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©FRANCK PENNANT / AFP

Quelle diablesse

Non, Marine Le Pen n’a pas appelé SOS Femmes Battues !

La présidente du Front national s’en prend plein la g… Elle ne s’en plaint pas. Peut-être même qu’elle aime ça…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Taper sur le Front national est un exercice routinier et parfaitement ritualisé. Avec des phrases incantatoires et invariables : on a le choix entre le retour des “heures les plus sombres, etc” et la dénonciation de la “bête immonde”. C’est monotone. Et totalement profitable au... Front national.

A l’époque, quand c’est le papa de Marine Le Pen qui tenait les rênes du mouvement, on tapait déjà de manière récurrente sur le parti frontiste. Jean-Marie Le Pen s’avisait-t-il qu’il avait été délaissé par les médias qu'aussitôt il sortait sa petite phrase qui faisait hurler d'indignation la gauche française. Un “Durafour crématoire” par-ci, un “point de détail” par là, et l’artiste revenait dans la lumière sous les feux de la rampe. Et c’est ainsi qu'à coups de projecteurs il figura au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002.

Bon sang, ne sachant mentir, Marine a appris deux ou trois choses de Jean-Marie. On l’avait un peu oubliée ces derniers temps car elle faisait dans le genre centriste mou avec sa France apaisée. D’autant plus oubliée qu’elle risquait de perdre son enviable statut de diablesse au bénéfice d’un inquiétant concurrent satanique : François Fillon. C’est alors qu’elle y alla de sa petite phrase. Et ça marcha au quart de tour. Aussi bien qu’une étoffe rouge agitée devant un taureau…

Le Monde titra “Marine Le Pen prône la fin de l’éducation gratuite pour les enfants étrangers”. L’enfant d’étranger que je suis fut gagné par une violente colère. Puis - habitude professionnelle sans doute - j’allais quand même voir ce qu’avait exactement dit la présidente du Front national. Ce n’était pas tout à fait la même chose que ce qu’on lui faisait dire. Marine Le Pen avait parlé des “enfants de clandestins” et non pas des “enfants d'étrangers”. Des propos déformés donc. Ce qui ne peut que lui rendre service auprès de son électorat intimement persuadé déjà que la grande presse ment.

Pour le reste tout était claire, limpide et claironné : la préférence nationale ! Nous avons nos pauvres et c’est d’eux, et pas des étrangers pauvres, que nous devons nous occuper en priorité, expliquait Marine Le Pen. En quelque sorte : “Je préfère ma cousine à ma voisine” (Oh pardon, ça c’était papa ! ). Suffisant pour que Najat Vallaud-Belkacem qui sait lire (les titres des journaux) grimpe aux rideaux avec un “c’est l’honneur de la République qu’on bafoue”.

Quand Marine Le Pen dit ce qu’elle dit et qu’en plus elle a la chance qu’on traficote ses propos, elle fait le job : parler, pour le remobiliser, à son électorat qui ne raffole ni des clandestins ni des étrangers. Quand la gauche, aussi butée que le taureau déjà cité, s’époumone en hurlant contre la présidente du Front national elle fait aussi le job : et c’est celui de Marine Le Pen. Cette dernière sait quand il faut s’habiller, bon chic bon genre. Puis, quand elle s'aperçoit que ses soupirants commencent à la trouver fade, elle fait en sorte de revêtir les oripeaux bien plus sexy d’un épouvantail. Et comme toujours, comme depuis toujours, c’est la gauche niaise qui l’aide à s’habiller ainsi.

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