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Effet papillon

Pourquoi la fin de l’encadrement des loyers n’est pas responsable de leur hausse actuelle contrairement à ce qu’on en dit

Depuis la fin de l'encadrement des loyers en 2017 à Paris, le prix des locations a considérablement augmenté. Plus d'un loyer sur deux dépasse désormais l'ancienne limite fixée.

Philippe Crevel

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Atlantico : À titre personnel, vous étiez contre l'encadrement des loyers. Vous estimiez qu'un encadrement des loyers étendu pourrait aggraver la crise du logement en France. De ce fait, que pensez-vous de cette envolée des prix ? Quel rôle a joué la fin de l'encadrement des loyers ?

Philippe Crevel : L'encadrement des loyers qui aboutissaient à geler le marché de la location a eu plusieurs conséquences :

Un certain nombre de propriétaires ont retiré les biens du marché, ce qui a provoqué un assèchement du marché locatif, une augmentation du nombre de logements vacants à Paris.

Deuxième aspect, on a ratifié le marché et quand, du fait de la fin judiciaire de l'encadrement, il y a un retour à la normale, cela a entrainé un ajustement à la hausse assez fort. La séquence, blocage déblocage favorise une hausse des prix des loyers. C'est classique et légitime.

D'autant plus que les propriétaires se disent "si demain on me les re bloquent, au moins j'aurai fait passer mon augmentation". C'est l'effet "épée de Damoclès."

C'est donc l'encadrement lui-même à la base qui, en ayant gelé le marché a provoqué cette envolée. Je précise que les loyers aujourd'hui ont augmenté beaucoup moins vite que le prix de l'immobilier et que la rentabilité locative de la pierre a plutôt baissé ces dernières années. Les propriétaires sont plutôt dans l'idée d'augmenter, car leur rentabilité a baissé. Le désencadrement ne pouvait amener qu'à une hausse.

Que peut-on anticiper pour la suite ? Comment régler la question du logement dans les grandes villes ?

On sait que l'amélioration ne passera pas par l'encadrement (on avait essayé avec la loi 48 et ça n'avait pas marché.).

Nous sommes aujourd'hui sur un problème structurel qui nécessite des réponses au niveau de l'offre, augmenter le parc locatif privé. La politique immobilière qui est en vigueur depuis des années, c'est de fournir des logements sociaux, des HLM et du luxe. Au milieu, c'est le désert des Tartares. Or, il faut prévoir des appartements pour les classes moyennes. Ce sont eux qui souffrent le plus et en particulier dans les grandes villes. Il faut aussi avoir une politique plus dure vis-à-vis des Airbnb.

Il faut donc faire revenir les logements vacants sur le marché et construire.

Si on joue sur l'offre, alors par définition, on va fluidifier le marché.

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