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Un discours inspiré de Pétain ?

Vichy saison 2

Vœux présidentiels : quand Hollande s’inspire du "discours du vent mauvais" du maréchal Pétain

Certes, Paris 2014 n’est pas Vichy 1941. Mais les ressemblances sont là.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Pétain, le 12 août 1941

De plusieurs régions de France, je sens se lever depuis quelques semaines un vent mauvais. L’inquiétude gagne les esprits, le doute s’empare des âmes. […] Dans une atmosphère de faux bruits et d’intrigues, les forces de redressement se découragent. Les uns se sentent trahis, d’autres se croient abandonnés.

Hollande, le 31 décembre 2014

Je mènerai jusqu’au bout le combat contre les conservatismes, et ils sont nombreux, contre les populismes, et ils sont dangereux. Devant les menaces qui montent, qui s’appellent terrorisme, communautarisme, fondamentalisme, ce n’est pas en nous divisant, en stigmatisant une religion, en cédant à la peur que nous nous protégerons.

La plupart des discours de Pétain sont dus à la plume inspirée et talentueuse d’Emmanuel Berl. Pour celui dit du « vent mauvais », ce n’est pas sûr. Mais on y retrouve le même souffle. Tous les discours de François Hollande ont été écrits par une plume mièvre et besogneuse qui a choisi – on ne peut que l’approuver – de rester anonyme. Mais c’est sans conteste l’esprit du 12 août 1941 qui a soufflé sur l’ Élysée en ce 31 décembre 2014.

Ainsi, François Hollande s’est désolé du vent mauvais du « dénigrement » dû, sans-aucun doute, à des intrigues et à des faux bruits. Il a demandé aux Français de ne pas se laisser tenter par les sirènes de la « nostalgie », les dites sirènes étant sans doute incarnées par les partisans de l’Ancien Régime (sarkozyste). En même temps, comme son illustre prédécesseur de 1941, il a trouvé des accents mâles pour barrer la route au découragement et à l’abandon.

La France est un grand pays, a-t-il dit, dont les succès doivent rendre fiers. Une des premières puissances économiques mondiales… Et surtout, a-t-il souligné, elle a été honorée en 2014 par deux Prix Nobel. L’un de littérature, l’autre d’économie !! Ce qui, soyons-en sûrs, a redonné du courage et de l’espoir à 3,5 millions de chômeurs et à quelques millions de pauvres…

En conséquence de quoi, l’Élysée envisage de leur offrir à tous les livres de Modiano et de Tirole. Ils pourront les lire pendant qu’ils feront la queue devant les agences de Pôle Emploi. Ne dénigrons quand même pas trop François Hollande. Il aurait pu prendre exemple sur le discours de Churchill en mai 1940 : « Je vous promets du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ». Mais le président a courageusement préféré un bon vieux discours français. Car M. Hollande est un patriote.

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