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Le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle.
©JOEL SAGET / AFP

Et on appelle ça culture…

Si vous voulez découvrir les "chants des migrants" et les "manèges à énergie humaine", rendez-vous à Grenoble

Sur les traces du président Mao, Eric Piolle, le maire de la ville, a lancé sa révolution culturelle.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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France Culture a réalisé un reportage, honnête et fouillé, sur les pratiques du maire de Grenoble. Le journaliste dépêché sur les lieux raconte par le menu comment des émissaires d'Eric Piolle sont venus le chercher à son hôtel pour lui dire d'aller là et là, de voir untel et untel. Il fallait s'assurer qu'il n'entendrait que des louanges à la gloire du patron de la ville. 
 
Sur un théâtre d'opérations militaires, on appelle ça du journalisme embarqué. Mais l'envoyé de France Culture s'est affranchi de cette contrainte. Ainsi il a pu rencontrer le directeur d'un petit théâtre qui, à voix basse et à l'abri de tous les regards, lui a dit pis que pendre du "Khmer vert" qui régente la culture à Grenoble. En cachette, car tous les acteurs culturels de la ville dépendent financièrement des subventions municipales. 
 
La révolution culturelle d'Eric Piolle est fondamentalement écologique. Pour mettre en oeuvre ses projets, il avait recruté une dame qui était chef de gare. Nous imaginons volontiers qu'entre deux trains, elle se nourrissait de Stendhal, Flaubert et Maupassant. Et qu'à la pause elle faisait réciter aux agents de la SNCF des poèmes de Rimbaud, Verlaine et Apollinaire. 
 
Mais bien qu'écologiste (ou peut être à cause de ça) la malheureuse ne comprenait rien à ce qui lui était demandé. Elle téléphonait sans cesse à Eric Piolle et à certains de ses adjoints pour savoir ce qu'elle devait faire. Finalement elle a été débarquée. Mais ses innovations sont toujours là. Ainsi sous la conduite du bien aimé Piolle, la mairie fait la promotion des "chants des migrants". C'est sûr que parmi eux on compte de talentueux ténors et barytons. Le maire de Grenoble aura à coeur de les faire embaucher à l'Opéra de la ville. 
 
Autre initiative de Piolle : des "manèges à énergie humaine". On comprend pourquoi : les manèges fonctionnent habituellement à l'électricité et celle-ci est issue de la détestable énergie nucléaire. Mobiliser les migrants pour faire tourner les manèges ne serait pas dépourvu de charme car ils chanteront en poussant. Tout cela sera certainement codifié dans un Petit livre vert. Et par milliers les Grenoblois et les Grenobloises les brandiront en scandant : "Longue vie au camarade Piolle, notre grand Timonier".

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