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Crédits Photo: Reuters
Ce vendredi marque le deuxième anniversaire du conflit en Syrie

Anniversaire

Syrie : à l'aube de sa troisième année, le conflit risque de s'internationaliser

Après deux ans de conflit, l'insurrection civile en Syrie s'est transformée en guerre d'usure.

Plus de 70 000 morts et près d'un million de réfugiés selon l'ONU. C'est le terrible bilan actuel de la guerre civile en Syrie. Un conflit, le plus sanglant et le plus long du Printemps arabe, qui entre ce vendredi dans sa troisième année. Et que rien ne semble arrêter. Pire, il devrait même se durcir dans les prochains jours et même s'internationaliser. En effet, les menaces du régime de Bachar al-Assad d'attaquer le Liban se font de plus en plus grandes, tandis que Paris et Londres paraissent déterminées à livrer des armes aux rebelles. Dans le même temps, ce vendredi, les militants antirégime ont appelé à des manifestations avec comme mot d'ordre "deux ans de sacrifices vers la victoire".
 

Le Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés Antonio Guterres a lancé à Beyrouth un cri d'alarme face aux risques d'embrasement. "Si le conflit syrien se poursuit, il y a un réel risque d'explosion au Moyen-Orient et il sera impossible de répondre à ce défi tant sur les plans humanitaire, politique ou sécuritaire". De très violents combats ont eu lieu avant l'aube dans plusieurs villages syriens frontaliers du Liban, dans la région stratégique de Homs qui relie le nord au sud de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le bilan est lourd : 20 rebelles et 22 soldats ont été tués.

Alors que des militants libanais anti-Assad sont accusés de faciliter l'infiltration de rebelles via la frontière, le ministère syrien des Affaires étrangères a menacé jeudi de frapper en territoire libanais les "bandes armées" passant clandestinement en Syrie. "Les forces syriennes font preuve de retenue en ne frappant pas ces bandes à l'intérieur du territoire libanais (...) mais cela ne durera pas indéfiniment", a-t-il averti dans une lettre adressée aux Affaires étrangères libanaises. Il est déjà arrivé à l'armée syrienne de tirer sur des zones frontalières libanaises durant le conflit. Toutefois, c'est la première fois que la Syrie menace officiellement et publiquement de frapper le Liban. Pour rappel, le Liban est resté 30 ans sous tutelle syrienne et est divisé entre partisans et adversaires du régime de Bachar al-Assad.

Autre risque d'internationalisation, la France et la Grande-Bretagne poussent à une levée rapide de l'embargo européen sur les armes pour pouvoir en envoyer aux rebelles. Ces deux pays ont même laissé entendre qu'ils pourraient le faire unilatéralement en cas de maintien de l'embargo. "Nous avons comme objectif de convaincre nos partenaires à la fin mai, et si possible avant. Nous allons employer notre sens de la diplomatie. Si d'aventure, il devait y avoir un blocage d'un ou deux pays, alors la France, elle, prendrait ses responsabilités", a affirmé le président François Hollande au sommet européen de Bruxelles où le dossier syrien doit être évoqué.

"Nous devons aller plus loin car depuis deux ans, il y a de la part de Bachar al-Assad la volonté claire d'utiliser tous les moyens pour frapper son propre peuple", a-t-il indiqué, en évoquant "des craintes sur l'utilisation des armes chimiques". Avant lui, le premier ministre britannique David Cameron a lui aussi dit que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo. Les Etats-Unis, qui refusent pour le moment d'envoyer des armes aux rebelles de crainte qu'elles ne tombent aux mains de jihadistes, ont affirmé qu'ils soutiendraient "toutes sortes d'appui à l'opposition syrienne". Le régime Assad, qui assimile les rebelles à des "terroristes", a dénoncé les intentions franco-britanniques alors que l'opposition les a saluées. Après deux ans de conflit, celui-ci n'a jamais semblé être aussi virulent.

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