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Mette Frederiksen Danemark coronavirus covid-19
©Mads Claus Rasmussen / Ritzau Scanpix / AFP

Résistance face à la pandémie

Samfundssind : les Danois ont choisi leur mot de l’année 2020 et il est la clé de leur résilience face au Coronavirus

Le mot "Samfundssind" est à la mode actuellement au Danemark alors que le pays tente de surmonter la pandémie de Covid-19. Différentes études semblent démontrer une réelle confiance des Danois envers leur classe politique et envers des principes forts.

Malene Rydahl

Malene Rydahl

Malene Rydahl est auteur, conférencière et exécutive coach spécialisée dans les thématiques du bien-être et de la performance en entreprise, inspirées par le modèle du management danois.

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Atlantico.fr : Le mot « Samfundssind » est le mot à la mode en ce moment au Danemark. Mais que signifie-t-il ?

Malene Rydahl : On pourrait traduire ce terme par « esprit de la société ». Cela représente la collectivité. C'est l'intérêt commun pour le projet collectif. A titre de comparaison l'Etat-providence de la France prône toujours sur l'individualisme. Donc, il y a cet esprit de «  Samfundssind » qui est un esprit de collectivité qui est propre au Danemark. L'intérêt collectif prône sur l'intérêt individuel.

Différentes études semblent démontrer une réelle confiance des Danois envers leur classe politique et envers des principes forts (ils acceptent de payer des impôts élevés, le niveau de confiance sociale est parmi le plus élevé dans le monde…). Pourquoi ?

Le Danemark a le taux de confiance le plus élevé au monde. 78 % de Danois se font confiance entre eux, et 84 % des Danois font confiance aux institutions et au gouvernement. Donc, c'est vraiment un pays de confiance, contrairement à la France où il n'y a que 22 % de taux de confiance entre les Français et vis-à-vis des institutions. Cette tendance à servir la collectivité remonte au Pasteur Grundtvig qui a créé en 1844 « Hojskolen » la première école du peuple que l'on peut considérer comme une école de la vie. Très tôt, on a appris aux Danois de s'engager dans un projet collectif et d'être fidèle à ce projet. Il y avait des cours d'empathie, des cours de confiance... La culture danoise est une culture où il y a très peu de non-dits, ce sont des relations simples et directes. Et cela crée facilement plus de confiance dans les relations. Et la manière de parler à la population danoise est davantage à la hauteur des Danois. Individuellement, le Danois se sent concerné par le collectif. C'est comme pour les impôts puisque les Danois aiment payer leurs impôts parce qu'ils se sentent intégrés de ce projet collectif. Le fait de savoir que l'autre va bien fait que l'on se sent mieux. Le Danemark est également un des pays les moins corrompus au monde depuis très longtemps.

Quand on regarde la liste des Nations Unies qui mesure le bien être dans le monde, la lutte contre la corruption, la confiance en l'autre, le lien social, ce sont les pays protestants qui arrivent en tête. Et le protestantisme prône l'engagement dans la collectivité. Donc, on est en lien direct avec eux. Et les 10 premiers pays sur cette liste sont à dominante protestante.

Le but principal de l'école danoise est de développer la personnalité de l'enfant. C'est de donner confiance en soi et de valoriser les talents de chaque enfant. Donc, un enfant qui a un talent mécanique, créatif, manuel est aussi valorisé qu'un enfant qui est bon en mathématiques ou en langues. Donc, il y a des dons intellectuels. Cette valorisation fait qu'à l'école, on a des cours de toutes les facettes de la vie. Il y a des cours de cuisine, des cours de menuiserie. Dès l'enfance, on a un regard valorisant sur l'autre car l'autre a toujours un talent dans quelque chose. Cette valorisation fait que c'est un pays plus apaisé. Et l'autre, ce n'est pas un ennemi, c'est quelqu'un qui participe au projet collectif. Et sans cette autre personne, on ne va pas y arriver.

Malene Rydahl a publié "Heureux comme un Danois, Les 10 clés du bonheur" chez Grasset. 

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