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Crédits Photo: PATRICK BAZ / AFP

Révolte

Liban : une déclaration du président Michel Aoun provoque la colère des manifestants

La situation politique et sociale a connu un net regain de tension au Liban dans la soirée de mardi et dans la journée de mercredi après les propos du président Michel Aoun dans le cadre d'une interview. Un manifestant aurait été tué lors d'un incident avec des militaires.

Des manifestants en colère ont décidé de bloquer des routes au Liban mercredi 13 novembre. Cette mobilisation intervient après les déclarations du président Michel Aoun lors d'un entretien télévisé diffusé mardi soir. Le dirigeant semblait ignorer les revendications du peuple libanais. A la suite des propos jugés méprisants, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays pour exprimer leur colère. 

Les propos du président Michel Aoun, mardi soir, ont avivé la colère. Le chef de l'État a proposé un gouvernement formé de technocrates et d'hommes politiques, affirmant qu'il était possible que les consultations parlementaires pour désigner un nouveau premier ministre commenceraient avant la fin de la semaine. 

"J'ai appelé à rencontrer les protestataires, mais je n'ai jamais eu de réponse. Existe-t-il une révolution sans leader ? S'ils pensent qu’il n’y pas de gens honnêtes au sein du pouvoir, qu'ils émigrent car ils n'arriveront pas au pouvoir."

Michel Aoun a dénoncé les blocages des routes et des institutions publiques qui paralysent le pays. 

Les Libanais réclament le départ de la classe dirigeante depuis le mois d'octobre. Les écoles et les banques sont restées fermées ce mercredi. Des militants avaient appelé sur les réseaux sociaux à manifester devant le palais présidentiel, près de Beyrouth. En milieu de journée, l'armée a fermé toutes les routes menant à l'édifice, notamment avec du gros fil barbelé, a constaté un photographe de l'AFP. Dès les premières heures de la matinée, des manifestants ont brûlé des pneus et bloqué des axes routiers importants dans le centre de Beyrouth et aux entrées de la capitale, ainsi qu'à Tripoli et au Akkar dans le Nord, et dans la Bekaa à l'Est.

Des altercations ont eu lieu par endroits entre des manifestants et l'armée, qui tente de débloquer les routes. Un homme a été tué par balle dans le secteur de Khaldé, au sud de la capitale, a rapporté l'agence nationale d'information (ANI). Il s'agit de la deuxième personne tuée en marge du mouvement. Selon un communiqué de l’armée, l'incident s'est déroulé entre une patrouille et un groupe de protestataires qui coupaient la route, forçant un militaire à ouvrir le feu pour les disperser.

Le Liban connaît un soulèvement inédit depuis le 17 octobre. Les manifestants réclament le départ de l'ensemble de la classe politique, quasi inchangée depuis des décennies et jugée comme corrompue. 

Le 29 octobre, le Premier ministre Saad Hariri a décidé de démissionner. Saad Hariri a lancé un appel au calme. Il a invité "l'ensemble des citoyens dans toutes les régions à préserver le caractère pacifique de leur mouvement", et à la responsabilité des "autorités, des leaders, des forces de sécurité et des manifestants, qui doivent protéger le Liban et faire montre de solidarité pour affronter les défis".

D'après Michel Aoun, les consultations parlementaires contraignantes pour désigner un nouveau Premier ministre n’ont connu aucune avancée majeure. Elles devraient débuter avant la fin de la semaine, selon le dirigeant libanais. Mais les violences de mardi et l'évolution de cette crise sociale et politique risquent de prolonger ce délai. Le pays est également confronté à une grave crise économique. 

France 24

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