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©Stephen Maturen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Etat profond

QAnon contre Antifas : pour de plus en plus de gens, la vérité est ailleurs. Et le problème est qu’ils ont partiellement raison…

Théories du complot, accusations folles, fantasmes du pouvoir : même les idées les plus farfelues ou fantasques semblent trouver leur public. Une paranoïa générale s’est-elle infiltrée dans notre logique contemporaine, ou sommes-nous au contraire de plus en plus lucides sur les mécanismes secrets du grand échiquier politique ?

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

Voir la bio »Chloé Morin

Chloé Morin

Chloé Morin est ex-conseillère Opinion du Premier ministre de 2012 à 2017, et Experte-associée à la Fondation Jean Jaurès.

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Il y a quelques années est apparu le nouveau concept de fake news pour illustrer un nouveau rapport qui s'instaure avec l’information, avec la vérité journalistique de l’enquête et la disparition malheureuse du souci d’exactitude. Ce thème fait désormais cas d’école, les journalistes en herbe sont, dès le début de leur formation, instruits sur les risques fréquents de hors-piste et le danger planant de la source fausse. Malgré ces rappels, pourtant, le monde politique n’est pas à l’abri du soupçon permanent. Théories du complot, accusations paranoïaques, fantasmes du pouvoir : même les idées les plus farfelues ou fantasques semblent trouver leur public. Il y a la vitrine, et la réalité complexe qui nous échappe. Ainsi, est-ce qu’une paranoïa générale à l’égard du pouvoir politique s’est infiltrée dans notre logique contemporaine, ou sommes-nous au contraire de plus en plus lucides sur les mécanismes secrets du grand échiquier politique ?

Atlantico : Notre époque vous paraît-elle plus perméable qu’autrefois aux idées complotistes et aux théories du soupçon, entretenant ainsi un rapport paranoïaque au pouvoir et à la parole politique ?

Chloé Morin : Tout d'abord, il ne faut pas oublier que grâce à la démocratisation de l'accès à l'information comme de son émission - chacun peut émettre des données, s'inventer journaliste, créer une chaine youtube, un blog ou autre -, les complotistes sont plus visibles et leurs théories circulent plus facilement. 

A ce facteur, s'ajoutent plusieurs éléments qui expliquent qu'un certain nombre de théories du complot soient plus répandues : 
- d'abord, nous vivons une conjonction de crise majeures, phénomènes angoissants et parfois complexes. Or, la théorie du complot est un récit simplificateur qui permet de donner un sens à ce qui n'en a pas, de s'approprier une réalité, de maîtriser l'angoisse.
- ensuite, en raison même du caractère extraordinaire des temps que nous vivons, la frontières entre réalité et fiction n'a jamais semblé si floue. Qui aurait pu imaginer les attentats, les Gilets jaunes, les méga-feux, ou l'épidémie de COVID ? Si, au 1er janvier 2015, l'on vous avait raconté les évènements des 5 dernières années, vous auriez probablement pensé que même pour une série de science fiction, cela faisait trop... 
- enfin, nous vivons une gigantesque crise de confiance dans de nombreuses figures qui faisaient autrefois autorité, et notamment l'ensemble des institutions politiques. Dès lors, nous tendons à nous méfier systématiquement de leurs discours - parfois à raison, mais aussi à tort... Il est beaucoup plus rassurant de penser que le politique est en échec parce qu'il ment, ou parce qu'il n'a pas assez de volonté, ou encore parce qu'il a un dessein caché, plutôt que d'accepter qu'en réalité, il ne peut pas tout maîtriser...

Eric Verhaeghe : Je ne pense pas que la notion de complot soit nouvelle. On trouve des complots et des fake news à chaque époque. Le protocole des Sages de Sion, par exemple, qui a guidé une grande partie des persécutions contre les Juifs au XXè siècle, a constitué un exemple abouti de complot inventé de toutes pièces à la fin du dix-neuvième siècle, avec un très fort impact sur la réalité. Mais bien avant, on trouve encore d'autres complots dans l'histoire. Par exemple, au début du quatorzième siècle, Philippe le Bel s'appuie sur une prétendue menace venant des Templiers pour leur confisquer leur trésor et renflouer le Trésor royal. On pourrait même dire que la crucifixion de Jésus s'est fondée sur la fake news selon laquelle Jésus voulait dire roi des Juifs. Le procès conduit par Ponce-Pilate suffit alors à montrer que cette conviction n'est rien d'autre qu'une rumeur nourrie par les élites juives de l'époque... mais pour ramener la paix civile, le pouvoir romain est obligé de faire bonne figure. 

