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ADN

Une découverte fait émerger une nouvelle théorie sur les secrets de l’apparition de la vie sur Terre

Un simple composé chimique, présent sur Terre avant la naissance de la vie, aurait pu tisser de minuscules blocs de construction d'ADN ce qui nous permettrait de développer un modèle chimique détaillé de l'origine des premières formes de vie.

Anna Alter

Anna Alter

Anna Alter est journaliste et écrivain. Docteur en astrophysique, elle a été journaliste à Science et Vie, à l'Evènement du jeudi, grand reporter à Marianne et rédactrice en chef adjointe de La Recherche. 

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Atlantico.fr : Des scientifiques du Scripps Research, en Californie, ont fait une découverte qui apporte de nouveaux éléments sur l'origine de la vie sur terre. Selon eux, celle-ci serait née d'un mélange entre ADN et ARN. Comment l'expliquer ?

Anna Alter : L’origine de la vie est un grand mystère que les scientifiques essaient de résoudre depuis  l’expérience Urey - Miller  qui ne date pas d’hier. C’est en effet, en 1953, que le biologiste Stanley Miller et le chimiste Harley Urey ont eu l’idée de recréer dans un ballon de verre les conditions ayant existé sur la Terre primitive qui ont conduit par des réactions chimiques à l’apparition des premières briques du vivant.  Ces deux  chercheurs ont soumis les gaz supposés présents dans l’atmosphère de notre planète il y a 4 milliards d’années à des décharges électriques pour simuler les éclairs des orages fréquents à l’époque et ils ont réussi à obtenir un bouillon dans lequel nageaient des acides aminés mais pas l’ombre d’une vie, ni même un brin d’ADN ou d’ARN. Et depuis près de 70 ans, on cherche. L’équipe de chimistes américains vient de démontrer qu’un certain composé, le diamidophosphate (DAP) est un précurseur qui, avant même que l’inanimé s’anime, aurait permis la formation de longues chaînes de molécules…D’après ces scientifiques du Scripps Research,  l’ADN et l’ARN qui constituent tous les êtres vivants auraient été produits par des réactions chimiques similaires et les deux acides nucléiques connus sous ces acronymes seraient apparus en même temps, non l’un après l’autre comme on l’avait imaginé auparavant.  Les premières molécules capables de se reproduire auraient été composées d’un mélange des deux, 

Cette découverte vient-elle bousculer ce que la science pensait savoir sur l'origine de la vie ou est-ce là un complément d'explication ?

Cette découverte bouscule l’hypothèse du monde à ARN qui avait le vent en poupe, le fameux RNA world …Depuis la fin des années 1980, la majorité des biologistes pensaient qu’avant l’apparition de la vie telle qu’on la connaît, l’acide ribonucléique dominait la biochimie en marche sur terre et qu’il aurait été le précurseur de toutes les macromolécules indispensables à la vie, autrement dit qu’il aurait fabriqué les briques entrant dans la construction des futurs organismes. Selon les nouveaux éléments, les deux acides nucléiques apparaissent en même temps et se complètent…Ils sont tous les deux essentiels mais hélas pas suffisants pour tout expliquer. Il manque toujours le mécanisme pour passer de l’inerte au vivant. Comme le reconnaît l’auteur principal de l’étude Ramanarayanan Krishnamurthy cette découverte n’est qu’une étape, sans doute « importante vers le développement d’un modèle chimique détaillé de l’origine des premières formes de vie sur Terre » . Un petit pas vers la vie, un bond de géant dans la compréhension !

Cette découverte peut-elle conduire à d'autres applications pratiques ? 

Toutes les recherches fondamentales ont des applications pratiques, la plupart du temps imprévisibles. En l’occurrence, les chercheurs avancent l’idée qu’en s’inspirant de la chimie primordiale qui a conduit à l’apparition de l’ADN et l’ARN sur terre, on pourrait les fabriquer  artificiellement par des méthodes alternatives fiables, sans avoir besoin de recourir à une enzyme. Par exemple, pour améliorer les test PCR qui permettant de dépister la CoVid-19 et pourquoi pas les vaccins.

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