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Rachid Kassim (image de propagande de l'Etat islamique)
©AFP

Profession terroriste

Rachid Kassim, l'ancien éducateur social qui nous prouve à quel point le djihadisme puise aussi ses racines au sein de la société française

"De la tuerie de Charlie Hebdo à l'assassinat du père Hamel, le terrorisme islamiste a causé la mort de 239 personnes en France. Et des listes de cibles incitent des 'lions solitaires' à continuer le massacre. L'objectif de ces provocations meurtrières est de fracturer la société française par une guerre civile larvée dressant, au nom d'une religion dévoyée, un nouveau prolétariat d'enfants d'immigrés contre les classes moyennes". Extrait de "La fracture", de Gilles Kepel, aux éditions Gallimard 2/2

Gilles Kepel

Gilles Kepel

Gilles Kepel est politologue, spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain. Il est professeur à l'Institut d'études politiques de Paris et membre de l'Institut universitaire de France.

Il est l'auteur de Passion arabe : Journal 2011-2013, qui a reçu le Prix Pétrarque du meilleur essai de l'année, décerné par France Culture et le journal Le Monde. Plus récemment, Gilles Kepel a publié Terreur dans l'hexagone : Genèse du djihad français aux éditions Gallimard. Celui-ci vient d'être récompensé du prix de la Revue des Deux Mondes.

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Le djihadisme ne se déploie pas dans l’éther, et il ne tombe pas du ciel, même si ces croyants exaltés en sont convaincus. Il est l’aboutissement de processus à l’œuvre simultanément dans deux contextes : le Moyen-­Orient et l’Afrique du Nord, d’un côté, la société française et ses quartiers populaires, de l’autre. L'"Oranais-­Roannais" Rachid Kassim, ancien éducateur social pour adolescents ayant découvert en Algérie le salafisme qu’il approfondira au Caire avant de rejoindre Daech et de devenir un des principaux passeurs de la terreur djihadiste en France en 2016, l’incarne exemplairement. Le prétexte routinier des massacres de 2016 — la vengeance pour les bombardements français sur le territoire du "califat" — l’illustre par son argument rhétorique. Pour la première fois dans l’histoire avec une telle intensité, du fait de l’ubiquité de la mondialisation, ces contextes se trouvent aujourd’hui brutalement télescopés. Après les soulèvements arabes de 2010‑2013 et leur échec, le phénomène prend une tournure dramatique avec les masses de migrants et de réfugiés dues aux guerres du Moyen-Orient et d’Afrique, puis le flux des djihadistes vers la Syrie ou retour du champ de bataille. En parallèle à ces déplacements d’êtres humains, l’abolition de toute distance et l’instantanéité des échanges dans l’univers virtuel créent une communauté d’appartenance étendue, une oumma en ligne, qui s’est émancipée des frontières et des territoires d’antan.

C’est par le biais des ondes que nous l’appréhendrons dans toute son ampleur à travers les chroniques qui suivent.

Extrait de "La fracture", de Gilles Kepel, publié aux éditions Gallimard, novembre 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici

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