On le voit, prétexter qu'il existe des complots ourdis par des groupes plus ou moins secrets contre l'Etat, contre la société, contre l'ordre en place, est vieux comme le monde. Mais ce qui est nouveau, ce sont les moyens inédits de diffusion de ses théories. L'invention des réseaux sociaux démultiplie de façon spectaculaire la capacité de n'importe qui à s'exprimer et à se faire entendre. Mécaniquement, les réseaux sociaux accordent une prime aux théories du complot, pour une raison simple à comprendre qui tient au psychisme humain. Il est beaucoup plus facile d'attirer l'attention en prétendant dévoiler des explications simples au réel, mais cachées, plutôt qu'en analysant laborieusement la réalité. Le discours sur la dette publique aujourd'hui ne fonctionne pas autrement. D'un côté, des économistes réputés sérieux dissertent interminablement sur les raisons de l'endettement et sur la meilleure façon de régler le problème. D'un autre côté, des théories beaucoup plus séduisantes expliquent que la dette publique n'est qu'un complot des banques et qu'il suffit, peu ou prou, de nationaliser les banques pour régler le problème. Ce genre de théorie sur un ordre caché qui rendrait la réalité plus compliquée qu'on ne le pense (en l'espèce des banques qui fomenteraient de la dette pour s'enrichir sur le dos du peuple) est évidemment plus rassurant que d'imaginer que le désendettement suppose un effort collectif. 

Comment trouver le juste milieu entre la tentation extrême du complot à tout crin et la naïveté crédule devant les artifices et les mensonges politiques ?

Chloé Morin : Le paradoxe est qu'à mesure que progresse le complotisme, le sens critique semble reculer. L'exercice de celui-ci est pourtant indispensable à une citoyenneté pleine et active. 

Aujourd'hui, nous avons tous accès à tous plus d'information, mais nous avons oublié que maîtriser celle-ci nécessite un apprentissage et des compétences : ce n'est pas parce que j'ai accès à Doctissimo que je peux m'improviser médecin... De même, il faut savoir distinguer les médias "fiables" des médias qui ne propagent que des contenus douteux. Cet exercice de mise en perspective, de croisement des points de vue, est de plus en plus relégué au profit d'une lecture à chaud et émotionnelle des faits. Dès lors, nous cédons de plus en plus à ce que l'on appelle le biais de confirmation (la tendance humaine qui consiste à croire plus facilement les faits qui viennent conforter nos idées préétablies). 

En matière de politique, c'est le principe de suspicion qui s'applique quasi systématiquement. Mais à l'inverse, dans la plupart des autres domaines, nous avons trop tendance à prendre pour argent comptant ce que l'on nous dit. Pour caricaturer à peine, le blogueur anonyme nous semblera plus crédible que le ministre de l'économie... cela en dit long de la distorsion de notre rapport à la politique et aux faits. Cette distorsion est malsaine car si nous ne sommes plus capables de nous accorder sur un minimum de faits et de valeurs, alors nous ne sommes plus capables de faire société... C'est d'ailleurs le sujet d'un roman de science fiction américain récent, "Golden State", où pour éviter l'effondrement des institutions et le délitement de la société, l'Etat se fait le gardien de la "Vérité" officielle, où tout est enregistré (caméras vidéo partout, chacun doit tenir un journal de bord, etc) et tout mensonge est considéré comme un délit.

Eric Verhaeghe : Votre question me désarçonne parce qu'elle suggère que la vérité est par principe un mélange entre des choses vraies et des choses fausses, ce que vous appelez le "juste milieu". Pour ma part, je lis la réalité de façon différente. Depuis plus de cinquante ans, nous sommes prisonniers d'une vision marxiste de l'histoire, selon laquelle tout s'explique par des mouvements sociaux, des rapports entre classes sociales, totalement désincarnés. Expliquer que ce jeu entre classes peut-être perturbé par des interventions plus ou moins individuelles expose à l'accusation de complotisme, toujours dirigée, au demeurant, dans le même sens. Vous pouvez par exemple expliquer que Trump est un fou dangereux qui met les relations internationales en danger sans être accusé de quoi que ce soit. En revanche, si vous expliquez que la radicalisation de l'Islam est le fait de financements saoudiens ou qataris, vous devez montrer patte blanche et vous êtes immédiatement soupçonné d'islamophobie. Mais il est un fait que la pensée marxiste a progressivement banni les explications circonstancielles dans la lecture de l'histoire. Regardez comme l'Education Nationale fait la chasse aux dates, aux chronologies, aux événements, dans l'enseignement de l'histoire, et vous en aurez confirmation. Evoquer des interventions individuelles, factuelles, est suspect. 

