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Quelle mouche a piqué l'ONU ?

Quand l'ONU s'attaque à la police française qui serait épargnée en cas de violences

Un rapport de l’ONU contre la torture estime que les victimes de violences policières en France doivent engager une course d’obstacles pour parvenir à porter plainte. L’UNSA-Police s’insurge contre de telles allégations et réplique que ce document ne dit pas un mot des atteintes aux droits de l’homme dont sont victimes … les policiers.

Gilles Gaetner

Gilles Gaetner

Journaliste à l’Express pendant 25 ans, après être passé par Les Echos et Le Point, Gilles Gaetner est un spécialiste des affaires politico-financières. Il a consacré un ouvrage remarqué au président de la République, Les 100 jours de Macron (Fauves –Editions). Il est également l’auteur d’une quinzaine de livres parmi lesquels L’Argent facile, dictionnaire de la corruption en France (Stock), Le roman d’un séducteur, les secrets de Roland Dumas (Jean-Claude Lattès), La République des imposteurs (L’Archipel), Pilleurs d’Afrique (Editions du Cerf).

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Quelle mouche a donc piqué le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme pour dénoncer les obstacles rencontrés par les victimes de violences policières en France qui se trouveraient dans l’impossibilité de porter plainte ? Quelle mouche a donc piqué la très respectable ONU pour laisser entendre que les policiers ayant commis des violences ne seraient pas suffisamment condamnés ? Cette même ONU qui s’insurge contre l’absence de statistiques en matière de plaintes ? Telles sont les principales observations formulées, il y a peu, par le Comité contre la torture de l’ONU. Inutile de le dire, ce rapport n’a pas plu du tout aux syndicats de police, notamment à l’UNSA-Police qui a réagi et adressé, le 2 juin, une lettre au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Voici les principaux passages de cette lettre dont Atlantico a eu connaissance. D’abord, le syndicat s’étonne, dans le rapport de l’ONU, de l’absence de statistiques qui en disent long sur les actes de violence dont sont victimes les policiers. Et de donner des statistiques passées sous silence : 8 300 policiers ont été blessés l’an dernier en France, soit une moyenne de 22 par jour ; entre 5 et 10 morts en service et /ou en mission tous les ans ; 360 blessés lors des dernières manifestations contre la loi Travail. Dans le cadre de ces manifestations, plusieurs personnes ont été mises en examen pour "tentative d’homicide volontaire sur personnes dépositaires de l’autorité publique dans l’exercice de leurs fonctions." Et la lettre signée du secrétaire général de l’UNSA-Police, Philippe Capon de déplorer : " Pourquoi, dans le cadre de vos observations concernant le 7ème rapport périodique de la France, les atteintes aux droits de l’homme dont sont victimes les policiers ne sont pas mentionnés ?"

Mais c’est surtout la phrase "les informations faisant état d’obstacles rencontrés par les victimes pour porter plainte" qui fait bondir l’UNSA-Police. Laquelle rappelle qu’il existe chez nous quatre moyens de déposer plainte pour une personne qui serait victime de "violences policières" : 1- Auprès d’un service de police relevant de son lieu de résidence, seule ou accompagnée d’un avocat. 2- Auprès de n’importe quel service de police sur le territoire français, seule ou accompagnée d’un avocat. 3-Auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) par le biais d’une plate-forme Internet prévue à cet effet. 4-Par courrier au procureur de la République. Décidément très remonté, on le comprend, Philippe Capon poursuit : "Si nous ne nous prononçons pas sur les sanctions judiciaires qui relèvent du ministère de la Justice, rappelons simplement que la police nationale qui représente 1,84% des 5,43 millions agents de l’Etat, fait l’objet de plus de 50 % des sanctions administratives.

Il est clair que dans le climat actuel que notre pays connait, avec les casseurs qui s’introduisent périodiquement dans les manifestations sur la loi Travail, et les scènes de guérilla urbaine qui se sont déroulées ce samedi 11 juin à Marseille, en marge du match Russie-Angleterre, on voit très bien de quel côté se situe la violence. Une violence qui aurait pu être pis encore sans l’intervention des policiers… Si. Si. Ne souriez pas. Décidément, la France, patrie des droits de l’homme est sacrément étrillée dans ce rapport contre la torture. Il se déclare très préoccupé par le taux anormalement élevé de la surpopulation carcérale dans certaines de nos prisons : 147% à Marseille, 219% à Nîmes, et 294% en Polynésie. Le document s’inquiète également de la persistance de la violence entre détenus ainsi que des allégations de mauvais traitements infligés par le personnel pénitentiaire. Et l’ONU de faire part de sa préoccupation pour la difficulté qu’ont les détenus à porter plainte auprès des autorités administratives ou du contrôleur général des lieux de privation de liberté.

 

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