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Pourquoi le calendrier de la primaire à droite est bien parti pour devenir une machine infernale à produire un 2e tour Hollande-Le Pen en 2017
©Reuters

Mauvais timing

Pourquoi le calendrier de la primaire à droite est bien parti pour devenir une machine infernale à produire un 2e tour Hollande-Le Pen en 2017

Au lendemain du 1er tour des élections régionales, les constats s’imposent, près de 54% des français inscrits sur les listes électorales ne se sont pas déplacés ou ont voté blanc ou nul ; le vote FN est en tête de plus de la moitié des communes de France, la gauche non socialiste s’effondre, le parti socialiste limite la casse mais ne rassemble plus que moins d’un quart des votants et retire des listes.

Xavier  Chinaud

Xavier Chinaud

Xavier Chinaud est ancien Délégué Général de démocratie Libérale et ex-conseiller pour les études politiques à Matignon de Jean-Pierre Raffarin.

Aujourd’hui, il est associé du cabinet de stratégie ESL & Network.

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Dans cet entre deux tours, la droite qui ne mobilise sur ses listes, avec l’apport du centre, qu’un peu moins d’un tiers des votants, réaffirme, mais pouvait elle faire autre chose, son refus de retrait ou de fusion, tentant de maintenir encore quelques jours son apparente unité.

Dimanche prochain, sitôt l’annonce des résultats du 2 ème tour, la primaire présidentielle à droite passera de la sourdine aux mégaphones. En attendant de savoir si le FN présidera une ou plusieurs régions, silence dans les rangs, « soutien » sur le terrain aux candidats qui ne le demandent plus, gagner coute que coute le maximum de régions pour ne pas être humilié  entre un exécutif passagèrement regonflé et une extrême droite over- boostée, pour tenter de justifier une ligne politique qui a échoué depuis des années. Peu importe si dans telle région la victoire ne se peut qu’avec l’addition des voix de la gauche, alors que dans telle autre c’est en rassemblant les électeurs les plus à droite, peu importe que le plus emblématique des candidats LR du 2me tour,  en Nord Pas de Calais Picardie, Xavier Bertrand, déclare « n’avoir rien à faire des états majors parisiens », ceux-ci vont continuer comme si il ne s’était rien passé ?

Après dimanche, le calendrier de la primaire prévoit 11 mois,  de compétitions, de divergences, sur le positionnement, sur le passé, sur le futur, mais sans leadership clair, sans être d’avantage audible auprès des français qu’avant ce 1er tour des régionales.

11 mois de calculs et de manœuvres qui trouveront d’avantage d’espaces médiatiques que les propositions ou les ébauches de visions ; 11 mois d’une course à l’échalote pour figurer au 2eme tour de 2017 au risque de mutuellement s’en éliminer, d’un scénario noir dont sortirait un duel présidentiel final entre F. Hollande et M. Le Pen… dont l’issue vue d’aujourd’hui rendrait l’élection de cette dernière possible.

Dans les colonnes d’Atlantico en septembre dernier, nous évoquions le retard que prenait l’organisation des primaires de l’opposition et les risques de dérapages qu’il pouvait induire ; aujourd’hui c’est leur calendrier qui représente un réel danger. La droite et le centre peuvent ils perdre  11 mois encore avant de se rassembler et de proposer une vision fondée sur des convictions, des projets de réformes courageux, susceptibles de convaincre les français ? N’est il pas évident qu’au 1er tour des régionales un pourcentage important d’électeurs de N. Sarkozy en 2012 ont voté FN dès le 1er tour ? n’est il pas évident qu’un pourcentage plus important encore d’électeurs de F. Bayrou n’ont pas voté pour les listes LR/UDI/Modem dimanche dernier ? Par quel aveuglement refuse t’on d’accepter que lors de ces régionales comme hier dans tant d’autres scrutins, ce sont les électeurs qui ont exprimé un jugement négatif sur leurs dirigeants d’hier et d’aujourd’hui, qu’ils n’attendent pas d’eux de répéter « avoir compris le message de colère », mais une vraie offre politique qui les retiennent de s’exclure définitivement du jeu démocratique ? Que ce qu’ils réclament passe par la pédagogie, la participation et le changement ?

Dans un contexte de guerre, de peurs, de crise, attendre 11 mois pour se mettre en situation d’incarner et de porter une candidature capable de convaincre, de rassembler et de l’emporter est un pari fou. L’absence de diagnostic et de débat depuis 2012 sur la ligne politique, comme le suivi effréné de l’opinion plutôt que de la conduire ; l’opposition systématique comme l’inaudibilité des discours; le sentiment d’impuissance comme celui d’inefficacité doit être comblé sans délai si l’opposition de la droite et du centre veut devenir une alternative crédible face à un Président sortant et un FN refuge.

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