Pourtant, les Français sentent intuitivement que l'histoire est d'abord le fait des hommes et des femmes. D'où le succès d'un Stéphane Bern qui adore raconter l'histoire des faits, au grand dam des intellectuels académiques qui le méprisent pour ce manque d'orthodoxie marxiste. Il me semble que nous ne sortirons de la dialectique assez stérile sur les fake news que lorsque nous réintroduirons une méthodologie scientifique pour analyser les faits. Prenez l'exemple de l'assassinat de Kennedy, que les anti-complotistes comme Rudy Reichstadt considèrent officiellement comme explicable et expliqué par les grotesques affirmations des rapports officiels américains. Il faut s'appuyer sur les lectures scientifiques pour démonter les hypothèses retenues par l'establishment. Scientifiquement, il est démontrable que l'assassinat de Dallas n'a pas pu se passer comme les rapports officiels le disent. Tout aussi scientifiquement, on ne peut guère en l'état dégager d'autres certitudes que celle-là. L'idée qu'il y ait eu un complot de la CIA et du Deep State américain qui aurait utilisé la mafia cubaine pour éliminer un président peu docile ne peut être scientifiquement, méthodiquement, factuellement, démontré, faute d'un accès aux archives.

Assurer que ce complot existe relève donc de la fake news. On ne peut, sur ce sujet, qu'émettre des hypothèses et non des vérités. Le problème n'est donc pas de trouver un juste milieu, mais de mettre les bons marqueurs. La mort de Kennedy ne s'explique pas par une synthèse entre le tireur isolé et le complot mafieux. En revanche, le tireur isolé n'est pas vrai, et le complot mafieux est une hypothèse. 

Bien que farfelues, les théories conspirationnistes comme QAnon aux Etats-Unis (une théorie selon laquelle Donald Trump livrerait une guerre secrète contre des élites implantées dans le gouvernement (l'État profond ou Deep State), les milieux financiers et les médias, afin de mettre fin à des crimes pédophiles et sataniques) ne sont-elles pas des révélateurs du sentiment ambiant que le pouvoir est ailleurs que là où il est censé être ?

Chloé Morin : De plus en plus de citoyens (de tous pays) ont le sentiment de ne plus maîtriser leur destin, sur le plan individuel comme sur le plan collectif. Pour expliquer ce sentiment de dépossession, certains cherchent des boucs émissaires (les politiques "corrompus ou incompétents", les immigrés, les assistés, les riches...). D'autres vont plus loin, et mobilisent d'authentiques théories du complot. Je pense que face à cela, la meilleure manière de venir à bout des fantasmes est de ne pas mettre la poussière sous le tapis, mais d'aborder les faits de manière raisonnable et lucide. Par exemple, lorsque je parle des responsabilités de la Haute administration dans nos difficultés politiques, certains m'ont évidemment accusée de nourrir le populisme. Mais cet argument est totalement fallacieux : chaque fois que l'on a nié un problème, ces dernières années, au motif qu'en parler nourrirait les extrêmes, cela a été un échec. C'est le cas du "sentiment d'insécurité". Du sujet migratoire également... On connaît le score des populistes aujourd'hui (et l'ampleur de l'abstention! ! Il n'y a qu'en prenant les gens pour des adultes intelligents, et en mettant tout sur la table, que l'on parviendra à trouver des solutions aux dysfonctionnements réels, et à dégonfler les fantasmes. 

Eric Verhaeghe : Dans tous les cas, ces thèses montrent qu'il existe une défiance vis-à-vis des théories officielles, et une prise de conscience sur l'existence d'une propagande quasi-permanente déployée par les Etats, les pouvoirs en place, pour dissimuler le vrai sens des politiques. Il est assez curieux de voir que la défiance vis-à-vis de la propagande soit devenue une cause de bannissement dans nos sociétés prétendument libérales. Nous sommes bien placés pour savoir que tout régime politique s'appuie sur la propagande pour diriger les affaires. D'ailleurs, en France, personne ne doute de l'existence de cette propagande en Corée du Nord, ou en Russie, ou partiellement, en Chine ou au Vénézuela. Tout le problème tient au fait que les élites ont laissé s'échapper l'idée selon laquelle la propagande est réservée à certains régimes autoritaires clairement identifiés, mais n'existe pas dans les autres régimes. C'est sur ce point qu'il existe une défiance, et même un doute profond. Désormais, les citoyens vivant en démocratie dite libérale commencent à comprendre ou à admettre que leur propre régime n'est pas transparent et que lui aussi pratique la propagande. 

