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Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
©YASUYOSHI CHIBA / AFP

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Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?

Interdiction d'acheter une voiture neuve, autorisation préalable avant de prendre un long courrier, habitat collectif de 30m² obligatoire. L'étude d'un cabinet privé, relayée par le média Novethic à la caisse des dépôts, veut verdir notre monde, et il n'hésite pas à employer les grands moyens.

Laurent Alexandre

Laurent Alexandre

Chirurgien de formation, également diplômé de Science Po, d'Hec et de l'Ena, Laurent Alexandre a fondé dans les années 1990 le site d’information Doctissimo. Il le revend en 2008 et développe DNA Vision, entreprise spécialisée dans le séquençage ADN. Auteur de La mort de la mort paru en 2011, Laurent Alexandre est un expert des bouleversements que va connaître l'humanité grâce aux progrès de la biotechnologie. 

Vous pouvez suivre Laurent Alexandre sur son compe Twitter : @dr_l_alexandre

 
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Atlantico : Cette étude propose pour le moins des mesures coercitives d'ici à 2030 pour réduire les émissions de CO². L'écologie, à ce compte-là, vire-t-elle à la dictature sous couvert d'évolution positive de nos sociétés ? 

Laurent Alexandre : Cela ne veut pas dire que la Caisse des dépôts entérine cela, mais on voit bien que pour certains écologistes, seules des mesures dictatoriales sont envisageables. Interdiction de prendre l'avion sans autorisation spéciale, contingentement de produits comme en Union soviétique ou Il n'y avait ni chocolat ni café. Interdiction de circuler, d'avoir un jardin non potager, d'avoir des hortensias qu'il faut remplacer par des poireaux... Cette vision d'une économie du futur conduit à un fascisme vert avec une limitation extrêmement forte de nos libertés. 

Peut-on réellement réussir à créer un nouveau monde, une collectivité saine, et faire le bien de l'humanité, de l'individu donc, malgré eux ? La transformation durable ne doit-elle pas tenir compte de la dimension humaine et facilitatrice de l'évolution technique et technologique ?

Il n'y aura pas de transition écologique si elle est dictatoriale. Il est totalement irréaliste de penser qu'une majorité de Français va accepter cette punition, cette vision infantilisante. Mais on va trouver des fascistes qui vont vouloir l'imposer. Il y a toujours eu des gens pro-dictature. Jean-Paul Sartre expliquait que les anti-staliniens étaient des chiens dans les années 1950, au moment où Staline déportait des millions de personnes et beaucoup d'intellectuels étaient séduits par le fascisme brun ou rouge. Après le fascisme noir puis le rouge, le vert est possible et on trouvera des intellectuels qui le défendront, comme ils ont défendu Staline ou Pol Pot, qui a tué un Cambodgien sur trois. Le fascisme vert, c'est penser qu'il n'y a pas d'autre solution que de retirer les libertés. Le fascisme brun, c'est retirer les libertés pour la grandeur de la nation, le fascisme rouge c'est retirer les libertés pour le la révolution marxiste et pour le bien être des camarades. Le fascisme vert c'est penser que la seule solution écologique c'est qu'on retourne au Moyen-Âge,  et avec une dictature pour tout interdire. Et il va y avoir des commissaires au chocolat pour venir vérifier que nous n'avons pas trop de chocolat. Une police des frigidaires, une interdiction d'avoir trop de mètres carrés, de sortir du territoire. Imposer un tel retour en arrière aux Français ne peut passer que par la dictature. Combien de Français sont prêts à ne plus quitter l'Europe pour leurs vacances ? La coercition serait nécessaire pour imposer ça. Il y a toujours eu dans l'Histoire de bonnes raisons pour mettre en place des interdictions. Staline inventait des complots anticommunistes parmi ses plus proches amis. On sait ce qu'a donné le fascisme brun. Bientôt on interdira les livres qui ne sont pas suffisamment verts et qui s'opposent à l'interdiction de quitter l'Europe car ce sera considéré comme anti-écologique, comme les livres libéraux étaient considérés comme anti-soviétiques en Union soviétique. La dictature verte ne serait pas différente des autres dictatures. 

Ces mesures intégrales et coercitives ne risquent-elles pas, à terme, de faire passer le monde à côté du vrai sujet essentiel du développement durable ?

On a tellement convaincu les jeunes générations qu'on brûlera bientôt en enfer, qu'on retrouve la peur qu'avaient les Chrétiens en l'an mille. On créé une peur du futur au lieu de réfléchir aux moyens technologiques permettant de réaliser la transition écologique. On est entrés dans une logique sadique où les écologistes extrémistes éprouvent un plaisir à mettre en place des mesures restrictives. Les fascistes sont toujours des sadiques. Seule la couleur a changé. Le problème de l'humanité n'est pas de revenir au Moyen-Âge, c'est de trouver des moyens technologiques pour diminuer l'empreinte carbone. Il y a toujours eu des gensapocalyptiques. Une bonne partie des européens pensaient que le monde allait disparaître en l'an 1000. Quand j'étais jeune médecin, le discours dominant était que nous allions tous mourir de cancers de la peau, à cause de la couche d'ozone. Comme vous le savez, elle se reconstitue et nous ne sommes pas tous morts d'un cancer de la peau. Ce discours prend parce qu'il y a une démission des élites, qui ne se battent pas contre ce discours fasciste. Il y a toujours eu de gens qui sont déprimés et qui sont prêts à accepter n'importe quel discours noir. Et ce n'est pas la première fois dans l'histoire de la société qu'on tient des discours apocalyptiques. Ce discours est extrêmement fréquent. Je vois des jeunes qui me disent "je ne veux pas faire d'enfant, pour diminuer notre empreinte CO2". Cela fait mal au cœur. La population en Europe décroît, contrairement à la population africaine qui explose. Ce sont eux qui doivent faire des efforts démographiques s'il y en a à faire. L'Europe décline. L'Italie se vide, l'Espagne se vide. Arrêtons les bêtises.  

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