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Crédits Photo: Reuters
Un quart des enfants nés au Royaume-Uni le sont de mères étrangères.

Boom

Près d'un bébé sur deux né de mère étrangère à Londres (un quart pour le Royaume-Uni) : où en est-on en France ?

Si un quart des enfants nés au Royaume-Uni le sont de mère nées à l'étranger, la France n'est pas en reste. En 2010, 18% des naissances étaient le fait de femmes étrangères.

Michèle Tribalat

Michèle Tribalat

Michèle Tribalat est démographe, spécialisée dans le domaine de l'immigration. Elle a notamment écrit Assimilation : la fin du modèle français aux éditions du Toucan (2013). Son dernier ouvrage Statistiques ethniques, une querelle bien française vient d'être publié (éditions de l'Artilleur). Son site : www.micheletribalat.fr

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L'office national des statistiques britannique (ONS) vient de diffuser les chiffres de 2011 sur les migrations et sur la natalité selon le pays de naissance de la mère dont la presse britannique discute aujourd’hui.

Le gouvernement de David Cameron s’était fixé l’objectif d’un solde migratoire de 100 000 personnes par an alors qu’il a été continûment égal ou supérieur à 200 000 depuis 2004, à l’exception des années 2008 et 2009 pendant lesquelles les sorties du territoire ont augmenté (notamment celles des nouveaux entrants dans l’UE comme la Pologne). David Cameron est encore loin du but !

Depuis 2004, le Royaume-Uni a enregistré près de 600 000 entrées chaque année et 2011 ne fait pas exception. Le solde migratoire de 216 000 en 2011 n’est pas jugé significativement différent de celui de 2010 (252 000) par l’ONS.  Ce solde est la somme d'un solde migratoire négatif pour les Britanniques (‑ 70 000) et un solde positif approchant les 300 000 pour les étrangers qui tient aux deux tiers aux migrations d’étrangers n’appartenant par à l’UE. La crise financière, puis économique est restée sans effet sur la hauteur de ces flux. Depuis 2008, la mise en place du système à points, censé sélectionner plus rigoureusement les immigrés, n’a pas réduit l’ensemble des flux mais a les réorienté vers des procédures plutôt que d’autres : le nombre des étrangers venus pour étudier s’est ainsi considérablement accru alors que le nombre d’arrivées pour motif économique a diminué. 

Si la France est entrée au milieu des années 1990 dans un nouveau cycle migratoire, l’ampleur de l’immigration étrangère au Royaume-Uni dans les années 2000 y a été beaucoup plus grande. Le solde migratoire français a été bien inférieur (estimé à moins de 80 000 par an depuis 2007 par l’Insee). Les comparaisons avec le Royaume-Uni restent cependant difficiles car les estimations ne sont pas identiques. Le Royaume-Uni estime les flux migratoires à partir d’une enquête aux frontières, complétée par d’autres sources. La France, depuis 2006, estime un solde migratoire apparent à partir de ses enquêtes annuelles de recensement. Il est le résidu de l’équation démographique ajoutant, à la population au 1er janvier, le solde naturel (naissances – décès) de l’année. C’est donc lui qui encaisse les différences de qualités de collecte.

Ces flux d’immigration ont eu des répercussions rapides sur la natalité dans les deux pays, sans surprise avec une plus grande ampleur au Royaume-Uni. La natalité par pays de naissance de la mère en donne une idée, même si elle comprend des naissances de nationaux nés à l’étranger. En 2000, dans les deux pays, 15 % des naissances sont le fait de femmes nées à l’étranger. Dix ans plus tard, leur part a gagné trois points en France et 10 au Royaume-Uni. Ne sont pas comptés les enfants nés d’un père né à l’étranger et d’une mère native. 

Les deux pays ont un taux de fécondité comparable, voisin des 2 enfants par femme, dont l’immigration n’explique qu’un faible pourcentage. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) qui donne une idée du nombre d’enfants par femme dans l’année, permet de réduire les effets de structure. C’est pourquoi, en France, en 2008, la fécondité des femmes nées à l’étranger ne rehaussait l’ICF que de 6 % alors que les femmes nées à l’étranger représentaient 12 % des femmes en âge d’avoir des enfants. Les enfants qu’elles avaient eus représentaient 18 % des enfants nés dans l’année.

Mais les deux pays n’ont pas la même histoire migratoire. La France est un pays d’immigration depuis beaucoup plus longtemps que le Royaume-Uni, comme en témoigne le tableau ci-dessous. Entre 25 et 54 ans, la part de personnes d’origine étrangère est semblable quoique légèrement supérieure en France. Par contre, en France, ces personnes d’origine étrangère sont beaucoup plus souvent des natifs qu’au Royaume-Uni.

Proportion et composition de la population d’origine étrangère âgée de 25-54 ans en France et au Royaume-Uni en 2008

 

Nés à l'étranger ou dans le pays d'au moins un parent né à l'étranger

Dont

Nés à l'étranger

Nés dans le pays

France

26,6

49,3

50,7

Royaume-Uni

24,4

63,9

36,1

Source : Eurostat, LFS 2008.

 

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