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La belle époque ?

La fabrique des pervers * : quand les plus célèbres des intellectuels français pétitionnaient en faveur de la pédophilie !

Un livre vient de faire resurgir ces années-là. Elles ont un nom : la défaite de la pensée.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Vanessa Springora est éditrice. Elle publie « Le Consentement » dans lequel elle évoque l’emprise sexuelle qu’avait sur elle (14 ans à l’époque) l’écrivain Gabriel Matzneff. Certaines qui ont subi les mêmes choses n’hésitent pas à porter plainte très longtemps après les faits. Vanessa Springora en a fait un livre. C’est mieux.

En ces années-là Gabriel Matzneff expliquait chez Bernard Pivot dans « Apostrophes » le plaisir qu’il y avait à séduire sexuellement les petites filles. En ces années-là Cohn-Bendit expliquait, toujours chez Pivot, son expérience heureuse d’animateur dans une maternelle « alternative » : « quand une petite fille vous déshabille c’est un jeu érotico-maniaque fantastique ». Regardez l’émission avec ses rires approbateurs sauf celui de la romancière québécoise Denise Bombardier, totalement écœurée.

En ces années-là, trois hommes étaient jugés pour « attentats à la pudeur  sur mineurs de moins de 15 ans ». Pour une grande partie de l’intelligentsia française c’est ce procès qui devait être jugé comme attentatoire à la liberté… Leur indignation pris la forme d’une pétition publiée en 1977 dans Libération puis reprise par Le Monde : elle exigeait la dépénalisation de la pédophilie.

Pour ces intellectuels, la sexualité enfantine avait besoin de s’épanouir sous les mains expertes des adultes. Ils furent plus de 70 à le dire. Sartre, Aragon, Beauvoir, Solerrs, Chéreau, Derrida, Barthes, Guattari, Deleuze, Robbe-Grillet et d’autres de moindre notoriété. Cohn-Bendit ne signa pas la pétition sans doute parce qu’il n’était pas un intellectuel. Mais on dit que c’est lui qui l’a rédigé.

De 1968, les intellectuels en question avaient retenu deux slogans : « il est interdit d’interdire » et « jouissons sans entraves ». La façon dont ils les interprétaient témoigne d’une pensée égarée, d’une pensée asservie aux pulsions les plus infâmes. Pourtant de ces années-la tout n’était pas à jeter. Les filles avaient, et heureusement, conquis leur liberté sexuelle grâce à deux armes imparables : la pilule et la mini-jupe. Quel besoin avait-on alors de saccager l’innocence des enfants ?

Le temps a passé. Cohn-Bendit a vieilli. Il fut rouge, puis vert. Il est maintenant macroniste ce qui est fondamentalement incolore.  A compter les années qui le séparent d’Emmanuel Macron, on serait tenté d’y voir une forme de pédophilie.

P.S : le livre de Vanessa Springora a fait réagir Franck Riester le ministre de la Culture. Il envisage de supprimer l’allocation du CNL dont bénéficie Matzneff en raison de son grand âge. Les « performances » sexuelles de l’écrivain étaient pourtant connues depuis bien longtemps. Le ministre va-t-il interdire les livres de Matzneff ? Franck Riester a bien mérité sa place dans la rubrique « c’est pas beau ça non plus ».

* : J’emprunte ces mots au titre d’un très beau de livre de Sophie Chauveau

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