Sur ce point, les vrais libéraux ne sont pas surpris, puisqu'ils vivent dans la conviction que l'Etat est par principe producteur de propagande, et qu'il n'existe pas de différence de nature entre un Etat démocratique et un Etat totalitaire. Les lecteurs de Mises auront reconnu ici les thèses de la Bureaucratie, excellent ouvrage publié en 1947.

La culture, avec les séries notamment, alimentent-elles une fascination pour la part cachée du pouvoir et les marionnettistes de l'ombre, faisant ainsi comprendre au spectateur que le pouvoir n’est pas forcément là où il se manifeste publiquement ?

Chloé Morin : Il y a toujours eu une fascination pour ce qu'il y a derrière le rideau, que ce soit la vie privée des stars ou la face cachée du pouvoir. C'est humain. La difficulté de la période actuelle n'est, comme je le disais plus haut, pas tellement que la fiction nourrit nos fantasmes et idées reçues, mais que bien souvent la réalité dépasse la fiction. Qui eût imaginé Donald Trump au pouvoir, il y a dix ans? Certains épisodes comme l'affaire Benalla, ou encore les multiples affaires pour lesquelles Nicolas Sarkozy est poursuivi en justice, n'ont rien à envier aux fictions politiques... 

Désormais, en matière de "scénario" politique, la règle ressemble au slogan de la campagne de Sarkozy en 2007 : "ensemble, tout devient possible"...

Eric Verhaeghe : Voilà une bonne question, qui n'est pas nouvelle. Elle porte sur le rôle apocalyptique, au sens propre du terme, de la culture, c'est-à-dire son rôle de dévoilement du sens caché des choses. C'est une vieille tradition qui remonte au moins à la tragédie grecque. Le ressort de la tragédie chez les Grecs est de montrer comment les conflits humains sont en réalité un affrontement entre les dieux, qui tirent les ficelles du réel. Voyez que cette idée de projeter sur scène les vraies explications des faits n'est pas née avec Netflix. Elle est le ressort même de la narration littéraire. On vient de parler de la tragédie grecque, mais on pourrait parler de la Comédie Humaine de Balzac, dont le principe est de dévoiler le dessous des cartes, ou les dessous car, chez Balzac, ils sont nombreux. On se souvient ici du personnage de Vautrin, dit Trompe-la-Mort, qui révèle à Rastignac l'enchaînement des événements dans la société française de 1830. 

Sur ce point, on ne dira pas, me semble-t-il, que la culture crée le complotisme au sens où vous pouvez le suggérer. On dira plutôt que le complotisme crée la culture. L'incapacité à expliquer certaines apparences, certains faits, nourrit l'inspiration des écrivains ou des scénaristes. La fiction est une façon commode de pouvoir exposer des théories sur le réel qu'on ne peut pas prouver ou qui sont trop gênantes. 

Nous savons que les États-Unis cultivent une propension particulière aux théories du complot. Sommes-nous à l'abri, en France, d’une telle radicalité du soupçon ? 

Eric Verhaeghe : Oh ! Je ne partage guère votre constat sur une différence entre les Etats-Unis et la France, probablement parce que je n'utilise pas le mot "complot" de la même façon. Les Etats-Unis "hébergent" certaines théories complotistes parce que l'emprise du Deep State sur la réalité y est très forte. On a parlé de l'assassinat de Kennedy, mais on pourrait évoquer l'effondrement de la troisième tour du World Trade Center le 11 septembre 2001 qui, à ce jour, reste inexpliquée. Mais des faits moins marquants ont nourri les esprits : les coups d'Etat au Chili ou dans différents pays d'Amérique du Sud, en lien avec les services secrets (souvenez-vous ici de l'affaire des Contras au Nicaragua) ont apporté beaucoup d'indices sur la capacité du Deep State américain à intervenir un peu partout dans le monde sous différentes couvertures. Sur ce point, la France est mieux assumée. Lorsque nous intervenons en Afrique, nous le faisons généralement de façon très officielle, avec un envoi de troupes en bonne et due forme. Mais repensons aux affaires que nous traînons : l'affaire Boulin par exemple, ou reprenons la liste des hommes politiques soupçonnés de pratiques pédophiles, qui est un sujet qui occupe le réseau dénoncé par QAnon. Pensons aussi au coronavirus et à l'affrontement entre le pouvoir en place et Didier Raoult. Beaucoup de Français sont convaincus que le gouvernement est appointé par les laboratoires américains (en l'espèce Gilead), voire qu'il est à l'origine de la fabrication du coronavirus lui-même. Je n'ai vraiment pas le sentiment que, sur ce terrain, nous soyons en reste par rapport aux Etats-Unis. 

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