Petit dictionnaire économique des mots de 2020 | Atlantico.fr
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vaccin virus bilan 2020 économie résilience crise économique
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©JOEL SAGET / AFP

Bilan de l'année 2020

Petit dictionnaire économique des mots de 2020

A l'occasion de la fin de l'année, Atlantico a demandé à ses contributeurs les plus fidèles de dresser un bilan de cette année 2020. Jean-Paul Betbeze revient sur les principaux mots et les expressions majeures de cette année si particulière, marquée par la pandémie de Covid-19.

UE Bruxelles AFP

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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Nos mots de 2020 : lequel choisir ?

COVID-19 est bien sûr le premier de tous. Il incarne la source de nos maux actuels, avec chauve-souris, mais en précisant « des environs de Wuhan », cette ville entrée dans l’histoire, avec « pangolin », cet étrange animal qui aurait transporté le virus dans le marché aux animaux vivants de cette même ville, à moins que ce virus ne se soit échappé d’un laboratoire de « haute sécurité » proche et spécialisé dans ce type d’êtres, sauf s’il s’agit d’un complot américain, ou d’une arme de guerre chinoise (mal utilisée) ou américaine (bien utilisée).

Complot suit, avec fake news (fausses nouvelles, fabriquées pour nuire), est un autre mot devenu célèbre, grâce au Président Trump, lui qui semble assez sûr que de ce qu’il dit, au moment précis où il le dit. Permet de tout expliquer assez simplement.

Confiance : denrée rare, quasiment disparue chez les hommes politiques avec une courte rémission après leur élection (dite : « état de grâce »), faible chez les économistes, en chute chez les virologues et autres épidémiologistes, mais toujours en croissance chez certains gourous, psychologues et prêcheurs vindicatifs.

Démocratie américaine, à ne pas confondre avec démocratie populaire, est un système dans lequel chaque état membre de l’Union, grand ou petit, est représenté par deux sénateurs, ce qui est une bonne façon de réduire les tendances au modernisme des grandes villes. Le vote y étant sacré, encore faut-il qu’il ne soit pas traité par des machines électroniques suspectes ou par un vote par correspondance, qui l’est tout autant.

Dette publique : c’est la conséquence budgétaire du virus, qui frappe l’activité, surtout les services, petits commerces, hôtels et restaurants et plus encore quand Ro dépasse 1,5. Alors, pour soutenir autant que possible les entreprises, les ménages et l’emploi, les pouvoirs publics s’endettent. Ils trouvent bon accueil auprès des compagnies d’assurances et des banques dont les clients épargnent plus que jamais, leurs dépenses étant confinées, ceci d’autant plus que les Banques Centrales en achètent au moins la moitié dès le début et sans discuter (quantitative easing). Devant ces dettes qui gonflent, on pourrait légitimement s’inquiéter, d’autant que les prix baissent, donc que la facture monte en termes réels. Il ne reste donc qu’à s’endetter plus, pour faire repartir l’économie et l’inflation avec, en pensant payer cette dette supplémentaire le plus tard possible, ou jamais (mais il est trop tôt pour le dire).

Incertitude : mot de plus en plus répandu et prudent pour dire que l’on ne sait où l’on est et moins encore où l’on va. Voir : responsables de la Fed (Banque Centrale Américaine : Jerome Powell) et de la BCE (Banque Centrale Européenne : Christine Lagarde) qui en font un grand usage, tout en demandant qu’on leur fasse plus confiance, en liaison avec leur forte crédibilité… Cherchez la faille logique.

Résilience est un mot élégant, assez scientifique mais sans excès, recherché sans faire trop « résistance », vert puisque c’est une réaction naturelle des forêts incendiées qui renaissent. Il est impersonnel, sans dire si cette résilience vient de salariés qui n’appliquent pas de « droit de retrait », de patrons qui résistent aux coups du sort, de clients fidèles, de banquiers qui font crédit malgré tout ou encore du « pouvoir » qui dit « quoiqu’il en coûte » et s’endette, pour après.

Ro : indicateur statistique qui mesure combien un porteur du virus peut en infecter d’autres. Si Ro dépasse 1, la maladie se répand et il faut donc pratiquer des « gestes barrière » pour la freiner (bonne chance), puis tester, tracer et confiner (bonne chance) pour faire en sorte que Ro descende vers 0,1 et disparaisse… bonne chance !

Sidération » est un autre mot à la mode, dont le Larousse nous dit qu’il s’agit d’un « anéantissement subit des forces vitales, se traduisant par un arrêt de la respiration et un état de mort », ce qui paraît excessif.

Vaccin (Pfizer-BioNtech/Moderna), destiné à lutter contre le COVID-19 né à Wuhan et créé en quelques mois aux États-Unis. Sa première épreuve sera de montrer son agilité contre la variante du virus, éclose elle à Londres.

Virus : petit être malin (au sens démoniaque du terme), né d’animaux peu fréquents dans nos villes. Citons : porc (Ebola, Afrique), poulet (grippe H1N1, Mexique), chauve-souris (SARS et COVID-19, Chine), chameau (MERS, Arabie Saoudite), singe (SIDA, Afrique), sans que la liste n’aille sans contestation et surtout ne soit achevée.

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