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Crédits Photo: Reuters
Ne plus croire au Père Noël c'est constater qu’on ne peut plus prendre ses désirs pour des réalités.

Attention, spoiler !

Les parents doivent-ils dire à leurs enfants la vérité sur le Père Noël ?

Dire la vérité ? Laisser planer le doute ? Mentir ? Quelle attitude adopter pour les parents à l'approche de Noël ?

Dominique Tourres-Gobert

Dominique Tourres-Gobert

Dominique Tourres Gobert est psychiatre et psychanalyste,  auteur de Il était une fois le bon dieu, le père Noël et les fées (Albin Michel, 1992).

 

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(Précision : Si vous avez moins de huit ans, ne lisez pas cet article)


Atlantico : Pourquoi les parents continuent-ils de faire croire aux enfants que le Père Noël existe ? 

Dominique Tourres-Gobert : C’est un rite qui s’est imposé dans les années 1850. Autour de cette date est apparu un personnage bienfaiteur dans les pays occidentalisés et monothéistes. C’est un personnage saisonnier qui ne dure que 24 heures et apporte des cadeaux aux enfants. Il prend d'ailleurs la place d’autres personnages plus anciens comme Saint Nicolas ou  le Père Chemineau. Le Père Noël est un mythe destiné aux petits qui n'ont pas encore atteint l’âge de raison.

Les parents font croire au Père Noël car eux-mêmes ont pris plaisir à y croire. Il prend en charge le désir qu'ont les parents de faire plaisir à leurs enfants. C'est aussi une manière de protéger les petits et les maintenir dans un monde de rêverie.

 

Mais pourquoi mentir aux enfants ? Ne faudrait-il pas leur raconter qu'il s'agit d'une simple histoire ?

Il n’existe pas de règles. Les individus sont parfaitement libres en ce qui concerne ce choix. Il ne faut pourtant pas négliger le côté merveilleux. Les enfants vivent dans un monde partagé entre la réalité et l’imaginaire. Leur besoin de féerique est essentiel. Cette croyance est une protection qui respecte une étape indispensable de leur développement personnel.

Il y a une notion de fantastique.  Le Père Noël est l’un de ces petits rites initiatiques qui ponctuent l’enfance et aident à grandir. L’existence de ce genre de personnages surnaturels est indispensable. Ne plus croire au Père Noël c'est constater qu’on ne peut plus prendre ses désirs pour des réalités, que tous nos souhaits ne peuvent pas être exaucés.

La croyance, de manière générale, est utile aux enfants.  Cette croyance dans le Père Noël se pratique dans la collectivité, avec les autres enfants. Elle doit être abandonnée de façon individuelle. Le rite initiatique relève autant du fait de croire que de l’abandon de cette conviction. Cette étape de la désillusion, cette "expérience de la réalité", est essentielle.


Existe-t-il des différences entre les enfants qui ont cru au Père Noël et les autres ? 

Les croyances des enfants sont multiples. Ceux qui ne croient pas au Père Noël possèdent d’autres croyances individuelles. Les jeunes enfants ont leurs idées sur la question. Ils ne peuvent pas grandir sans croyance. Progressivement, ils perdent ces croyances en sachant qu’une partie reste inconsciemment présente. Cependant, certains enfants qui ont été confronté à la réalité, sans magie, sont relativement plus pessimistes.


A quel âge faut-il leur annoncer la lourde vérité sur le Père Noël ? 

Il n’existe pas d’âge idéal. Les enfants doivent suivre les questions que se posent les autres enfants.  A un moment donné certaines croyances ne sont plus crédibles. Certains enfants sont très logiques à 5 ans, ils s’interrogent sur le fait que le Père Noël ne peut pas être présent partout à tous les endroits du monde. D’autres aiment ces croyances et souhaitent y croire plus longtemps. Il faut suivre la volonté de l’enfant. Cependant la croyance du Père Noël ne doit pas excéder l'âge de 8 ans.

 

Quelle est la meilleure façon de l'annoncer ? 

Ce n’est pas aux parents de dire la vérité. C’est aux enfants de la découvrir. Lorsque ces derniers mettent le doigt dessus, les parents doivent accompagner la compréhension en expliquant les choses.


Propos recueillis par Caroline Long

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