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©PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Classique

OM /PSG : un Clasico (et une Ligue 1) de vaches maigres

Des Parisiens moyens l'emportent chez leur rivaux historiques

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Ce grand classique du championnat de France ne manquait pas d'intérêt. Bien évidemment, il s'agissait toujours de la confrontation la plus orageuse de l'hexagone, celle qui mobilise le plus l'orgueil des uns, la vanité des autres et la testostérone de tous. Mais l'intéressant résidait surtout dans l'observation des comportements lors du match d'après... Car, pour nos clubs emblématiques, si les fins de semaines sont plutôt riantes, les milieux sont douloureux et les campagnes européennes ont toutes des allures de désastres. L'OM est quasiment éliminé de la Ligue Europa et Paris est troisième de sa poule en Ligue des Champions. Chacun est loin du postulat de départ. Le club phocéen ne retrouve pas l'unité de la saison dernière, le recrutement est pour l'instant plus un problème qu'une solution et, dernière nouveauté, les tensions sont palpables sur le terrain. Désormais, certains se crient publiquement dessus, sans se parler pour autant. Le PSG ne va pas vraiment mieux. Sur la scène européenne, les faillites de structuration de l'effectif s'allient aux égos mal placés. Lorsque les individualités consomment plus que de raison, c'est toujours la solidarité qui trinque. La défaite de l'OM face à la Lazio et le match nul (miraculeux) des parisiens face à Naples sont autant de traumatismes. Alors, disputer un match pareil en pleine convalescence n'augurait pas d'une promenade de santé. 

Ce sont les compositions qui lançaient le match: Rudi Garcia pouvait compter sur le retour de Thauvin et présentait une équipe sans véritable avant-centre (Mitroglou et Germain, globalement décevants, restaient sur le banc). De son côté, Thomas Tuchel décidait de surprendre tout son monde en n'alignant ni Mbappe, ni Rabiot mais en titularisant Choupo-Moting. Si le coach marseillais envoyait un message indirect à sa hiérarchie (en stigmatisant le recrutement), le coach parisien sanctionnait lui, directement, des attitudes qu'il juge toxiques pour le groupe. Deux onze de départ expérimentaux pour un match de gala: des décisions fortes pour des paris osés.

Un match d'abord plus tactique que spectaculaire. Les deux équipes n'ayant pas les moyens de leurs volontés, la première période sera ennuyeuse comme un dimanche froid et pluvieux. Un affrontement avec deux blocs bas, des duels disputés et de grosses dépenses d'énergies vaines. D'un côté, un OM rigoureux dans son organisation et profitant des approximations d'une équipe parisienne expérimentale ... De l'autre, un PSG atone (un seul tir cadré en première période!), déséquilibré au milieu de terrain et pouvant juste se vanter de rater le hold up dans les derniers instants (sauvetage de Strootman sur sa ligne). Résultat, un jeu stérile avec bien peu d'occasions à se mettre sous la dent. Les vaches maigres somme toute.

Le début de la seconde période sera à peine plus animé. Il faudra attendre la 60ème minute pour assister au vrai tournant du match: le moment où Tuchel décide de lever la punition de Kilian Mbappe... S'il y a un truc qui ne s'apprend pas, c'est la classe. Et chez lui, c'est une seconde nature. Sur son deuxième ballon, lancé par Di Maria, il échappe au marquage de Kamara et ajuste Mandanda. Une prise de balle parfaite suivie d'une accélération foudroyante. Et quelle vitesse ! Chronométré sur l'action à 36 kilomètres/heure, Il semble désormais n'avoir même plus le temps de se presser, cela risquerait de le ralentir... Ensuite ? presque plus rien. La fin du match sera presque totalement parisienne. L'OM aura beau avoir la possession du ballon, Neymar, Meunier et Mbappe se créeront les meilleures occasions. Les Marseillais, frustrés par l'arbitrage et fatigués, accumuleront les cartons avant de subir un dernier contre assassin orchestré par Neymar et conclu par Draxler.

Que dire de ce classique aussi riche en enseignements que pauvre en occasions ? Qu'il n'aura pas fait une publicité délirante à notre championnat et que l'évidence s'impose: un PSG plus que moyen s'impose par deux buts d'écarts chez son rival historique. Cette équipe remporte là un onzième succès de rang (un record de plus) et compte ce soir huit points d'avance sur son dauphin surprise, Lille. Il nous faut surtout nous attarder sur le coach parisien. En sanctionnant Mbappe et Rabiot pour raisons disciplinaires, il a trouvé là le moyen d'asseoir son autorité tout en marquant son territoire. Se priver volontairement du jeune champion du monde était un pari audacieux pour une telle rencontre. Un pari avec deux gagnants (c'est rare !), puisqu'il montre le leadership de l'un et le bon orgueil de l'autre. Pour une fois, l'institution semble passer avant les caprices des stars... En ce sens, Tuchel se démarque de ses prédécesseurs. Et comme il était temps...

Les Marseillais pourront toujours pester contre l'arbitrage et invoquer l'utilisation à géométrie variable de l'arbitrage vidéo, ils ont affichés de vraies limites. Le constat est implacable: être valeureux ne suffit pas. Sans attaquant de poids, exister durablement au plus haut niveau est pratiquement impossible. La semaine marseillaise est terrible, les deux matchs les plus importants du début de saison se soldent par deux défaites. Une question se pose: que peut vraiment jouer l'OM cette saison ? Si les grandes douleurs sont muettes, sur la Canebière, la semaine devrait être particulièrement silencieuse.

 

 

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