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Régionales, les partis enlisés : les commandes des états-majors parisiens ne répondent plus sur le terrain
©Reuters

Déclin du système partisan

Régionales, les partis enlisés : les commandes des états-majors parisiens ne répondent plus sur le terrain

L’offre partisane n’en finit pas d’être en total décalage avec la réalité des citoyens. Des évolutions sont nécessaires pour les prochaines élections à venir.

Xavier  Chinaud

Xavier Chinaud

Xavier Chinaud est ancien Délégué Général de démocratie Libérale et ex-conseiller pour les études politiques à Matignon de Jean-Pierre Raffarin.

Aujourd’hui, il est associé du cabinet de stratégie ESL & Network.

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Un exécutif contesté, une majorité atomisée, les Républicains divisés par les primaires présidentielles et un centre fracturé, voilà le contexte dans lesquels les candidats aux régionales font campagne sur le terrain.

Le spectacle est édifiant tant les états majors parisiens ont les yeux rivés sur la présidentielle au mépris parfois de leurs élus et candidats régionaux :

A Gauche ceux qui ont gouverné ensemble les régions se présentent séparément et se combattent au risque de s’éliminer mutuellement. Au PS, au sommet de l’Etat, on enjambe déjà les régionales, en osant débattre du retrait de listes entre les deux tours à un mois du premier, sapant la campagne des leurs et troublant leur électorat quant au 2eme tour.Sachant que la rue de Solferino ne tiendra rien, on peut voir dans cette attitude la feinte d’être à l’origine de ce qui s’imposera à l’exécutif socialiste, difficile de ne pas envisager pourtant, quand le ministre Le Guen et le proche du président  Julien Dray, expliquent que Xavier Bertrand égalerait Marine le Pen ! un calcul présidentiel dans le Nord, visant à démontrer que la droite ne serait pas capable d’empêcher la victoire de M. le Pen aux régionales et donc aux présidentielles.

Au Centre, loin de l’affichage d’union avec l’ex-UMP, dans une UDI minée par ses divisions, voilà que l’on retire son soutien à des listes d’union en Bretagne et en Midi Pyrénées-Languedoc Roussillon, pourquoi ? Pour non respect de consignes données par la commission nationale d’investiture…tartufferie !

Choisir de sanctionner a posteriori deux listes dans deux régions que l’on considère hâtivement perdues à Paris est en réalité un aveu d’impuissance. Oui des têtes de listes sur le terrain ont choisis, ici ou là, de remplacer telle candidature soutenue par Paris, par des candidats issus de la même tendance mais plus implantés localement. Si les partis faisaient leur boulot ceci n’existerait pas, si les commissions nationales d’investitures de l’UDI comme de LR étaient (comme autrefois) composées de connaisseurs des situations locales autres que la leur, c’est en amont que seraient aplanies les divergences, pas une fois les listes déposées. Pourquoi ne pas sanctionner dans les régions jugées gagnables par les états majorde plus graves manquements aux accords ? Se faire imposer un groupe unique LR/UDI en PACA n’est il pas une plus grave entorse à l’autonomie du centre ? Avoir moins d’élus que prévu en Ile de France en position éligible est il moins grave que d’avoir en nombre ceux prévus en Bretagne ? En réalité la division et l’absence de leadership conduit à ces stupidités, mais qu’importe si cela permet de s’entendre avec un potentiel présidentiable quand on ne peut prétendrecrédiblement l’être soi même.

Au Modem, la situation est différente, le choix d’union avec LR et UDI va lui apporter beaucoup plus d’entrants que de sortants… et ce bien que les électeurs de F. Bayrou aux présidentielles soient autour d’un tiers d’entre eux peudécidés à voter pour ces listes…

A Droite, au-delà de ce qui précède, on a vu aussi des épisodes de crispations pour non respect des « décisions » de la Commission d’Investiture LR, notamment en Midi Pyrénées/Languedoc Roussillon, mêmes causes mêmes conséquences… les chefs de file locaux ont en général imposé leurs listes en ne prenant plus Paris au téléphone, tant une écurie présidentielle ne fait pas un parti politique dans sa mission d’implantation…mais d’autres questions vont se poser pour LR entre les deux tours et dans le scenario le plus mauvais, il sera bien difficile de dégager une position unitaire qui s’imposera à tous lorsque dans une région le PS retirera effectivement une liste pour faire barrage au FN et demandera la réciproque dans une autre et pire encore, que se passera t’il  dans une région et la probabilité existe, si les chefs de file LR/UDI et PS décident de fusionnersans plus obéir aux « consignes » de Paris ?

Les élections régionales du mois prochain seront effectivement une séquence du calendrier qui nous sépare des présidentielles de 2017, mais une fois encore elles vont illustrer le fossé entre les calculs d’états major parisiens et le terrain, entre la confusion du calendrier et le devenir de nos régions pour les 6 années à venir, nourrissant à la fois l’abstention et l’extrême droite.

L’offre partisane n’en finit pas d’être en total décalage avec la réalité des citoyens, il est évident que quelque soit le résultat de la présidentielle, des évolutions partisanes seront nécessaires pour composer une nouvelle majorité, le courage politique eut été d’évoluer avant d’y être contraint…les régionales seront encore une occasion manquée.

                                                                                                                                                             XC

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