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©Reuters

En direct du Bataclan

Attentats de Paris : les enregistrements radio de la police le soir du 13 novembre

Lundi 9 mai, l'Obs publie des révélations de la justice, qui vient de dévoiler les conversations radio des policiers au soir des attentats de Paris le 13 novembre 2015, près du Bataclan.

21h28 : Sur leur canal privé, "Conférence 43", les policiers de l'est parisien entendent soudain l'un de leurs chefs réclamer le silence total. Il ordonne à ses équipes de regagner immédiatement le terrain. Motif : une quinzaine de coups de feu signalés entre la rue Bichat et la rue de la Fontaine au Roi.

21h31. "Il faut du monde sur place, il y a plein de blessés par balles !", lance l'un des premiers policiers arrivés sur place. Selon un autre, "une dizaine de personnes ne bougent plus". Les coups de feu et le sirènes commencent à retentir dans toute la capitale. "Donc on a des coups de feu de partout…, signale la radio de la Police. Rue de la Fontaine au Roi, coups de feu rue de la Fontaine, il nous faudrait du monde, envoyez des collègues", peut-on entendre.

21h44. "Au 92 rue de Charonne, au niveau d’un bar, apparemment, ils ont… Y a des gens qui ont arrosé à la Kalach’ au niveau du bar La Belle Époque (la Belle Equipe, ndlr). Nombreux blessés par balle […]", s'exclame un agent des forces de l'ordre.

21h50. Nouveaux coups de feu, "a priori au niveau du 41 boulevard Voltaire on aurait encore des coups de feu hein", dit un policier, avant d'ajouter "donc on a des coups de feu de partout…". Ces coups de feu là… proviennent du Bataclan.

21h54. Réaction immédiate : "Bataclan. Bataclan. Apparemment trois individus identifiés à l’intérieur (…) trois tireurs… Apparemment ils arrivent au niveau du balcon, c’est reçu ?"

"Je suis dans le Bataclan, plusieurs dizaines de morts, individus retranchés à l’étage certainement, qui font toujours feu hein… On est à deux, on peut difficilement progresser" répondent un commissaire de la BAC et son chauffeur en entrant dans la salle de concert parisienne.

"Un terroriste abattu sur le Bataclan. A priori, ils ont fait péter une bombe également hein ! On continue à progresser", poursuit le commissaire. On entend ensuite la voix d'un terroriste en personne, depuis un dictaphone laissé au Bataclan pour menacer les policiers :"Sachez qu'on a des otages. Si vous voulez mourir… Si vous voulez qu’ils meurent… Continuez".

"On est en prise d’otages, (…) on est en prise d’otages", s'écrie un otage par téléphone, aux policiers restés dehors. "Ils ont des ceintures explosives. Ne venez surtout pas sinon ils font tout péter. Ils veulent un talkie-walkie maintenant", explique l'otage.

23h20. "Pour information, les démineurs nous informent que si les individus qui sont retranchés au Bataclan ont des ceintures de TATP, s’il y a des échanges de coups de feu, euh… ça peut exploser", prévient un policier alors que l'assaut est prêt.

00h19. "Top camera", entend-on sur Conférence 43. Code reçu, l'assaut est donné.

00h40. "On est pris d’assaut par des requérants, des gens qui se trouvent dans le Bataclan et qui demandent s’il y a bel et bien une intervention", indique un policier. "On leur demande d’ouvrir les portes de la loge, ils ne savent pas si ce sont des policiers ou effectivement des gens qui prennent en otage", ajoute-t-il. La confusion est totale : "Comme je l’ai dit téléphoniquement à votre collègue, nous n’avons pas la possibilité de savoir nous-mêmes, si c’est des fonctionnaires derrière la porte… ou des terroristes", répond son interlocuteur policier.

La menace immédiate neutralisée, c'est le début d'une longue soirée pour les secours et les forces de l'ordre. L'évacuation des victimes, disséminées dans le quartier du Bataclan, prendra encore plusieurs heures.

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Lu sur l'Obs

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