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Sous pression

Troubles psychiatriques et faits divers sanglants : que faire lorsqu’on est confronté à une personne saisie de bouffées délirantes ?

Le triple meurtre perpétré dans la nuit de dimanche à lundi dans la Drôme et les agressions qui ont fait deux blessés graves dans le Vaucluse sont le fait d'un jeune homme de 23 ans qui souffrirait de bouffées délirantes.

Jean-Charles Pascal

Jean-Charles Pascal

Jean-Charles Pascal est psychiatre des Hôpitaux. Ancien chef de service à l'Hôpital ERASME, il est président d'Honneur de la Société de l'Information Psychiatrique et psychiatre consultant au Centre Jean Wier.

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Atlantico : Ce lundi, un triple meurtre dans la Drôme et plusieurs agressions dans le Vaucluse ont été commis par un individu sortant récemment de l'hôpital psychiatrique, qui aurait été pris d'une "bouffée délirante" selon un psychiatre de l'hôpital Sainte-Anne à Paris. Que sait-on exactement sur ce que l'on appelle donc "bouffée délirante" ? Y-a-t-il des facteurs favorisant l'apparition de ces bouffées délirantes ? 

Jean-Charles Pascal Les bouffées délirantes ou Psychoses délirantes aiguës (nommées aussi schizophrénies aigues) sont des troubles qui s'expriment par une intense activité délirante, d'apparition classiquement brusque à mécanismes hallucinatoires, interprétatifs (le sujet interprète tout ce qu'il voit ou entend comme étant en relation avec lui) et parfois imaginatifs. 

Les thèmes sont polymorphes (mystiques, mégalomaniaques ou à type de persécution). Les troubles du comportement peuvent-être majeurs avec auto ou hétéro-agressivité. Elles peuvent être associées à des états confusionnels avec altération de la conscience. Leur survenue peut-être révélatrice d'une psychose délirante chronique ou d'une pathologie schizophrénique mais la bouffée délirante peut également évoluer spontanément vers une sédation. 

Comment se manifestent généralement ces bouffées délirantes ? Y-a-t-il des symptômes précurseurs ? Les comportements violents sont-ils la manifestation la plus caractéristique des bouffées délirantes ?

La prise de toxique est souvent retrouvée dans les bouffées délirantes avec comportements violents. Maintenant reste à savoir s'il s'agit bien d'une bouffée délirante ou d'une décompensation aiguë d'une psychose délirante chronique ou d'une schizophrénie constituée. Elles peuvent réapparaitre après une période de stabilisation plus ou moins importante. Les apports toxiques sont souvent retrouvés comme ayant conduit à la décompensation. Pendant la bouffée délirante, le libre arbitre du sujet est le plus souvent aboli. Il faut les différencier des psychoses confusionnelles et des états maniaques mais cela demande parfois une observation clinique.  

Quelles réactions adopter face à un individu frappé de bouffées délirantes ? Comment éviter la violence dont les personnes frappées par ces bouffées peuvent faire preuve ? 

Un traitement est ici d'une absolue nécessité et une hospitalisation est nécessaire dans la quasi totalité des cas et le plus souvent sans que le sujet y consente. Ce traitement associe un traitement neuroleptique spécifique ainsi qu'une prise en charge institutionnelle.

Confronté à une personne qui présente une bouffée délirante il faut éviter toute confrontation directe et faire appel à un service d'urgence.

Les comportements violents peuvent apparaitre mais ne sont pas systématiques; il y a même des bouffées délirantes "silencieuses". L'apparition de bizarreries comportementales ou de propos absurdes peuvent être considérés comme des signaux d'alerte. 

 

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