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Au fou ?

Terrorisme et réchauffement climatique : la pensée complexe du président Macron est en Marche

Jeanne d'Arc entendait des voix. Macron aussi : mais c'est toujours la sienne.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Au début du mois les services de l'Elysée annoncèrent que le président de la République ne sacrifierait pas à l'issue de la garden-party du 14 juillet au rite de la traditionnelle conférence de presse. L'explication avancée : la pensée du chef de l'Etat était trop "complexe" pour se plier au jeu des questions réponses.  Vexés, blessés, meurtris, des journalistes souffrirent de cette humiliation.

A notre avis ils ont bien tort de la ramener. Car ils viennent une nouvelle fois de donner la preuve qu'ils ne comprenaient rien à la pensée aérienne et "complexe" d'Emmanuel Macron. En effet ils ont trouvé "déconcertants", "pour le moins originaux" les propos tenus par le président après la réunion du G20. Or qu'a dit M. Macron pour que ces plumitifs de bas étage s'autorisent ce genre de critiques ? Voici sa déclaration. "On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si l'on n'a pas une action résolue entre le réchauffement climatique : tout est lié". Et alors ? Ce qu'a dit M. Macron est clair. Limpide, limpide comme l'eau de vaisselle. Evident, comme il est évident que la Terre est plate. Prouvé et validé comme il est prouvé et validé que le Soleil tourne autour de la Terre.

Mais il n'est pas à la portée de tout à chacun de le comprendre. Seul un esprit supérieur et complexe peut accéder à la bonne parole supérieure et complexe de notre président. Tel est, en toute modestie, mon cas. Une première hypothèse nous (j'utilise ici le pluriel de majesté avant qu'Emmanuel Macron s'en empare…) vient à l'esprit. Il se peut qu'un des collaborateurs du chef de l'Etat se soit trompé en lui glissant une des deux moutures du discours. La première, la bonne, la plus claire des deux évoquait "le réchauffement islamique" et le "terrorisme climatique".

Pour autant, mauvaise mouture ou pas, les propos de M. Macron sont d'une clarté absolue. En effet le terrorisme s'explique, à l'évidence, par l'augmentation de quelques degrés de la température moyenne d'un certains coins du Proche-Orient. Oui ce sont bien les gaz à effet de serre qui sont à l'origine de tant d'égorgements et d'assassinats. Il fait chaud, très chaud là-bas. C'est pourquoi des milliers d'hommes abimés par la chaleur aspirent à gagner le paradis d'Allah où selon le météorologue Al-Baghdadi il fait frais, très frais.

Sous la troisième République il y a un président dont le comportement n'était pas sans rappeler celui de Macron : Paul Deschanel. Il était complexe. Mais à l'époque on disait "singulier", "étrange". Un jour on le trouva en pyjama errant sur une voie ferrée. Des psychiatres furent appelés. Ils diagnostiquèrent pour certains  une profonde dépression marquée par accès de somnambulisme. D'autres estimèrent que chez Deschanel il y avait des signes d'un complexe de castration. Paul Deschanel n'allait manifestement pas très bien dans sa pauvre tête. Il fut hospitalisé et contraint à la démission. Ce qui ne l'empêcha pas d'être ensuite élu sénateur. Macron sénateur ça aurait de la gueule non ? 

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