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Sir Alex Ferguson avoue : "La leçon la plus importante en matière de défaite m’a sans doute été donnée par ma propre mère"

Tous les secrets pour multiplier les succès professionnels et toutes les techniques imparables révélés par le plus grand entraîneur de football, Sir Alex Ferguson, en matière de management.Construire des relations de confiance, s’imposer naturellement, prendre des décisions et les faire accepter, communiquer plus efficacement, travailler en équipe, créer une dynamique de leader, apprendre de ses échecs et rebondir, obtenir toujours plus de succès sont autant de notions utilisées et expliquées par un manager qui a fait ses preuves. Extrait de "Leading manager pour gagner" Sir Alex Ferguson Michael Moritz, aux éditions Marabout 1/2

Sir Alex Ferguson

Sir Alex Ferguson

Célèbre manager du club anglais de Manchester United de 1986 à 2013, Sir Alex Ferguson est l’entraîneur le plus couronné de l'histoire du championnat anglais avec 38 trophées à son actif dont treize titres de Premier League. En 1999, il est anobli par la reine Élisabeth II pour les services rendus au football britannique. Sir Alex Ferguson est l’icône incontournable du football.

Voir la bio »Sir Michael Moritz

Sir Michael Moritz

Investisseur en capital-risque, Sir Michael Moritz est aussi le président de Sequoia Capital, premier fonds de placement à investir dans les sociétés Apple, Cisco, YouTube et WhatsApp. Il a également été membre des conseils d'administartion de google, LinkedIn, PayPal et Yahoo. Ancien journaliste au Time Magazine, il a aussi retracé l'aventure d'Apple dans son livre Le jeu de la pomme.

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Thomas Müller, qui a marqué cinq buts pour l’Allemagne lors des Coupes du monde de 2010 et de 2014, avait seulement dix ans quand nous avons entendu parler de lui pour la première fois. Il jouait dans une équipe amateur à quelques kilomètres de Munich. Nous l’avons abordé, mais il s’est engagé le lendemain auprès du Bayern de Munich. En 1994, nous avons voulu signer Ronaldo, l’attaquant brésilien, qui jouait pour Cruzeiro. Malheureusement, nous n’avons pas pu obtenir son visa de travail, et Ronaldo a rejoint le PSV Eindhoven. Nous nous sommes aussi intéressés à Robin van Persie quand il avait environ seize ans. Il jouait alors dans l’équipe de réserve de Feyenoord et son prix était déjà d’environ six millions de livres. Jim Ryan, qui a fait partie de notre encadrement technique pendant onze ans avant de diriger encore dix ans le football junior du club, a vu van Persie échanger des insultes avec des supporteurs après une expulsion et n’a guère apprécié le comportement du jeune joueur à cette occasion. Il n’était pas le seul, car Robin a été aussitôt suspendu par son club.

J’aurais aimé signer beaucoup d’autres joueurs, comme l’attaquant Alan Shearer, qui nous a souvent mis des bâtons dans les roues quand il jouait pour Newcastle ; ou l’Argentin Gabriel Batistuta, qui a fait la majeure partie de sa carrière en Italie ; ou encore Samir Nasri, qui a rejoint Manchester City en 2011. En 2011, j’ai pris le train pour Lille pour signer le jeune défenseur français Raphaël Varane. David Gill en était à discuter des détails du contrat avec Lens, le club de Varane, quand Zinedine Zidane nous a coupé l’herbe sous le pied au profit du Real Madrid. Je ne crois pas que José Mourinho, qui entraînait alors Real Madrid, n'avait jamais vu jouer Varane.

J’aurais pu laisser toutes ces décisions me ronger, mais j’ai toujours essayé de lutter contre cet état d’esprit. C’est nous qui avons fait ces choix, personne d’autre. On ne peut pas faire jouer une équipe composée de joueurs qu’on ne possède pas, alors à quoi bon s’en vouloir ?

(…)

Mais la leçon la plus importante en matière de défaite m’a sans doute été donnée par ma propre mère. J’avais vingt et un ans et je jouais à mi-temps pour St Johnstone. J’entrais et sortais sans arrêt, et en quatre ans, je n’avais joué qu’une cinquantaine de matchs en équipe première. J’étais désabusé. Au cours d’un match de réserve, je m’étais cassé le nez, une pommette et une arcade sourcilière, et quand j’ai recommencé à jouer, l’équipe de réserve s’est fait battre plusieurs fois d’affilée à plates coutures. Je suis alors allé à la Maison du Canada à Glasgow, dans Waterloo Street, et j’ai pris des formulaires pour émigrer au Canada (toute la famille de mon père s’y était installée). Je ne voulais plus disputer un seul match pour ce club.

Puis j’ai demandé à la petite amie de mon frère de se faire passer pour ma mère et d’appeler Bobby Brown pour lui dire que j’avais la grippe. Bobby n’a pas été dupe et il a envoyé un télégramme à ma mère – nous n’avions pas le téléphone – où il demandait que je l’appelle. Je suis allé jusqu’à une cabine et j’ai composé le numéro : Stanley 267 (j’étais tellement dans mes petits souliers que je m’en souviens encore). Brown m’a remonté les bretelles : « C’est honteux ! Tu te crois malin ? Tu as demandé à quelqu’un de se faire passer pour ta mère. Toute l’équipe a vraiment la grippe, donc tu vas jouer demain. Je t’attends à midi au Buchanan Hotel. »

Et j’ai fait le coup du chapeau à Ibrox. C’était la première fois qu’un joueur d’une équipe de visiteurs y arrivait et ce coup de chance a changé ma vie. J’avais failli démissionner. Ma mère m’a passé un sacré savon quand elle a découvert ce que j’avais fait. Elle m’a appris à ne jamais abandonner. Après cet incident, j’ai toujours essayé de convaincre mes joueurs d’en faire autant.

Extrait de "Leading manager pour gagner" Sir Alex Ferguson Michael Moritz, publié aux éditions MaraboutPour acheter ce livre, cliquez ici

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