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Charles Aznavour, le plus Arménien des Français a 91 ans.
Charles Aznavour, le plus Arménien des Français a 91 ans.
©wikipédia

Le vieux sage et le jeune con

Non, je n'ai rien oublié

Problème des migrants : c'est sans doute Charles Aznavour qui en parle le mieux. Le célèbre chanteur est la sincérité même. Ecoutons-le.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Tous les micros se tendent vers Aznavour. Il a 91 ans et va donner un concert. Il a 91 ans et reconnaît qu'il est vieux et fatigué. Il a 91 ans et dit qu'il est devenu sourd. Et quand on l'interroge sur les migrants, il est tout aussi honnête.

Quand on s'appelle Aznavourian, qu'on est fils d'Arménien, qu'on sait ce que fut le génocide perpétré par les Turcs, quand on a connu Manouchian de l'Affiche rouge, on ne peut être insensible à la détresse de ceux qui fuient les enfers syriens et irakiens. "Il faut les accueillir, car c'est l'honneur de la France qui est en jeu" déclare Aznavour. "La France a accueilli dans le passé des Juifs, des Arméniens, des Italiens et des Espagnols" rappelle-t-il.

On pourrait penser que le chanteur est simplement pétri de bons sentiments et qu'il y a de la naïveté dans son émotion. Pas si simple. On lui demande s'il prendrait chez lui des migrants : oui, répond-il, "mais je préférerais qu'ils soient Arméniens car nous pourrions parler la même langue". Il y a effectivement des communautés arméniennes dans les deux pays en guerre.

La préférence exprimée par Aznavour est naturelle et humaine. Aimer les siens d'abord ne veut pas dire détester les autres. Nous sommes nombreux à vouloir partager nos maisons avec des Arméniens. Ils ne sont pas des nôtres mais pour plein de raisons, y compris culturelles, ils nous sont plus proches que d'autres. Charles Aznavour aime la France : "Je suis Français avant d'être Arménien". Et il demande la même chose à ceux qui arrivent. "Soyez des Français de France et non des étrangers en France". Ca pourrait s'appliquer aussi à certains qui ne sont pas des migrants.

Charles Aznavour n'est pas le seul à tendre la main aux réfugiés. D'autres le font, mais pas avec la même honnêteté lucide que lui. Par exemple, Eric Cantona est prêt à prendre des migrants chez lui. D'autant plus que selon lui nous sommes responsables de ce qui arrive là-bas : c'est la faute de notre fric, de notre soumission à la loi du marché, de nos ingérences. Cantona a 46 ans, un jeunot comparé à Aznavour. Quand on entend l'ex-footballeur, on est enclin à préférer un vieux sage à un jeune con... 

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