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La ministre française de la Défense, Florence Parly, et le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, lors d'une visite au camp militaire de Satory à Versailles-Satory, le 7 mai 2021.
La ministre française de la Défense, Florence Parly, et le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, lors d'une visite au camp militaire de Satory à Versailles-Satory, le 7 mai 2021.
©MARTIN BUREAU / POOL / AFP

Nouvelle tribune des militaires

« Nous avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées et les accommodements avec la délinquance »

Ce qu’ils disent sonne juste. Mais le règlement voudrait qu’ils se taisent.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Ils sont plus de 36.000 à avoir signé la pétition. Plus de 36.000 militaires d’active ! Réglementairement parlant, ils sont dans leur tort car astreints au devoir de réserve. Leur tribune fait suite à une autre émanant de militaires hors cadre.

Le gouvernement y a vu un grave manquement à la discipline et a annoncé des sanctions. Pour la nouvelle tribune, les militaires en activité ont choisi de garder l’anonymat. Il sera donc bien difficile de les sanctionner.

Sur le papier, le gouvernement a raison. Mais ce n’est pas parce qu’il a raison que les militaires ont tort. Quand ils écrivent qu’il en va « de la survie de notre pays », ils ne font que traduire un sentiment largement partagé par la majorité des Français.

Ici et là, on a affecté d’y voir des relents putschistes. Les fantômes de Bonaparte arrivant au pouvoir par la force des baïonnettes, de Napoléon III et de son sanglant 2 décembre, du général Boulanger incité à marcher sur l’Elysée ont été convoqués à l’appui de cette accusation. On a sonné le tocsin : « la République est en danger ! ».

Ben voyons… Ce qui met la République en danger ce sont, citons les militaires, « les accommodements avec la délinquance et l’abandon des banlieues ». Que des pans entiers de notre territoire échappent à la loi commune constitue une prime accordée à ceux, citons encore les militaires, « qui nous haïssent et qui nous méprisent ».

La République est en danger quand elle permet aux dealers de régner en maîtres dans les cités. La République est en danger quand on assassine et qu’on égorge des policiers. La République est en danger quand des centaines de milliers de « jeunes » clament avec arrogance qu’ils préfèrent la charia à la Constitution.

Les policiers pensent comme les militaires. Mais eux ont le droit de le dire. La Grande muette, elle,  est sommée de se taire. Mais quand elle s’affranchit du règlement pour parler, on est en droit de s’interroger sur ce qui la travaille.

Qu’est ce qu’un pouvoir dont l’inactivité est dénoncée par sa police et par son armée ? Militaires et policiers obéissent bien-sûr. Ils font le job. Le problème est qu’on les empêche de le faire.

Il paraît que les militaires signataires des deux pétitions sont proches de l’extrême droite. Des voix autorisées le disent. Comme si l’épouvantail Marine Le Pen suffisait à exorciser la réalité. Des militaires pensent comme elle ? Pense-t-elle comme les militaires ? Au demeurant on se doute bien que dans l’armée on ne vote pas Mélenchon…

En 1953, après la révolte des ouvriers de Berlin Est contre le régime communiste Bertolt Brecht écrivit une phrase restée célèbre : « Quand le peuple ne suit plus le parti alors il faut dissoudre le peuple ». Notre gouvernement va-t-il dissoudre l’armée ?  

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