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Pourquoi ce silence ?

Violentes manifestations anti-immigrés ! Et ça se passe où? En France

Curieusement personne ne dit rien. Personne ne proteste. Bizarre vous avez dit bizarre…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La foule en colère s'est massée place de la République. Elle s'est heurtée à un cordon de policiers qui protégeaient les services de l'immigration. Cris, bousculades, échauffourées… Finalement force est restée à la loi.

Ce mouvement est soutenu par la FSU, un syndicat classé à gauche. La veille de ces événements déplorables plus de 1000 personnes avaient manifesté contre la délinquance et la violence. Notamment celle qui vise les écoles.

Le personnel de trois établissements scolaires a exercé son droit de retrait. Motif : des dizaines de jeunes armés de bâtons avaient attaqué un lycée. Même droit de retrait pour les chauffeurs de cars scolaires régulièrement caillassés.

Les protestataires réclament la démission du préfet, Frédéric Veau. Maintenant que nous vous avons donné son nom nous allons vous dire où il exerce ses fonctions. A Mamoudzou. Vous ne connaissez pas ? On ne vous a pas appris à l'école la géographie de la France ? Mamoudzou est le chef-lieu d'un département français nommé Mayotte!

En 1974 eut lieu un référendum d'autodétermination dans l'archipel des Comores, un des derniers confettis de l'empire colonial français. Les Mahorais (habitants de Mayotte) optèrent pour le rattachement à la France. Les autres, ceux de la Grande Comore, choisirent l'indépendance. Depuis ils se regardent et se détestent.

Mayotte vit dans une misère effroyable. 28% de chômeurs. Une délinquance qui crève le plafond. Un illettrisme en progrès. 260 000 habitants survivent sous perfusion de la métropole. Mais il y a plus pauvre qu'eux : ceux d'en face. Pour eux Mayotte c'est le paradis.

Alors à bord d'embarcations bricolées ils prennent la mer pour gagner la terre promise. Des milliers de noyés. Des milliers qui ont réussi à prendre pied à Mayotte. On ne jettera pas la pierre à des hommes qui au péril de leur vie essayent de rejoindre un bout de terre où il y a  quand même des services sociaux et quelques structures médicales.

On ne jettera pas non plus la pierre aux Mahorais qui les rejettent les accusant d'être à l'origine d'une délinquance galopante. Ce sont tous des malheureux. Ce qui nous étonne c'est autre chose.

Pourquoi ce silence des organisations antiracistes. Pourquoi pas un mot dans la bouche des associations d'aide aux migrants? Certes l'Océan Indien c'est loin. Certes les Mahorais –citoyens français- et les Comoriens on sait à peine ce que c'est. En réalité ce qui se cache derrière ça c'est un racisme inconscient et méprisant. Ces organisations, ces associations doivent penser qu'il s'agit d'histoires entre sauvages…

 

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