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Servier a vendu plus de 145 millions de boîte de Médiator en 30 ans

Scandale pharmaceutique

Affaire du Mediator : le procès reprend à Nanterre ce mardi

Quelque 700 parties civiles attaquent les laboratoires Servier pour "tromperie aggravée". Le procès reprend aujourd’hui, mais la bataille de procédure autour du Mediator pourrait bien continuer.

Le premier procès pénal du Mediator, un médicament accusé d'avoir déjà causé des centaines de morts en France, reprend mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Nanterre après avoir tourné court il y a un an pour des raisons de procédure.

Selon un rapport d'experts judiciaires rendu public en avril, le Mediator, commercialisé de 1976 à 2009 en France, pourrait à long terme causer 1 300 à 1 800 morts uniquement par valvulopathie. Pendant trente ans les laboratoires Servier ont vendu 145 millions de boîtes de Mediator en France, et plus de 3 millions de personnes ont pris ce médicament mortel. Quelque 700 parties civiles demandent réparation à Nanterre, tandis qu'une instruction est en cours au Tribunal de Grande instance de Paris : c'est ce "double procès" qui avait provoqué son report en 2012 : le tribunal avait accepté de transmettre à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), soulevée par la défense. Jacques Servier contestait qu'il puisse être jugé à Nanterre alors qu'il est parallèlement mis en examen pour des faits similaires à Paris. La haute juridiction a toutefois refusé de transmettre cette QPC au Conseil constitutionnel

Les quelques 700 parties civiles reprochent à Jacques Servier, 91 ans, fondateur des laboratoires du même nom, de les avoir "délibérément" trompées sur la composition de ce médicament destiné aux diabétiques, mais largement prescrit comme coupe-faim. Les malades n'auraient pas été informés de "la nature anorexigène" de son principe actif, le Benfluorex à l'origine du développement de valvulopathies (déformation des valves cardiaques) et d'hypertension artérielle pulmonaire, une pathologie rare actuellement incurable.

Jacques Servier, ainsi que les quatre anciens cadres de Servier et sa filiale Biopharma jugés à ses côtés à Nanterre, encourent quatre ans de prison et une amende de 75.000 euros ; Servier et Biopharma, en tant que personnes morales, une amende de 375.000 euros ainsi qu'une interdiction d'exercer.

Le patron du fabricant du Mediator, interrogé par BFM TV, ne semble pas très affecté par l'affaire judiciaire puisqu'il avait répondu il y a quelques jours "on s'en fout [sic] du procès".


Lu sur France Info

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