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Veritas liberabit vos

Église : le cardinal Barbarin aurait été prévenu de comportements pédophiles dès 2005

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe de La Croix, dit avoir alerté le cardinal Barbarin bien avant 2007, contrairement aux dires du prélat.

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe du quotidien catholique La Croix, dit dans un nouveau livre avoir alerté le cardinal Barbarin des comportements pédophiles du père Bernard Preynat dès 2004-2005, alors que le cardinal avait dit n'en avoir été averti qu'en 2007, à l'époque où les faits étaient prescrits. Dans La Croix, Philippe Barbarin avait déclaré avoir été alerté pour la première fois en 2007, par "une personne qui avait grandi à Sainte-Foy-lès-Lyon". Isabelle de Gaulmyn révèle qu'elle était cette personne. 

"Lorsqu’il a avancé la date de 2007, cela m’a surprise, parce qu’à cette époque, j’étais à Rome, et on ne s’était jamais vus. C’était donc impossible. J’ai ensuite recomposé les événements en fonction de ma propre présence à Lyon et je suis allée faire une déposition en ce sens auprès des enquêteurs, en mai. Immédiatement aussi, je me suis dit que je ne pouvais pas être la première personne à l’avoir averti, et effectivement ce n’est pas vrai", dit-elle dans une interview à l'Obs. "Aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’en 2004-2005, la plupart de ces crimes n’étaient pas prescrits et que l’histoire aurait pu être tout autre...", ajoute-t-elle.

Elle précise néanmoins dans une interview au Point qu'elle pense que le désaccord sur la date est une erreur : "avec le cardinal Barbarin, nous nous parlons souvent depuis des années. Pour moi, ce désaccord n'est pas important. Il n'y a aucun mensonge de sa part, j'en suis convaincue." Elle rajoute que "le cardinal Barbarin a estimé que ses prédécesseurs avaient fait le travail, et il n'a pas cherché à en savoir plus. C'est cela sa grande erreur. Mais il a agi comme beaucoup d'évêques à l'époque, qui ont traité les cas nouveaux, pas les affaires anciennes. [...] S'il y a une responsabilité, elle est d'ordre managériale. [...] L'institution aurait dû poser un geste fort. Elle ne l'a pas fait. Pourquoi ?"

Dans son livre, Histoire d'un silence, Isabelle de Gaulmynn, ancienne scoute de Saint-Luc, la troupe où ont eu lieu les faits, raconte que "quelque part, nous savions, sans savoir", et revient sur la "culpabilité diffuse, dans laquelle je me mets, des gens qui en ont entendu parler, qui n’ont pas réagi, pas su quoi faire..."

Et parle de sa "honte" vis-à-vis de l'Église : "ma honte, c’est que l’Eglise ne se soit pas plus indignée. […] Cette absence de transparence, ce manque de réaction nette et franche, cette obsession du scandale à éviter, c’est ça qui me choque. […] L’Eglise est largement coupable et doit le reconnaître. Et ce n’est pas faire du mal à l’Eglise que de dire cela, c’est lui demander d’être fidèle à son message." 

Lire l'interview d'Isabelle de Gaulmyn sur L'OBS >>>

Lu sur L'OBS

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