « Télérama » propose Vincent Cassel en couverture, le héros du nouveau Xavier Dolan, pour un spécial Cannes 2016. 50 pages du magazine sont consacrés au festival, à sa programmation, aux fêtes de la grande époque, à la vitalité du cinéma roumain, au sexe et à la censure, et au contenu de certains des films très attendus cette année sur la Croisette.

De leur côté, « Les Inrockuptibles » fait cas des films phares prévus sur la Croisette mais affirme surtout que cette édition 2016 sera « ultra politique ». Le magazine reste connecté à Nuit Debout : « Le festival a souvent su ne pas rester sourd aux différentes tensions qui agitait l'extérieur de cette bulle, dont le cœur est consacré par l'art du cinéma le plus exigeant et la surface, plus clinquante, est occupé par un déploiement massif des industries du luxe et les puissances de l'argent ». Ainsi, poursuit-il : « Il est à espérer que le festival saura aménager des espaces de visibilité aux revendications sociales qui animent aujourd'hui la France, avec comme poumons la Place de la République et le mouvement Nuit Debout ».

La politique fait bien son show… logique que la scène culturelle soit l’espace du Politique ? Peut-être d’avantage à l'intérieur des salles où on peut attendre « du festival de Cannes qu'il  fournisse des outils de compréhension, voire d'intervention, face au durcissement du monde du travail, au délitement des solidarités sociales ».

 

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