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Naples / PSG : le verre à moitié bide

Après ce nouveau match nul contre un concurrent direct, le PSG n'est pas plus avancé.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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C'est accompagné par la peur du vide (du bide?) que ce PSG paradoxal s'apprêtait à découvrir le chaudron napolitain. Une équipe parisienne souveraine dans son championnat mais fragile sur la scène européenne, aussi puissante avec les modestes que timorée chez les cadors. Un PSG, certes avantagé mathématiquement par la surprenante victoire de Belgrade sur Liverpool, mais qui n'avait pas le droit à l'erreur s'il voulait que les choses dépendent totalement de lui dans un groupe particulièrement dense. Ce club, qui n'avait jusqu'alors connu que des qualifications faciles sous l'ère Qatarienne, allait être soumis à la question en se jetant dans l'incertain. Nous allions voir si cette addition de talents pouvait se mettre à la hauteur de ce que les circonstances exigeaient. 

Tuchel démarrait la rencontre avec un 3/4/3 désormais classique et performant, avec pour seules nuances l'absence de Cavani ( retour de blessure) et le remplacement pour bons et loyaux services de Rabiot par Draxler. La première période allait être marquée par la solidarité et l'entraide des parisiens. Le début de match est équilibré, les deux équipes se montrant très compactes et s'appliquant surtout à ne pas perdre le ballon. Si le PSG est plutôt bien organisé, il confond souvent malheureusement vitesse et précipitation et ne profite pas suffisamment de ce que proposent ses latéraux. Le match est âpre et de qualité. L'ouverture du score va survenir au meilleur des moments, juste avant le repos, le salut venant d'un libérateur inattendu: Bernat. Si dans la vie, il faut séduire ou transpirer... Lui, il transpire. C'est cet espagnol décrié par de nombreux observateurs, qui apporte le surnombre dans les arrêts de jeu et se jette comme un possédé pour pousser le ballon dans le but. Un but découlant d'une action collective aboutie, et non d'un exploit individuel. La chose est suffisamment rare pour être soulignée. Ce PSG particulièrement solide et réaliste pouvait retourner aux vestiaires en menant au score et en ayant concédé un minimum d'occasions.
 
A la reprise, la réaction de l'adversaire est immédiate. Les napolitains sont habités et le premier quart d'heure est irrespirable. Un calvaire. Buffon sauvera bien les siens avec brio sur trois actions brûlantes (juste avant que Kehrer puis Silva n'empêchent le pire), mais les vagues des locaux s'enchaînent et la pression monte. Trop. Paris est désormais privé de ballon, ses joueurs sont battus dans l'agressivité et ne remportent plus les duels. Les occasions vont se succéder jusqu'à ce que Silva soit poussé à la faute et Insigne (63ème) transformera un pénalty indiscutable. Paris est dans le dur. Paris est étouffé. Tuchel réagit en faisant rentrer Kimpembe et Cavani. Les parisiens sortent peu à peu la tête de l'eau et la fin du match est beaucoup plus équilibrée. Le PSG sera même privé d'un pénalty évident (comment ne pas l'accorder?) qui aurait tout changé et attisera bien des regrets.  
 
Certes, la première partie du match fut une réussite. Mais Il faut souligner que les bonnes impressions et intentions entrevues lors du premier acte n'ont pas résisté aux temps fort d'une sacrée équipe lors du second. Comme un symbole, le début du match de Neymar fut aussi bon que la fin fut mauvaise. Si l'individualisme conserve, il vivra centenaire. A l'image de ses partenaires d'attaques, la fatigue aidant, tous ses défauts ont ressurgi: le repli défensif est oublié, les complications inutiles deviennent constantes et les partenaires sont négligés... Le résultat donne une équipe souvent coupée en deux. S'il est vrai que les bons exemples sont souvent inaccessibles, les mauvais sont à la portée de tous... Et d'autres joueurs se sont mis au diapason: Mbappe a quasiment disparu, Verratti a montré sa nervosité chronique et Silva a encore incarné les difficultés de son équipe lorsque l'oxygène se raréfie. La haute compétition est impitoyable et le stress en est le révélateur suprême. Lorsque la pression monte, elle fait perdre au joueur tout ce qu'il a de factice. Ses défauts reviennent au galop, il pénalise le groupe et tout ce qui a été chèrement acquit par le collectif est soudain dilapidé. Ce soir, sur le plan comptable, Paris n'est donc pas plus avancé. Il lui faudra jouer la qualification sur UN match, certes à domicile, contre un Liverpool en légère perte de vitesse. Un rencontre de tous les dangers, avec un enjeu majeur, pour une équipe parisienne toujours en quête d'un match référence. Ce groupe reste incroyable car toutes les équipes sont encore concernées et peuvent ambitionner de passer l'hiver. Le suspense reste donc entier. Le PSG aura appris ce soir qu'une moitié de quoi que ce soit est toujours parfaitement inutile, car c'est toujours l'autre moitié qui manque.

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