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Crédits Photo: Tolga AKMEN / AFP

Accusations de racisme

Tensions raciales : ces pays qui ont réussi à faire bouger leur police

Si les accusations de racisme structurel à l’encontre de la police nationale ne reposent sur aucun fondement sérieux, certains comportements posent problème. Voilà comment d’autres pays ont réussi à dénouer les crispations.

Abdoulaye Kanté

Abdoulaye Kanté

Abdoulaye Kanté est policier dans le Val-d'Oise. 

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Atlantico.fr : La police fait l’actualité ces derniers jours. Parmi elle, une infime partie des policiers sont accusés de racisme envers les individus noirs. Qu’en pensez-vous ? Comment gérer ces cas au sein même de la police ? 

Abdoulaye Kanté : Vous savez, on parle de cas individuels. Limiter ces cas à l’ensemble de l’institution, c’est généraliser. Oui il y a des comportements inadmissibles qui sont présents, et le ministre de l'Intérieur a rappelé par ailleurs qu’ils n'ont pas leur place dans notre rang. Il y a une réelle prise de conscience du fait ces derniers temps. Mais effectivement, il faut continuer à sensibiliser nos collègues. Notamment par rapport à la formation initiale. Je pense aux nouveaux, les plus jeunes, qui doivent être accompagnés et sensibilisés. Une fois qu’ils portent l’uniforme, ils appartiennent à un corps, à des valeurs républicaines, et doivent faire abstraction de toute notion raciale, sexuelle ou ethnique. Les jeunes qui vont nous rejoindre doivent intégrer la notion de diversité dans notre institution. Et puis, il ne faut pas oublier que la police d’il y a trente ans n’est plus celle de 2020. À l’époque, on pouvait avoir cette sensation de racisme dans la police. Si aujourd'hui, on regarde plus attentivement, on se rend compte  de la diversité qui s'installe dans la police et on constate un vrai changement. Évidemment, cela est long. Je pense également qu'il faudrait réaliser des messages de prévention, des messages pédagogiques, et montrer la diversité que l’on trouve dans la police. D’ailleurs, on commence à le voir dans plusieurs campagnes de publicité. 

Dans tous les cas, chacun d’entre-nous ne doit pas oublier la problématique du racisme qui est présent, mais il ne faut pas croire qu’elle est systématique. Enfin, avec plusieurs policiers, nous nous rendons dans les écoles, collèges, lycées… C’est ce que je fais en tout cas. Ce dialogue est nécessaire. Il est important d'expliquer nos actions, sinon cela crée des clivages. Il ne faut pas avoir deux camps, et que cela devienne comme aux Etats-Unis. La logique communautaire est très très forte là-bas et en France, très minime encore. 

Existe-t-il un pays exemplaire selon vous ? 

Je pense à l’Angleterre, qui est un très bel exemple d'intégration de toutes les minorités et des personnes issues de l’immigration. Beaucoup d'études sur la police anglaise le prouve. Mais je pense que la France l’est aussi. Selon moi, il ne faut pas chercher à les imiter  et à chercher trop de mixité. Ce sont les mentalités qui doivent changer. La diversité est une richesse pour notre société actuelle. Il y a évidemment besoin de ça. Après, dire est ce qu’il faut recruter plus de Noirs, d'Arabes ou de Chinois, pour éviter le racisme ? Est-ce que cela va ajouter de la richesse ?  Non, je ne pense pas. Selon moi, il faut surtout recruter des futurs policiers à l’image de la société. 

Quel portrait dressez-vous de la police aujourd'hui ? 

Si on veut faire preuve d’objectivité, des comportements déviants, qualifiés de raciste, il en existe. Mais cela est le cas dans toutes les professions, il faut être honnête. Un individu, ou plusieurs faits suffisent pour que l’on dise « voilà, les policiers sont comme ça ». Oui, des comportements inadmissibles existent, c'est dommageable et condamnable. Mais je tiens à dire que ce n'est pas toute la profession qui l’est. Il faut dire la vérité, dans notre commissariat, c'est multicolore, la France est multicolore. Et notre commissariat ressemble à notre société. Les problèmes de racisme sont existentiels. Il y en a, mais pas à l'échelle des 140.000 policiers que nous sommes en France.

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