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©LUDOVIC MARIN / AFP

Diplomatie européenne

Virée à l’Est : Emmanuel Macron aura-t-il réussi à ramener Prague et Bratislava dans le camp des (rares) alliés de la France en Europe ?

Emmanuel Macron achève sa tournée en Europe de l'Est après un double voyage République Tchèque et en Slovaquie. Il tente de mettre en place une alliance de fond autour d'un projet contre un ennemi populiste désigné (Allemagne-Hongrie).

Pascal Fontaine

Pascal Fontaine

Pascal Fontaine est directeur honoraire au Parlement européen, professeur à l’École Normale Supérieure et à l’Institut d’Études Politiques de Paris.

Il est l'auteur de L'Union européenne : Histoire, institutions, politiquesparu en mai 2012 aux éditions Points Essais.


 

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Atlantico : Aujourd'hui, qui sont les véritables alliés d'Emmanuel Macron sur la scène européenne sur lesquels il peut compter ?

 
Pascal Fontaine : Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en France avec un vrai projet politique de relance européenne qui a su fédérer tous les électeurs qui refusaient de se laisser renfermer dans un schéma anti européen qui pouvait conduire à la sortie de l’euro et à la marginalisation de la France. 
 
Sur la scène européenne, il a créé un effet d’annonce, ce qui a rassuré nos partenaires, et il a pris les initiatives internationales (Poutine, Trump) qui ont redorer le blason de l’UE. 
 
Cela dit, il a cru que le paysage politique européen pouvait exploser aussi facilement que celui de la France. A mon avis, il sous-estime la grande coalition qui gouverne au Parlement européen, au Conseil européen et à la Commission entre les PPE et les Sociaux-Démocrates et les Libéraux. La clé appartient depuis plus de dix ans au PPE et des élections prochaines, sortira vraisemblablement un tassement des Socio Démocrates, une poussée des populistes qui ne pourront pas s’unir selon le règlement du Parlement pour reconstituer un groupe politique commun. En effet, chacun des partis populistes l’est pour des raisons différentes. Leur vote protestataire ne suffit pas pour s’unir autour d’objectifs communs (expulsion des demandeurs d’asile « migrants », sortie de l’euro, fin d’économie sociale de marché).
 
 

Quels sont les partis qui malgré certains intérêts communs rechignent à adhérer au projet d'Emmanuel Macron et limitent sa légitimité ?

 
Je pense qu’Emmanuel Macron a tort de se focaliser sur un antagonisme internationaliste versus populiste en stigmatisant Victor Orban. Le PPE ne se laissera pas dissoudre au profit d’un nouveau groupe qui serait le groupe des Libéraux élargi. 
 
Emmanuel Macron ne peut en aucun cas se heurter de front à la CDU, qui malgré la perte de vitesse de la chancelière sera toujours le parti dominant de la première puissance économique et démographique de l’Union Européenne et le garant de la solidité de l’euro.
 
 

Au regard de ces alliances réussies ou non, comment se présente aujourd'hui pour lui la bataille européenne de 2019

 
Il faut favoriser la constitution d’une liste française allant de Cohn-Bendit à Juppé, qui au lieu de se positionner « contre » présentera un projet positif en faisant faire un véritable saut qualitatif dans les domaines ou l’Union est incomplète: politique commune de l’immigration, différentiation dans le monde entre l’Europe des valeurs démocratiques et les régimes autoritaires, solidification de l’euro par la constitution d’un groupe pionnier mettant en place un budget commun. 

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