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Partir en Europe ou mourir : le terrible choix laissé par les milices libyennes aux migrants subsahariens
©Capture d'écran Vice.com

L'horreur au quotidien

Partir en Europe ou mourir : le terrible choix laissé par les milices libyennes aux migrants subsahariens

Depuis la chute de Kadhafi, la Libye est en proie à un chaos indescriptible. De puissantes milices armées contrôlent de larges parties du territoire. Et depuis peu, elles s'intéressent aux flux migratoires, comme l'explique une enquête de Vice.

Ils quittent leur pays en quête d'une vie meilleure, mais se heurtent bien souvent à la réalité d'un monde violent. Les médias parlent souvent des milliers de réfugiés qui quittent les rives libyennes en espérant atteindre l'Europe. Mais avant même ce périlleux voyage, nombre d'entre eux doivent affronter l'enfer libyen.

Depuis la chute de Kadhafi, le pays est en proie à un chaos indescriptible. De puissantes milices armées contrôlent de larges parties du territoire. Et depuis peu, elles s'intéressent beaucoup aux vastes flux migratoires.

Dans une longue enquête vidéo, des reporters de Vice News racontent leur voyage à Tripoli dans un immense dépôt de détention géré par une de ces milices. A l'intérieur, des centaines de migrants, où les femmes et les enfants ont été séparés des hommes. Dans des conditions terribles de malnutrition et de manque d'hygiène, les détenus sont mis à contribution pour rénover le site, installer l'eau courante et l'électricité. Mais tous ont la même idée : partir en Europe.

L'Union européenne fait pression pour que la Libye s'occupe des migrants, mais la situation est chaotique. "Même les Libyens ne sont pas en sécurité dans leur pays et fuient à l'étranger", raconte une responsable chargée de l'immigration." Les gens ont peur. Les juges sont menacés de mort. Et nous n'avons reçu aucune aide financière de l'Union européenne". Les réfugiés racontent leurs terribles histoires. Un Soudanais explique avoir été capturé par des bandits dans le Sahara. Après des jours et des jours de torture, il a payé plus de 2500$ pour qu'ils le libère... avant d'atterrir dans ce camp. Une Erythréenne raconte qu'elle a quitté son pays car "il n'y avait aucun espoir, aucun futur là-bas. Nous savons que beaucoup de gens meurent sur la toute vers l'Europe, mais nous l'acceptons."

"Ils nous frappent", décrit un autre. "Certaines personnes ont été tuées. On ne peut pas parler plus car ils vont nous frapper sinon". "Nous avons tout quitté, et personne ne nous aide ici. Nous n'avons plus de pays", pleure une autre femme. "Nous avons fui notre pays à cause de la guerre", poursuit une Somalienne. "Beaucoup de filles ont été violées en traversant le désert." Nous voulons parti, prendre la mer et aller en Europe". Des ONG ont dénoncé des abus et des maltraitances, ce que réfute un gardien de camp, qui parlent plutôt de "discipline nécessaire alors que l'Europe nous laisse porter ce fardeau. "

Pourtant, c'e'st bien le gouvernement libyen qui a dû se résoudre à embaucher des rebelles pour gérer le problème des migrants. "Pour protéger le pays, nous avons contacté des milices rebelles pour protéger les rivages et arrêter l'immigration illégale," explique un responsable.

Et les migrants sont devenus une marchandise précieuse. Détenir des migrants permet aux milices et aux contrebandiers de s'intégrer dans les décisions du pays, et d'acquérir du pouvoir. Au point de s'entretenir avec les plus hautes autorités du pays. Le leader de la milice Murad Kashruda raconte qu'il s'est entretenu avec le ministre de l'Intérieur.  "Je lui ai dit que nous nous occupions du temps. Mais nous devrions nous occuper aussi des aéroports des frontières, partout en Libye. Nous voulons servir la Libye et son peuple."

Le leader d'une autre faction a accepté de parler, et raconte comment son organisation s'intégre désormais au gouvernement. "Notre brigade existait avant la libération; nous avons formé des cellules combattantes pour combattre les brigades de Kadhafi. Nous sommes devenus la brigade Nawasi. Nous avons le rejoint le comité de sécurité puis nous sommes devenus part de la sécurité centrale après avoir été entrainé par le ministère de l'Intérieur."

Un détenu a raconté à Vice que les milices l'ont vendu à des trafiquants. Ces derniers contactent alors les familles des prisonniers pour qu'ils payent une énorme rançon. Preuve que les réfugiés et les migrants,plus que jamais, sont devenus une monnaie d'échange.

Lu sur Vice.com

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