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Affaire Tapie : la procédure d'arbitrage une nouvelle fois remise en cause

Un rebondissement de plus

Affaire Tapie : la procédure d'arbitrage une nouvelle fois remise en cause

Selon Le Monde, l'homme d'affaires n'aurait pas été floué dans la vente d'Adidas en 1993. Il n'aurait donc jamais dû bénéficier de ce fameux arbitrage litigieux...

Nouvelle péripétie dans l'affaire Tapie. Selon un rapport de synthèse, qui a pu être consulté par le journal Le Monde, les enquêteurs en charge de l'affaire concernant le litige opposant le Crédit lyonnais à l'homme d'affaires remettent en cause le bien-fondé de la procédure d'arbitrage à l'issue de laquelle l'ancien président de l'OM avait obtenu, en juillet 2008, 405 millions d'euros de dédommagements - dont 45 millions d'euros au titre de préjudice moral. En clair, Bernard Tapie n'aurait pas été floué lors de la revente d'Adidas en 1993 et n'aurait donc jamais dû bénéficier d'un tel arbitrage

"Les faits ayant pu être établis par les investigations ne permettent pas de donner crédit à la thèse de M. Tapie et aux conclusions des arbitres", conclut le rapport des enquêteurs, cité par Le Monde. En réalité, toujours selon des informations du journal du soir, les juges d'instruction soupçonnent la mise en place d'un "simulacre" d'arbitrage organisé avec l'aval du pouvoir de l'époque. Sont notamment en cause les liens qui existaient entre un des trois juges arbitres, Pierre Estoup, et le camp Tapie.

Pour les juges Serge Tournaire, Guillaume Daïeff et Claire Thépaut, le jugement arbitral a été le fait d'une "escroquerie en bande organisée" du fait, notamment, des relations très étroites entretenues par Me Maurice Lantourne, l'avocat de Bernard Tapie, avec le principal juge arbitre rédacteur de la sentence, Pierre Estoup. Pire encore, selon ces magistrats : cet arbitrage reposait sur un faux postulat.

En effet, le rapport de synthèse des policiers ne laisse pas de place aux doutes : "Les investigations conduites sur ces événements passés de plus de vingt ans et dont plusieurs acteurs sont décédés ont néanmoins permis de déterminer que M. Tapie avait été pleinement associé aux opérations" liées à la revente d'Adidas, explique la brigade financière citée par Le Monde.

Pourtant, Bernard Tapie a toujours affirmé que la revente d'Adidas s'était opérée à son insu. Le Crédit Lyonnais, sa banque, aurait selon lui créé deux sociétés off-shore pour acquérir en sous-main la marque aux trois bandes, dont il était alors propriétaire depuis 1990. Interrogé par France Info ce jeudi, l'ancien ministre de la Ville s'est quelque peu emporté face à ces nouvelles révélations : "Ah ils ont dit ça les policiers ? Les réactions, c'est les avocats qui les auront devant les juges. C'est pas les policiers qui font la justice, c'est pas les journalistes qui répondent aux policiers. La justice c'est des magistrats qui écoutent les parties. Pensez pas qu'il y a un moment où il faut arrêter ce cirque".

Pour rappel, dans cette affaire, Bernard Tapie a été mis en examen tout comme Pierre Estoup et l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, Stéphane Richard, pour "escroquerie en bande organisée". Récemment, c'est Christine Lagarde, l'ex-ministre de l'Economie et actuelle directrice du FMI, qui a à son tour été mise en examen pour "négligence".

Lu sur Le Monde

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