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©BERTRAND GUAY / AFP

Investigations

Notre-Dame de Paris : l’incendie aurait été causé par une série de négligences

Selon des informations du Canard Enchaîné, la brigade criminelle a définitivement abandonné la piste d’un départ de feu volontaire ou terroriste. L’incendie aurait été causé par de nombreuses négligences.

Dans son édition du mercredi 19 juin, la rédaction du Canard Enchaîné a dévoilé de nouveaux éléments sur l’enquête menée par la brigade criminelle dans le cadre de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le laboratoire central de la Préfecture de Police a livré son analyse. Les décombres ne contiennent "aucune trace d’hydrocarbures ou de produits accélérateurs de flammes". Aucun indice ne permet d’accréditer l’hypothèse d’une "intrusion extérieure". 

Des erreurs et des négligences ont été constatées en revanche. Selon leur rapport, plusieurs hypothèses sont envisagées.

Les enquêteurs se sont aperçus qu’un coffret électrique était resté sous tension le jour du sinistre après le départ des ouvriers. Il était fixé sur une poutre de la charpente près de l’endroit où le feu s’est déclaré. Les salariés d’Europe Echafaudage pensaient l’avoir coupé. Les disjoncteurs installés n’ont pas fonctionné suite à une erreur de montage électrique. Selon Le Canard enchaîné, le boîtier électrique aurait par ailleurs été monté clandestinement par la société Europe Echafaudage. Le responsable chargé de vérifier les installations électriques du chantier aurait affirmé à la police n'avoir jamais eu connaissance de ce coffret électrique.

Un autre dispositif électrique a intéressé les enquêteurs : le système qui alimentait les cloches situées dans les combles (près du départ de l’incendie) et le carillon de la flèche de la cathédrale, actionné douze minutes avant le déclenchement de la première alarme. Le régisseur général de Notre-Dame de Paris n’a pas pu fournir de précisions aux enquêteurs sur l’entretien de ce dispositif. 

Les ouvriers d’Europe Echafaudage fumaient sur le chantier de Notre-Dame de Paris. Selon des informations du Canard Enchaîné, après avoir nié, ils ont fini par reconnaître leur mensonge sur ordre de l’un de leurs chefs. L’analyse ADN a démontré que cinq des neufs mégots retrouvés sur le site de la cathédrale lors de l’enquête avaient été fumés par des salariés de l’entreprise. Des mégots auraient pu tomber dans la charpente lors du chantier, à travers la trappe ouverte dans la toiture. 

La rédaction du Canard Enchaîné révèle également des tensions et un climat délicat entre le ministère de la Culture et le diocèse. Selon des témoignages recueillis par la brigade criminelle, des fonctionnaires auraient donné l’ordre aux employés d’Elytis – en fonction au PC incendie – de ne pas répondre aux salariés du diocèse qui voulaient connaître l’emplacement des détecteurs de fumée. Ils auraient aussi interdit aux équipes de la cathédrale d’effectuer des rondes dans la toiture après le départ des ouvriers. Europe Echafaudage devait donc gérer et s'occuper de la sécurité incendie de son chantier. 

La direction régionale des affaires culturelles (Drac) aurait refusé à Elytis de faire relever son agent en poste depuis 7h30 le jour du drame par un collègue expérimenté, considéré comme trop lié avec le diocèse. Le 15 avril, un employé d’Elytis a donc vécu son premier jour à Notre-Dame de Paris. Malgré ses deux jours de formation, les enquêteurs estiment que son manque d’expérience et sa fatigue expliquent le délai et les difficultés rencontrées durant trente-trois minutes entre la toute première alarme et l’appel passé aux pompiers. 

Une première messe a été célébrée le week-end dernier à Notre-Dame de Paris depuis le terrible incendie. 

La rédaction du Canard Enchaîné avait déjà dévoilé des éléments accablants le 24 avril dernier sur l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. 

Le Canard Enchaîné et L'Express

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