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Crédits Photo: DR / Capture d'écran Youtube
Etampes base de loisirs bandes rixe Guinette Mennecy

C’est la faute du confinement

Savez-vous pourquoi des centaines de "jeunes" se sont affrontés à Etampes ? Parce qu’ils étaient empêchés d’aller au bled

On les comprend. Et on compatit.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Ce soir-là la canicule s’était abattue sur Etampes. Et comme c’était la fin de l’Aïd, la température est montée un peu plus. Pour se rafraîchir ils ont quitté par centaine les cités de Guinette et de Mennecy afin de se baigner sur la base de loisirs d’Etampes.

Ces deux cités sont historiquement rivales. Un peu comme dans La guerre des boutons, les battes de baseball en plus. Très vite, il y a eu une « embrouille ». Un « jeune » de Guinette a accusé un « jeune » de Mennecy de lui avoir volé son portable et sa carte de crédit.

Un portable et une carte de crédit ? Voilà qui relativise fortement la théorie sur la misère de la banlieue : tous les « jeunes » ne sont pas au RSA ! Une gigantesque bagarre a éclaté. Il a fallu une heure à la police pour disperser les belligérants avec des gaz lacrymogène.

Ces échauffourées relativisent également une autre théorie. Celle qui veut que les « jeunes »  ne s’attaquent qu’aux « souchiens » pour les dépouiller et aux policiers et aux pompiers pour les blesser ou les mutiler. Comme on le voit, ils sont parfaitement capables de se battre entre eux.

De façon très  prévisible Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a jugé ces violences « inacceptables » et a déposé plainte. Contre qui ? Contre les participants à la rixe ? Ils étaient des centaines : comment va-t-on les identifier ?

Pour montrer sa détermination, Valérie Pécresse a décidé d’envoyer sur place (sur la base de loisirs pas à Guinette et à Mennecy…) le vice-président de la région Patrick Karam.

Ce dernier, dans un discours habituel, a demandé des renforts policiers. Pour expliquer la bagarre, il a avancé un argument auquel on ne s’attendait pas. « On sentait bien qu’il y avait une tension depuis quelques semaines. Beaucoup de jeunes n’ont pu retourner dans leurs pays d’origine et vident leurs querelles ici. »

On comprend que Patrick Karam aurait aimé qu’ils règlent leurs différents « là-bas ». Mais en même temps ce serait les envoyer au massacre car la police « là-bas »… Les « jeunes », sensibles et émotifs, ont la nostalgie du bled. Quand ils pensent à l’autre rive de la Méditerranée, un spleen baudelairien les envahit. Mais, hélas, les vols Paris-Alger sont interrompus pour cause de coronavirus. Une souffrance qui vient s’ajouter à celle de la canicule. Il serait du devoir des pouvoirs publics d’y mettre fin en affrétant des charters.

PS : Dans le quartier de Guinette un pompier a été blessé par balles. La veille, c’est un policier qui a été touché par un tir de mortier. La nostalgie a parfois des conséquences un peu rudes. Ulysse a attendu 20 ans avant de rejoindre Ithaque dont il se languissait. 20 ans c’est sans doute un peu trop long pour les « jeunes ». 

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