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Les pollens commencent comme chaque année à envahir le pays.

A vos mouchoirs

Riposte anti-allergies : ce que votre ville et vous-même pouvez faire pour que la saison des pollens ne se transforme pas en cauchemar

Alors que les allergies ont plus que doublé au cours des 20 dernières années, il existe des solutions surprenantes à la portée des villes pour réellement faire la différence.

Florence Trébuchon

Florence Trébuchon

Le Dr Florence Trébuchon est médecin allergologue. Elle a fondé l'École de l'asthme au service des maladies respiratoires de l'hôpital Arnaud-de-Villeneuve, à Montpellier. Elle est l'auteur de Vaincre l'asthme et les allergies aux éditions Albin Michel (2011).

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  • Diversifier les plantations dans les villes

Concernant les plantations, le mot clé est la diversification. Plus l'on concentre une espèce allergisante, plus le taux de pollen est élevé, plus les risques d'allergie sont grands. L'aménagement des espaces verts doit donc répondre à cette logique qui pourtant n'est pas souvent respectée. Les arbres les plus allergisants sont les fresnes; les noisetiers, les cyprès, les bouleaux, espèces qu'il faut donc limiter en quantité. Et aux printemps arrivent les pollens de graminées (les pelouses, en ville et les champs à la campagne).

  • Ne pas aérer sa chambre en journée, ne pas étendre ses draps en extérieur

Il est préférable à titre individuel de respecter le principe de la diversification, si l'on a la chance d'avoir un jardin. Quand on est allergique aux pollens, durant la période à risque il faut éviter d'aérer la chambre dans la journée, ou de faire sécher les draps dehors ; sinon les pollens vous accompagnerons durant votre sommeil ! Il faut consulter ensuite pour bénéficier d'un traitement adapté, à ne pas interrompre dès les premières améliorations sous peine d'une importante récidive. Les traitements se prennent jusqu'à la fin de la saison pollinique, ils sont aujourd'hui très efficaces et permettent généralement de vivre aux gré de vos envies pendant les beaux jours qui arrivent !

  • Les moyens de diminuer la pollution à particules fines 

La lutte contre la pollution atmosphérique est centrale pour tenter d'inverser la tendance. Il ne suffit pas de limiter les pics de pollutions, mais de faire baisser drastiquement le taux moyen de particules fines que nous respirons quotidiennement. Actuellement la France dans de nombreuses agglomérations a des moyennes au-dessus des normes Européennes (40 ug/m3) pourtant insuffisantes. L'OMS recommande un taux moyen maximum de 20 ug/m3. Nous en sommes très loin. En particulier à Paris, est-ce la raison pour laquelle Air Parif vient de se voir privé d'une partie de ses subventions? Cet organisme est pourtant un outil d'utilité publique et fait un travail de qualité.

  • Des voies respiratoires plus fragiles, des pollens plus agressifs et plus nombreux

Le nombre d'allergiques a doublé en 20 ans. Aujourd'hui on estime que 30 % de Français sont victimes d'une allergie respiratoire qui se traduit par une rhinite associée dans un tiers des cas à de l'asthme. Les principaux responsables sont les pollens, les acariens et les animaux. Les allergies aux pollens sont de plus en plus agressives et invalidantes, elles concernent de plus en plus souvent des enfants en bas âge auparavant épargnés. La pollution atmosphérique, essentiellement les particules de diesel, est à l'origine de ce phénomène. Ces particules fines ont la taille idéale pour pénétrer au cœur de notre système respiratoire, le fragiliser et le rendre plus vulnérable aux pollens. Mais ce n'est pas tout, la pollution atmosphérique agit aussi sur les pollens en les rendant plus agressifs, plus allergisant. Cela explique que paradoxalement il y ait plus d'allergiques aux pollens en zone urbaine qu'en zone rurale pourtant plus riche en végétaux. Enfin le réchauffement climatique contribue à augmenter la quantité de pollens fabriqué par les végétaux.

C'est la triade fatale : des voies respiratoires plus fragiles, des pollens plus agressifs, et des pollens en plus grande quantité. C'est le comportement de notre société qui favorise les allergies.

  • Les conséquences sur les générations suivantes 

Nous ne choisissons pas l'air que nous respirons. Nous savons désormais grâce à l'épigénétique que l'air que respire une femme enceinte ou un nourrisson peut influer sur l'expression de certains gênes du bébé et favoriser l'apparition de l'allergie. Ce qui est plus grave, c'est que cette modification génétique en rapport avec l'environnement se transmet aux générations suivantes, même si le problème environnemental a disparu.

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