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Emmanuel Macron séparatismes
Emmanuel Macron séparatismes
©Kay Nietfeld / POOL / AFP

Un pluriel apaisant

Ne dites plus "séparatisme" (c'est stigmatisant) dites "séparatismes" (ça ne veut rien dire)

Macron va préciser sa pensée, qui a beaucoup évoluée, le 2 octobre.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le président de la République avait lâché un mot affreux : "séparatisme". Et il avait ajouté cruellement qu'il prévoyait un projet de loi contre. Que n'avait-il pas dit là ? Ils furent des millions de femmes et d’hommes à en être meurtris. Dans les banlieues, l'angoisse était grande. Et dans les mosquées, on invoqua le Tout Puissant pour qu'il mette fin à ce châtiment.

Non, non et non ils ne voulaient pas se séparer de nous. Ils pensaient, terrorisés, que nous, nous voulions nous séparer d'eux. La guerre civile menaçait. Et c'est Darmanin qui empêcha qu'elle n'éclate. Vendredi dernier, il était en visite à la Grande mosquée de Paris. Et là, il prit la mesure de la détresse de ses interlocuteurs, pétrifiés de peur par le mot "séparatisme".

Il en fit part au président de la République qui eut conscience de sa faute. Aussitôt, en père de la nation soucieux de la paix civile, il la corrigea. Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, fut chargé d'annoncer la bonne nouvelle. Il déclara qu'il n'y aurait pas de loi contre le "séparatisme" mais contre les "séparatismes". Rassérénées, les populations souffrantes se remirent à vaquer à leurs paisibles et pacifiques occupations. La France unie et fraternelle était sauvée.

Des dizaines de milliers de remerciements affluèrent à l'Elysée. Reste qu'il nous faudra attendre jusqu'au 2 octobre pour voir quels sont les "séparatismes" qui nous menacent. Sans être dans le secret des réflexions présidentielles, nous avons une petite idée sur la question.

L'un des plus dangereux "séparatisme" est le séparatisme catholique ! Savez-vous qu'il existe en France des édifices religieux nommés monastères et couvents, où des hommes et des femmes se séparant de nous ? Ils prétendent que c'est pour prier et méditer. On demande à voir. Ne sont-ils pas plutôt en train d'ourdir de sombres complots contre la République ?

Dans d'autres endroits, appartenant à une autre religion, des hommes se couvrent de châles de prière. Que cachent-ils sous leurs châles ?  

Et que se passe-t-il en réalité dans les temples, les pagodes et les églises orthodoxes ? Là-bas aussi, on se sépare de ceux qui n'y vont pas. Vous voyez autre chose ?

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