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Suspension de l'utilisation des grenades offensives après le drame de Sivens : tant qu'il y était, Cazeneuve a-t-il songé à suspendre la gendarmerie ?
©Reuters

Raisonnement par l'absurde

Suspension de l'utilisation des grenades offensives après le drame de Sivens : tant qu'il y était, Cazeneuve a-t-il songé à suspendre la gendarmerie ?

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé mardi la suspension de l'utilisation des grenades offensives par les forces de l'ordre à la suite du décès de Rémi Fraisse sur le site du barrage contesté de Sivens. Un type de grenade pourtant régulièrement utilisé par les forces de l'ordre lors des manifestations, en plus des grenades de désencerclement.

Bruno Beschizza

Bruno Beschizza

Bruno Beschizza est conseiller régional d'Île-de-France, élu en mars 2010 en Seine-Saint-Denis et Secrétaire National de l'UMP à l'emploi des forces de sécurité.

Avant 2010, il était commandant fonctionnel de Police, secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers.

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Atlantico : Bernard Cazeneuve a annoncé mardi la suspension de l’utilisation des grenades offensives. Cette mesure vous paraît-elle aller dans le bon sens ?

Bruno Beschizza : C’est une réponse technique absurde et hypocrite à un problème politique. A partir du moment où le ministre de l’Intérieur donne des instructions au préfet pour que les forces de l’ordre maintiennent ou rétablissent l’ordre il faut qu’elles aient des outils matériels pour le faire. Les grenades offensives font partie de ce panel de sécurité pour rétablir l’ordre public au même titre que les boucliers, les matraques, les tonfas... S’il y a un nouveau mort dans 15 jours que va-t-il se passer ? On interdira cette-fois les boucliers ? Puis les casques ?

En ne voulant pas démissionner, le ministre de l’Intérieur a trouvé un alibi technique pour ne pas répondre politiquement. Sa démission n’est pas à demander sur la gestion du drame mais sur l’incapacité à assurer l’ordre quand il y a des copains comme EELV. On l’a vu dans la gestion de Notre-Dame-des-Landes et maintenant pour le barrage de Sivens où les manifestations sont soutenues par les écologistes avec des manifestants parfois très violents. Je n’ai pas envie que les gendarmes et les policiers fassent les frais des bisbilles nationales entre le PS et EELV.

Quels problèmes a-t-on déjà rencontré lors de l’utilisation de ce type de grenades ?

Les GLI (grenades lacrymogènes instantanées) font partie des outils utilisés depuis 15 ans pour rétablir l’ordre public et elles n’ont jamais posé de problème. Ce n’est pas l’outil qui est dangereux mais l’utilisation qui en est faite. Dans le cas de la mort de Rémi Fraisse l’enquête dira si l’utilisation était légitime ou non. On ne peut pas accuser un outil d’être mauvais. Tous les techniciens de terrain disent que les grenades offensives sont un outil nécessaire pour que les forces de l’ordre soient en sécurité. Soit on assume le rétablissement de l’ordre public et dans ce cas on soutient les forces de l’ordre, soit on ne leur donne plus d’ordre !

Existe-t-il des solutions alternatives à ce type d’armes maintenant qu’elles ne peuvent plus être utilisées par les forces de l’ordre ?

Il n’y a donc pas de solution alternative. Quatre escadrons supplémentaires pourraient être envoyés mais la France n’a plus les moyens de le faire. Le gouvernement pourrait décider l’envoi de camions lanceurs d’eau mais cela choque l’opinion publique. Les a gendarmes mobiles et les CRS disposent d’un panel outil allant de la matraque à la grenade pour faire face en fonction de la situation et pour répondre de manière proportionnée. Si on enlève un élément de ce panel, ça va manquer. En suspendant l’utilisation des grenades offensives, on va se retrouver beaucoup plus souvent avec des combats au corps à corps. Il pourrait dans ce cas avoir des personnes blessées et des violences. La situation serait donc encore pire. 

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