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Encore un rebondissement

Affaire Bygmalion : quand le comptable de la société accuse l'UMP

Le parti est soupçonné d'avoir mis en place un système de fausses factures pour que soit respecté le seuil des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012.

L'affaire Bygmalion ne cesse de refaire surface. Entre les informations du Monde concernant l'éventuel rôle joué par Nicolas Sarkozy et la décision de l'UMP de suspendre Jérôme Lavrilleux, l'homme par qui le scandale est arrivé, tout s'emballe. Et ce mercredi, nouveau rebondissement : Le Monde publie les extraits du rapport d'audition de Matthieu Fay, le comptable de la société de communication.

Après son licenciement le 26 mai, il a été entendu par les enquêteurs. Il aurait chargé l'UMP.  "On a rencontré des difficultés dès avril 2012, les principaux sous-traitants n'ont pas été payés dans le délai de trente jours" indique-t-il aux policiers. Dès lors, comment régler ce souci financier ? "Il nous a été demandé par l'UMP de facturer 35 conventions. Les dates et les événements nous ont été communiqués par l'UMP de façon à atteindre notre chiffre d'affaires. Ces facturations ne correspondent pas à des prestations effectuées par la société Event et Cie. Ce sont effectivement des fausses factures" dit-il ajoutant que "le lot de fausses factures a été envoyé à l'UMP par porteur après le second tour".

Face aux  enquêteurs, le comptable de Bygmalion se montre même très précis dans les chiffres : "Le montant total de la facturation des meetings était de 18 861 620,28 euros". C'est pourquoi, explique-t-il, il créé un fichier Excel dans lequel il rentre le montant des fameuses fausses factures. Matthieu Fay souligne avoir reçu comme recommandation d'entrer "un chiffre rond autour de 300 000 euros pour que cela fasse plus réel".  Il dit avoir eu un "seul interlocuteur", Fabienne Liadzé, directrice des affaires financières.

Au cours de son audition, selon Le Monde, Matthieu Fay signale avoir agi de la sorte  "à la demande de ses supérieurs, Guy Alvès et Bastien Millot, les patrons de Bygmalion, et de Franck Attal, d'Event et Cie".  Or ce même Franck Attal a lui aussi été interrogé par les enquêteurs, le 26 mai. Le quotidien du soir publie aussi un extrait de ce qu'il a raconté ce jour là. Il dit avoir eu une réunion à l'UMP avec Eric Cesari, directeur général du parti, et Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy. Au cours de celle-ci est évoqué le système des fausses factures. 

"Ils devaient continuer à organiser des meetings même s'ils savaient que les plafonds de campagne seraient dépassés. Soit on refusait et on prenait le risque de ne pas être payé (...) soit on acceptait, sachant que l'on rentrait dans l'irrégularité", accuse Franck Attal. "C'est ce second choix qui a été fait par Bastien Millot et Guy Alvès" conclut-il.

Lu sur Le Monde

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