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Sylviane Agacinski interdite de parole : la présidente de l'université Montaigne de Bordeaux se couche et se plaint de "l'emballement médiatique" !
©CATHERINE GUGELMANN / AFP

Courage, fuyons...

Sylviane Agacinski interdite de parole : la présidente de l'université Montaigne de Bordeaux se couche et se plaint de "l'emballement médiatique" !

Les pleutres, c'est comme les cons, ça ose tout !

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Les Gardes Rouges sont parmi nous. Ceux du président Mao défilaient par centaines de milliers, un petit livre rouge à la main. Ils avaient été rameutés pour faire taire tous ceux qui n'étaient pas dans la ligne du parti, et pour les amener à faire leur autocritique. Les nôtres, de Gardes Rouges, sont moins violents, mais poursuivent le même objectif que leurs modèles chinois.

On les a vus à l’œuvre à l'université Montaigne de Bordeaux. La philosophe Sylviane Agacinski devait y venir pour une conférence. Des syndicats étudiants, des associations LGBT sont montés au front pour la réduire au silence. Son crime : elle est dubitative sur la PMA et est hostile à la GPA.

Sylviane Agacinski s'insurge contre la marchandisation des corps des mères porteuses et contre la marchandisation du bébé qu'elles portent pendant neuf mois dans leur ventre. C'est un sujet qui mérite au moins un débat. Tel n'a pas été l'avis de la président de l'université, qui a annulé la visite de la philosophe.

Qu'elle préfère vivre couchée plutôt que débout (ce qui est assurément plus confortable), est une affaire qui concerne sa conscience qu'on n'a guère envie de sonder. Mais comme les médias ont beaucoup parlé de cette affaire, elle a jugé nécessaire de s'expliquer dans un communiqué. Elle y dénonce « l'emballement médiatique » qui nuirait à l'image de son université. « L'emballement médiatique » voilà le coupable. Pas les Gardes Rouges qu'elle tolère dans les murs de son université ! Pas sa pitoyable soumission !

Une autre affaire « d'emballement médiatique » est venue ternir l'excellente réputation de la Sorbonne. Mohamed Sifaoui devait s'y rendre pour parler de radicalisation, un terme gentiment anodin puisqu'il permet de ne pas parler d'islamisation. Comme à Bordeaux, les Gardes Rouges parisiens ont protesté. Et le président de la Sorbonne, sans doute inspiré par sa collègue bordelaise, a annulé la conférence prévue.

Embarrassé par le bruit autour de cette interdiction, le président de la Sorbonne s'est senti obligé de s'expliquer dans un communiqué. Il a précisé (va donc savoir pourquoi...) que les pressions contre Mohamed Sifaoui n'émanaient pas « d'associations musulmanes ». Et il a annoncé fièrement qu'il y aurait bien un débat à la Sorbonne, mais sur « toutes les radicalisations ». Chouette alors ! On va enfin pouvoir parler des radicalisations catholiques, protestantes, orthodoxes, juives, bouddhistes, shintoïstes. La dernière Une de Charlie Hebdo est la suivante : « La République islamiste En Marche ». C'est un bon titre.

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