Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Insolite
©Reuters

La maison des horreurs

SCP, la très curieuse fondation cachée dans un recoin du Web et qui s'est donnée pour mission de répertorier et neutraliser tous les phénomènes paranormaux

Les membres de cette communauté se targuent de déjouer des "menaces extra-terrestres, extra-dimensionnelles, ou extra-universelles"...

"Les Objets SCP constituent une menace très importante et très sérieuse pour la sécurité mondiale. Divers organismes partout dans le monde sont en alerte permanente pour maintenir l'Indépendance de l'Homme face aux menaces extra-terrestres, extra-dimensionnelles, ou extra-universelles. Vous êtes maintenant apte à travailler pour la Fondation SCP. Vous n'avez pas besoin de comprendre comment et pourquoi nous exerçons nos activités. Tout ce dont vous avez besoin de comprendre c'est que votre mission est vitale". Bienvenue sur la page d'accueil du site de la fondation SCP, qui compile ce qui se fait de mieux sur Internet en termes d'histoires qui donnent la chair de poule. 

Les fans de science-fiction et d'X-files n'auront pas de mal à appréhender le concept de base (les autres peut-être un peu plus) : la fondation SCP est une organisation secrète, quasi gouvernementale, qui capture et emprisonne des créatures, personnes et objets super naturels. Attention, toutefois, la règle de base de la fondation est de conserver et non pas de détruire.

A première vue, le site ressemble à n'importe quel autre. Mais il n'a besoin d'aucune fioriture pour attirer les nouveaux venus, qui savent déjà pourquoi ils sont là. Chaque jour, des dizaines de personnes présentent leur candidature aux organisateurs du site (une vingtaine de personnes) pour faire partie de la communauté SCP. Pour être acceptés, ils doivent prouver leur valeur et leur motivation. Alors, seulement, ils pourront rejoindre le cercle très fermé des agents. Ces derniers capturent les bizarreries surnaturelles et écrivent de courts rapports qui sont sauvegardés dans les archives de la fondation où ils expliquent à leur confrère les précautions à prendre avec l'objet en question. Il arrive également qu'ils retranscrivent leur expérience par dossier audio. Chaque histoire est plus perturbante et bizarre que la précédente. La fondation contient environ 2000 dossiers en tout.

Parmi les plus populaires :

  • Une maison qui contient un portail inter-dimensionnel que les agents peuvent utiliser pour communiquer avec des aliens racistes.
  • Une machine à café qui peut se remplir sur demande de n'importe quel liquide de l'univers.  
  • Une créature reptilienne très violente qui déteste les humains et veut tous les éliminer.

 

Comme expliqué précédemment, tous les objets capturés doivent être traités avec respect.

L'objet SCP-1609 est un fauteuil humanoïde. Si vous l'agressez, il téléportera une partie de son bras en bois dans vos poumons, vous tuant sur le champ. Les membres de la coalition occulte globale en ont fait l'expérience le jour où ils ont mis le fauteuil dans une déchiqueteuse à bois. A la fin de son rapport, l'agent a écrit : "Avant que la coalition ne mette la main dessus, la chaise était inoffensive. Une chaise qui se téléporte vers vous quand vous avez besoin de vous assoir, c'est est normal comparé à la plupart des choses que nous traitons. Quand ils l'ont mis dans la déchiqueteuse, elle a eu mal, elle a eu peur et s'est mise en colère. Mais si on ne tente rien de stupide, SCP-1609 est facile à gérer : elle ne se battra pas et n'essayera pas de s'enfuir. Et même si elle le fait, elle a tendance à revenir. Je sais pourquoi : elle a peur des gens depuis qu'on lui a fait du mal. Désormais elle a besoin de notre protection." Et l'agent de conclure : "Rappelez-vous, si vous cassez quelque chose, c'est cassé pour toujours, vous ne pouvez pas revenir en arrière. C'est la conclusion de l'histoire de SCP-1609."

La fan-fiction la plus populaire inspirée par la fondation est sans nul doute le jeux-vidéo gratuit et en ligne "Containment Breach". Le jeu prend place dans une installation de confinement de la fondation. Le méchant est SCP-173, un monstre qui n'est pas sans rappeler les Anges de la mort de la série de science-fiction britannique Doctor Who. En effet, tout comme eux, il ne peut se déplacer que quand personne ne le regarde. Grâce à la fonction "clignez des yeux" qui force le joueur à cligner de temps à autre (et permet donc à SCP-163 de se rapprocher de lui), le jeu peut devenir extrêmement stressant. Par ailleurs, le décor se renouvelle à chaque partie. Ainsi le joueur est forcé de trouver une nouvelle manière de s'échapper à chaque fois.

Ci-dessous, un extrait du jeu SCP-087. La rumeur veut que certains joueurs soient tombés dans le coma tant le jeu était oppressant.

Ainsi, la fondation SCP est bien une communauté de contes d'horreur : des creepypasta, comme on dit dans le jargon geek. Les rapports ne comportent pas de narration linéaire comme c'est le cas dans les livres et les films que nous lisons d'ordinaire et les seuls personnages présents sont les agents qui écrivent. Par ailleurs, chaque dossier est rédigé de façon très austère et monotone. Toutefois, comme l'explique le site The Kernel, plus vous avancerez dans l'histoire, plus serez êtes captivés par ce style pragmatique hors du commun.

Comme dans toutes les bonnes histoires d'horreur, ce n'est nécessairement le contenu d'un rapport SCP qui est effrayant mais le pouvoir qu'il a de stimuler votre imagination, vous obligeant à vous pencher sur de terrifiants petits détails. Il suffit seulement de l'imagination dérangée de l'internaute écrivain et d'une bonne dose de curiosité malsaine du lecteur pour donner vie aux meilleures histoires d'horreur ! 

Ci-cessous un petit apperçu du dossier noir blanc noir blanc noir blanc noir blanc noir blanc noir gris.  

"Hier,

J'ai regardé trois hommes mourir parce qu'un homme a éternué dans une salle pleine de sang, de merde et de lumière.

Aujourd'hui,

Trois hommes de plus y sont entrés.

Hier,

J'ai regardé un homme que j'admirais se faire tuer par balle juste pour avoir laissé une rose au chevet d'une fille dont la vie a été détruite par un traumatisme qu'elle n'a jamais voulu.

Aujourd'hui,

Elle ne se souvient de rien, et trois étages plus bas, je peux l'entendre hurler."                                                                                                                                                                                                    Raphaëlle de Tappie

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !